Il y a plus de six mois, la partie de la zone Gihosha appelée Kuwinterekwa a été gravement ravagée par des inondations suite au débordement de la rivière Cari. La population de la localité a perdu tous les biens et même des pertes en vie humaine ont été enregistrées. Trois mois après, les habitants essaient tant bien que mal de se reconstruire. Burundi Eco a fait une descente pour s’enquérir de la situation qui y prévaut
Nous sommes vendredi 12 juin 2020, dans le quartier Uwinterekwa. Le soleil de midi rappelle le début de la saison sèche et la route jadis inondée par les eaux de ruissellement est maintenant poussiéreuse. La route appelée communément « Kumatafari » nous mène vers la zone sinistrée du quartier Uwinterekwa. Au premier vu, les maisons détruites par les débordements des eaux de pluie sont toujours là. A quelques mètres de là, des maçons sont en train de finaliser la fondation d’une maison juste au bord de la falaise. Ce qui étonne, c’est que rien n’est encore fait pour stabiliser les berges de la rivière. Si une fois la saison des pluies arrive, le danger est toujours là.

Dans les parties du quartier Uwinterekwa où il y a eu debordement de la rivière Cari, les habitants commencent à reconstruire leurs maisons.
A côté des chantiers en construction, les ouvriers s’activent dans la fabrication des briques. Le terrain est dégagé pour cet effet. « Nous devons livrer des briques à plus d’une dizaine de ménages. Ils nous disent qu’ils veulent reconstruire leurs maisons pendant cette saison sèche », indique un des ouvriers. Sur la question de savoir s’il y aurait des travaux de stabilisation des berges de la rivière, ces ouvriers nous indiquent qu’aucun travail n’est en cours. « Depuis que la catastrophe est survenue, aucune initiative n’a été prise et le pire risque de se répéter dans les mois à venir », martèle Gabriel, un des riverains.
Comme nous l’avons constaté, l’amont de la rivière semble être aménagé, mais les restes des troncs d’arbres et de grosses pierres laissés par les inondations sont encore là. Les habitants témoignent que les parcelles qui ont été touchées risquent de subir le même sort si les services habilités ne font pas quelque chose pour aménager la rivière.
Comme nous l’avons constaté, les constructions anarchiques dans cette partie du quartier Uwinterekwa sont légion. Il n’y a pas de caniveaux. Ce qui présage d’autres dégâts une fois que la saison pluvieuse pointe. Selon les habitants de la localité, le quartier n’a pas été viabilisé et les gens se sont précipités pour construire. « C’est un grand problème parce que ceux qui construisent maintenant ne trouvent presque pas de place pour canaliser les eaux de pluie.
Les ménages touchés demandent une aide pour reconstruire leurs maisons
Nous nous rendons au quartier Mirango I de la zone Kamenge où les familles déplacées sont provisoirement logées. Ces derniers nous indiquent qu’ils ne reçoivent pas d’aide pour assurer leur survie depuis plus d’un mois. Pour ce qui est du retour dans leurs ménages, ces derniers disent qu’ils n’ont pas de moyens pour pouvoir se réisntaller, vu que certains d’entre eux n’ont rien sauvé pendant la catastrophe. « Ma maison a été rasée, les ustensiles de cuisine emportés, je n’ai rien sur moi.
Pour retourner dans mon quartier, je demande aux bienfaiteurs de nous venir en aide et à l’Etat de nous donner au moins des matériaux de construction telles que les tôles pour pouvoir reconstruire nos maisons », témoigne Claudine Nirera, une des femmes rencontrées sur le site des déplacés. Pour ces familles, la priorité est de viabiliser le quartier et aussi de veiller à ce que la rivière qui a causé tous ces dégâts soit à nouveau remise dans son initial puisque pendant la saison pluvieuse, le problème est récurrent.
En attendant que ces familles retournent dans leur quartier, le problème de reconstruction reste un enjeu majeur. Le risque de revivre les mêmes dégâts est aussi latent. Le quartier de Uwinterekwa reste exposé aux catastrophes naturelles si rien n’est fait pour y remédier dans les brefs délais.
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