Les femmes fonctionnaires sont traitées au même pied d’égalité que les hommes dans la politique salariale à niveau de formation égale. Des avancées ne cessent d’être enregistrées en matière de promotion du genre. En témoigne la récente mise en place de la loi sur la répression des VBGs. Toutefois, le doute plane sur certaines tendances rétrogrades dans le secteur privé. Cela sans oublier la limite du champ d’action de la convention internationale sur le travail
« Les femmes commencent à gagner du terrain dans le milieu du travail. Cela dans le secteur social, dans le secteur enseignant, dans la carrière infirmière, dans le secteur bancaire… », déclare Marie Bukuru, un cadre en gestion spécialisée dans les soins infirmiers et œuvrant dans le domaine de la défense des droits des travailleurs.
Contrairement aux autres aspects des droits des travailleurs, depuis les années 1970, les salaires de base des travailleuses et des travailleurs s’équivalent dans le domaine public et tiennent compte de la formation. Les primes et les indemnités sont octroyées également dans le même ordre.
« C’est un mérite à vanter », témoigne Mme Bukuru, fonctionnaire depuis 1976 et actuellement retraitée.
Cependant, ces salaires pouvaient variés selon la performance témoignée après l’évaluation annuelle de l’employé. Cela jusqu’en 2015 où il a été prise une décision gouvernementale sur l’harmonisation des salaires. Ce qui a occasionné le gel des annales.
Et de déplorer : « C’est au niveau des cotations que peuvent surgir des critères subjectifs ».
Les primes ou indemnités liés aux fonctions peuvent aussi changer le salaire du fonctionnaire, explique Mme Bukuru.

Marie Bukuru, cadre en gestion spécialisée dans les soins infirmiers œuvrant dans le domaine de la défense des droits des travailleurs : « Les salaires de base des travailleuses et des travailleurs s’équivalent dans le domaine public et tiennent compte de la formation ».
Même constat dans le secteur privé
Le code du travail donne les même critères d’appréciation dans le secteur privé que dans le secteur public.
Au niveau des salaires de base, ce n’est pas parce que vous êtes femme ou homme, que vous êtes bien payé.
«D’une façon générale, il n’y a pas d’allocation de maternité spéciale», rappelle Mme Bukuru qui avoue que le code du travail prévoit le paiement de la moitié du salaire et qu’il existe des entreprises qui appliquent cela. Il n’est jamais arrivé au niveau de la fonction publique de diminuer le salaire des travailleurs.
« Normalement, le nouveau-né est le futur enfant du pays. D’où, on doit penser à faire honneur non seulement à l’enfant, mais aussi à la sa mère », recommande-t-elle. Elle s’inquiète qu’à cause de cela, il existe des femmes qui négocient auprès de l’employeur de continuer à travailler de peur de voir leur salaire diminuer de moitié. Ce qui met en danger leur vie et la vie des enfants qu’elles portent.
Mme Bukuru reconnait que même le droit international a un champ d’action. «Il ne s’ingère pas dans des organisations liées au dogme, aux partis politiques, aux associations…», précise-t-elle.
Des pratiques à améliorer
Mme Bukuru informe qu’il existe des cas où les femmes ne sont pas traitées comme les hommes sur le plan de l’employabilité. « Parfois les filles se voient mises dans les conditions douteuses de dignité », alarme-t-elle.
Des employeurs contraignent moralement leurs employées à ne pas reculer devant les avances des clients. Ce qui fait qu’on est obligé quelques fois d’abandonner l’offre ou de continuer à travailler pour la survie de la famille.
« Heureusement que les autorités habilitées sont en train d’initier la loi sur les violences basées sur le genre », se réjouit-elle.
Mme Bukuru indique que dans le secteur de la santé où elle a presté, les indemnités de recherche sont réservées au médecin et non pas aux infirmières, l’indemnité clinique n’est pas octroyée au comptable ou au secrétaire. Ce qui ne constitue pas une injustice, car ils ne sont pas du domaine. Pourtant, les indemnités des heures supplémentaires, la prime de garde, l’indemnité de risque… sont bénéficiés par tout le monde conformément aux exigences professionnelles.
« Toutefois, au niveau des femmes et des hommes, les références sont les mêmes. Il en est de même au niveau de la prestation. Les femmes prestent à la même hauteur que les hommes, parfois même les surpassent parce qu’elles ont le sentiment de sauver des vies (elles sont émotionnelles », martèle-t-elle.
Mme Bukuru conclut en invitant les employeurs à promouvoir l’équité dans le paquet emploi « A travail de valeur égale, un salaire égal ». Cela tout en conviant les prestataires de toujours s’améliorer afin d’offrir un service de qualité.
Merci pour se sujet des salaires des femmes.
Seulement, l’auteur a utilisé le code du travail de 1993 alors que celui en vigueur est de 2020. Entre autres, avec l’actuel code du travail,la femme en congé de maternité bénéficie de la totalité de son salaire et non de la moitié.