Malgré les petites quantités de produits halieutiques, le traitement, le conditionnement et la transformation des produits de la pêche génèrent une quantité importante de sous-produits que certains qualifieraient de déchets, mais dont le recyclage donne des dérivés utiles. Ces sous-produits sont constitués notamment de têtes, de viscères, de peaux, d’écailles, d’arêtes, de queues et de morceaux de Ndagalas brisés pendant le séchage. A défaut d’une stratégie de mise en valeur des restes, ils sont jetés et deviennent alors source de pollution
Les sous-produits du poisson sont souvent considérés comme des déchets et représentent près de 50 % du poisson après sa transformation en filets riches en protéines qui sont la partie valorisée d’un point de vue économique. Une personne sur trois dans le monde a une alimentation qui ne couvre pas ses besoins journaliers en un ou plusieurs micronutriments, tels que la vitamine A, le zinc, le fer et l’iode. Cette prévalence est plus élevée parmi les groupes les plus vulnérables, à savoir : les femmes et les enfants. Le foie de poisson est dans certaines cultures une source précieuse de vitamines A et D, et il est de plus en plus reconnu comme une source précieuse d’acides gras omega-3 à longue chaîne.
Outre les quantités énormes de poisson brut qu’ils constituent, les sous-produits de la pêche ont une valeur nutritionnelle plus élevée. Ils sont particulièrement riches en micronutriments tels que les minéraux et les vitamines qui font défaut dans de nombreux régimes alimentaires. L’intérêt des arêtes de poisson en tant que sources de minéraux tels que le calcium, le zinc et le fer n’est pas très connu alors que la concentration en ces minéraux est 10 à 1000 fois supérieure dans les sous-produits, comparée au produit principal, le filet de poisson.

La plupart des sous-produits de la pêche sont utilisés comme aliment de la volaille. Ils sont mélangés à de la farine de céréales et constituent une base protéinique de l’alimentation des poulets.
Cas du Burundi
La pêche au Burundi reste une activité dont l’exploitation est toujours extensive. Il en résulte que les quantités produites ne suffisent pas pour satisfaire le marché intérieur et encore moins pour permettre l’exportation. Malgré cette faible production de poissons, elle génère quand même une quantité assez importante de sous-produits. Malheureusement, la plupart des consommateurs du poisson ignorent l’utilité des sous-produits de la pêche. Une autre partie des consommateurs ont l’habitude de consommer les poissons jusqu’à la dernière arête. Dans ce cas, il est très difficile d’avoir des sous-produits de la pêche.
« Nous collectons les poissons morts et nous séchons leurs restes pour enfin les transformer en poudre. Cette dernière nous sert d’alimentation pour les autres poissons. Malheureusement, nous n’arrivons pas à avoir les restes des poissons en quantité suffisante, car la plupart des consommateurs de poissons les considèrent comme des déchets et les jettent dans les poubelles », fait savoir Maxime, un responsable d’un aquarium.
La plupart des sous-produits de la pêche sont utilisés comme aliment de la volaille. Ils sont mélangés à de la farine de céréales et constituent une base protéinique de l’alimentation des poulets, une fois mélangés à d’autres ingrédients disponibles, sources de matières énergétiques, de minéraux et de vitamines. Ces sous-produits, notamment les restes des Ndagalas servent aussi à nourrir les canards. C’est pourquoi on observe souvent des colonnes de canards et de poules sous les étals de séchage ou juste le long du lac Tanganyika. A côté d’être une source alimentaire pour la volaille, les sous-produits de la pêche sont aussi utilisés pour alimenter les élevages porcins et certains aquariums.
Nous nous devons d’informer que les sous-produits de la pêche ne sont pas très utilisés dans beaucoup de domaines. Cela est dû à la récolte de la pêche qui n’est souvent pas abondante, à la consommation d’une bonne partie de la pêche à l’état frais et au manque de techniques de conservation des poissons pour l’exportation ou la consommation locale. Depuis que le lac Tanganyika a commencé à produire des poissons, aucune manufacture de conserve n’a été installée pour améliorer la conservation du poisson.
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