Pour pallier au chômage qui préoccupe la plupart des jeunes Burundais et pour valoriser les produits made in Burundi, certains jeunes Burundais continuent à innover malgré pas mal de défis qui hantent le secteur entrepreneurial dans notre pays. TERICOM Chalks pourra servir d’exemple à plus d’un jeune entrepreneur Burundais
Terimbere Community (TERICOM) est une entreprise burundaise qui s’est lancée depuis bientôt 7 ans dans la fabrication des craies. Le but principal était de valoriser des produits made in Burundi et de pallier à la carence des craies qui s’observe de temps en temps dans les écoles. Un long chemin plein d’embûches car, au début, cette entreprise ne comptait que sur le personnel constitué de ces deux fondateurs.
Cette entreprise est basée, dans le quartier Mushasha de la capitale politique du Burundi. Depuis sa création en 2014 jusqu’en 2019, cette entreprise n’était qu’au stade d’essai et erreur comme le témoigne Emery Niyonkuru, le directeur gérant de TERICOM Chalks. Jusque-là ils n’avaient aucun capital. « Nous avons fabriqué les premières craies à partir des produits creusés dans le sous-sol burundais (ingwa) et nous les fabriquions manuellement », témoigne-t-il. Malheureusement, ils ont découvert que ce n’est pas ce qu’il fallait pour arriver à leur but. Ce n’est qu’en 2019 qu’ils ont opté pour l’utilisation des produits importés comme matière première et une moule moderne, avec un capital financier de 300 milles FBu.

Les Burundais devraient intégrer l’habitude de consommer les produits made in Burundi.
Malgré les défis, TERICOM garde la tête hors de l’eau
Malgré ce long parcours, cette entreprise a quand même enregistré des avancées remarquables tant au niveau qualitatif que quantitatif de sa production. Elle est passée d’un capital financier de 300 mille FBu en 2019 à plus de 30 millions de FBu aujourd’hui. Sa capacité de production était estimée à 100 craies dans 2 jour en 2014. Aujourd’hui, elle a une capacité de produire 30 mille craies. Se souciant de l’employabilité des jeunes, cette entreprise a déjà octroyé de l’emploi à une dizaine de travailleurs permanents et beaucoup d’autres journaliers (environ 50 employés) selon les tâches et le genre de travaux disponibles.
Comme le fait savoir M. Niyonkuru et certains responsables des écoles utilisant les craies de TERICOM, ces craies sont de bonne qualité par rapport à celles utilisées auparavant qui étaient importées. Non seulement elles sont inodores, mais aussi elles durent longtemps en conservation sans changer d’odeur. Contrairement aux craies qu’on avait l’habitude d’utiliser, les craies de TERICOM ne produisent pas de poussières et n’ont pas d’impact sur la santé humaine comme le précise ce gérant. Ces craies sont aussi économiques car elles durent longtemps. En plus de cela, elles sont bon marché.
Malgré les avancées, les défis persistent
Comme tant d’autres initiatives des jeunes Burundais dans le domaine entrepreneurial Burundais, TERICOM fait face à de nombreux défis entre autres le manque de moyens techniques et financiers pour agrandir leur projet comme le fait savoir Niyonkuru. Un autre défi est celui lié à l’inaccessibilité des marchés d’écoulement de leur produit. « Le gouvernement du Burundi devrait faciliter aux jeunes innovateurs Burundais l’accès aux marchés publics car ce sont ces marchés qui permettent à ces jeunes de se développer », fait-il savoir. Cet entrepreneur suggère également l’exonération des matières premières importées dans le but de valoriser les produits made in Burundi.
Selon M.Niyonkuru, les Burundais devraient intégrer l’habitude de consommer les produits made in Burundi.« Malgré la bonne qualité de nos craies et les prix en baisse par rapport aux craies importées, c’est dommage qu’il y ait des personnes qui préfèrent toujours utiliser les craies importées »,fait-il savoir M.Niyonkuru déplore également que la plupart des jeunes Burundais veulent s’enrichir en un laps de temps alors que l’entrepreneuriat est un long processus qui exige la persévérance. Il appelle les jeunes Burundais à avoir un esprit créatif et à transformer les défis en opportunité de création d’entreprises. Il exhorte les jeunes qui ont des idées d’entreprise à ne pas avoir peur de l’échec, mais plutôt à oser entreprendre.
Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.