Entrepreneuriat

Un secteur privé dominé par les micro-entreprises

Le secteur privé burundais est relativement faible. Il est constitué d’un grand nombre de microentreprises. Compte tenu du nombre d’employés, en 2018, les micro-entreprises représentaient 59% alors que les grandes entreprises représentaient 5% de l’effectif total. Toutefois, les grandes entreprises ont représenté plus de 80% du chiffre d’affaires du secteur. Le difficile accès au marché, les procédures administratives lourdes, les systèmes financiers peu développés sont quelques-uns des obstacles qui bloquent le développement de l’entrepreneuriat au Burundi   

S’appuyant sur les théories de William Baumol (1990), Nadia Nintunze, Expert en Développement des PME et en Agrobusiness lors du Forum National sur le Développement du Burundi qui a tenu ses assises du 18 au 19 novembre 2021 qualifie l’entrepreneuriat burundais d’improductif (qui assure la subsistance) et de destructeur (qui cherche l’intérêt personnel et fonctionne dans l’illégalité) au détriment de l’entrepreneuriat productif qui innove et optimise la croissance.

Nadia Nintunze propose de mettre en place une politique d’entrepreneuriat qui va permettre de prendre des mesures de nature à promouvoir la culture de l’entrepreneuriat et à réduire les obstacles à la naissance et à la croissance de l’entreprise.

Quid des entreprises au Burundi ?

Nadia Nintunze précise qu’au Burundi les entreprises sont catégorisées selon le chiffre d’affaires et le nombre d’employés. Pour la première catégorie, les grandes entreprises sont celles qui ont un chiffre d’affaires supérieur ou égal à 1 milliard de FBu. Les moyennes entreprises sont celles qui ont un chiffre d’affaires qui se situe entre 100 millions et 1 milliard de FBu. Les petites et les micro-entreprises sont, quant à elles, celles dont le chiffre d’affaires n’atteint pas 100 millions FBu.

Pour la deuxième catégorie qui tient compte du nombre d’employés, les grandes entreprises embauchent plus de 50 salariés, les moyennes entreprises ont entre 11 et 50 salariés, les petites entreprises ont entre 6 et 10 salariés tandis que les micro entreprises ont moins de 6 employés.

Selon le répertoire général des entreprises (formelles) de l’Institut des Statistiques et Etudes Economiques du Burundi, en 2018, les microentreprises représentaient 59%, les petites entreprises 33% alors que les moyennes et grandes entreprises représentaient successivement 3% et 5% dans la catégorie du nombre d’employés.

Les données de l’Office Burundais des Recettes montrent que sur les 5 dernières années (2016-2020), les grandes entreprises ont représenté plus de 80% du chiffre d’affaires du secteur privé alors qu’elles ne constituant qu’une petite partie du secteur privé.

En plus, souligne Mme Nintunze, les petites et moyennes entreprises burundaises sont en position de faiblesse lorsqu’elles se trouvent dans un environnement de libéralisation économique et de libre-échange. «Elles sont peu outillées pour être en mesure d’entrer en concurrence avec les entreprises de la région et du monde», ajoute-t-elle.

Un secteur monopolisé

Selon Dr Désiré Manirakiza, coordonnateur du Programme d’Autonomisation Economique et de l’Emploi des Jeunes (PAEEJ), le difficile accès au marché des produits des jeunes entrepreneurs est un des défis auxquels ces derniers font face. Ginette Karirekinyana, vice-présidente de la CFCIB insiste sur le fait que le secteur privé est menacé par la politisation et la monopolisation.  Le coordonnateur du PAEEJ donne l’exemple des jeunes qui fabriquent des craies et qui ont des stocks énormes parce qu’ils n’ont pas de marchés d’écoulement.  « On ne peut pas parler de l’entrepreneuriat des jeunes sans penser à la question du marché d’écoulement ».  Il propose que les jeunes propriétaires des entreprises puissent avoir des quotas dans les marchés publics comme on l’a fait pour le genre et les ethnies.

Des procédures administratives lourdes, des infrastructures inadaptées, un système financier peu développé, des exigences élevées pour accéder au crédit et une fiscalité peu incitative sont d’autres obstacles auxquels font face les entrepreneurs, ajoute Mme Nadia Nintunze.

Elle apprécie l’existence des mécanismes publics d’appui aux entrepreneurs, notamment l’Agence de Développement du Burundi (ADB), le PAEEJ, l’Agence National de Promotion et de Régulation des Sociétés Coopératives (ANACOOP), la Banque d’Investissement et de Développement des Femmes (BIDF), la Banque d’Investissement pour les Jeunes (BIJE), etc.

Nadia Nintunze recommande au gouvernement de fixer des objectifs clairs. « On peut savoir où on veut aller mais, si on ne sait pas quel chemin on est en train de prendre, on ne va pas savoir qu’on est en train d’y aller ». Elle propose de mettre en place une politique d’entrepreneuriat qui va permettre de prendre des mesures de nature à promouvoir la culture de l’entrepreneuriat et à réduire les obstacles à la naissance et à la croissance de l’entreprise. Cette politique va également améliorer l’accès au financement des start-ups et à l’assistance technique.

A propos de l'auteur

Bruce Habarugira.

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