Le rotin connu sous le nom scientifique de « Ermosphatha haullevilleana » reste sur une superficie de plus d’1 ha seulement au niveau national. L’OBPE tire la sonnette d’alarme et demande sa restauration et sa conservation vu son importance socio-économique et écologique

Du rotin est visible dans la réserve naturelle de Kigwena
Les rotins sont des palmiers à lianes épineuses dont le diamètre varie de 3 mm à 20 cm et leur hauteur va de quelques mètres à 200 m selon les espèces, selon Onesphore Masabo, cadre à l’Office Burundais pour la Protection de l’Environnement (OBPE)
Il a annoncé au cours d’un atelier tenu à Kigwena en commune de Rumonge au début de la semaine que l’unique espèce qu’on rencontre au Burundi est le rotin dit « Ermosphata haullevilleana » qui occupe une superficie de 1, 0397 ha au niveau national suite à sa surexploitation.
Avant le rotin était visible dans les provinces de Rumonge, Makamba, Rutana, Bururi et Cibitoke, mais aujourd’hui, il est visible seulement dans la réserve naturelle forestière de Kigwena en commune de Rumonge, a-t-il indiqué.
Si rien n’est fait dans l’immédiat le rotin pourra disparaître totalement des écosystèmes du Burundi. Heureusement, les essais expérimentaux de cette espèce ont démontré que sa multiplication végétative dans une pépinière est possible à partir des rhizomes, des rejets et des touffes, a indiqué ce cadre à l’OBPE
Attributs remarquables du rotin
Le rotin fait partie des plantes aux attributs socio-économiques, culturels et écologiques remarquables.
La vente de ses dérivés contribue au développement socio-économique des communautés dont les exploitants, les commerçants, les artisans et contribue aussi à renflouer les caisses de l’Etat par des taxes.
L’utilisation du rotin dans la fabrication des mobiliers permet de réduire l’utilisation du bois et contribue à la conservation des ressources forestières.
Il sert de niche écologique pour une multitude d’animaux
Au Burundi, quelques entreprises spécialisées dans la transformation du rotin se sont déjà implantées notamment l’entreprise GTS, Bambou-Décor et le centre de formation artisanale de Kamenge (CFA)
Les objets fabriqués à base de rotin par ces entreprises sont très onéreux et sont surtout vendus aux étrangers.

Des chaises fabriquées à base de rotin
En 2015, 1kg de rotin s’achetait à 2000 FBu, ce qui pourrait améliorer les conditions de vie des personnes qui planteront cette espèce, a indiqué le conférencier.
Il a alors demandé aux autorités administratives à la base et aux animateurs des clubs scolaires qui étaient invités à cet atelier de sensibiliser la population et les élèves à planter le rotin pour assurer leur développement socio-économique.
Il a précisé que des pépinières vont bientôt être mises en place pour la multiplication du rotin menacé de disparition.
Sensibilisation, restauration et gestion rationnelle
Les participants à l’atelier ont recommandé à l’OBPE de mener une large sensibilisation auprès de toutes les parties prenantes sur l’importance de la restauration du rotin et sur les conséquences socio-économiques de la perte de cette espèce.
Ils ont aussi demandé qu’il y ait une gestion rationnelle de rotin dans les aires protégées, mais aussi dans les propriétés des communautés locales.
Ils ont recommandé au gouvernement de mettre en place une filière rotin active au moment opportun d’exportation déterminé sur base des études sur le stock mature existant et de renforcer la recherche pour restaurer toutes les espèces d’arbustes menacés de disparition.
Les participants à cet étalier ont visité la réserve forestière de Kigwena pour voir l’état du rotin et la façon dont il se multiplie.
Sachez qu’aujourd’hui le rotin est importé des pays voisins par les commerçants Burundais et que plus de 700 millions de personnes dans le monde entier utilisent le rotin à de multiples fins.
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