Agroalimentaire

Transformation agroalimentaire : quel rôle pour le CNTA ?

Parmi les missions du  Centre National de Technologies Alimentaire (CNTA), il y a celui d’accompagner les unités de transformation agroalimentaire dès le développement de l’idée de projet jusqu’à la transformation des produits. Toutefois, malgré la multiplicité des unités de transformation des produits agroalimentaires, très peu sollicitent le centre 

Dans le précédent numéro de Burundi Eco, on vous a fait part des lacunes qui prévalent dans la certification des produits agroalimentaires. Le Directeur du Bureau Burundais de Normalisation et de contrôle de la qualité (BBN) indiquait que son bureau a le rôle de contrôler le produit fini, mais que le processus de transformation est normalement suivi par le CNTA. Dans l’entretien avec le directeur de ce centre, on vous parle de ce qui est du suivi de la transformation.

Les unités de transformation qui font recours au CNTA sont très peu nombreuses par rapport à ceux qui sont sur le marché.

Très peu d’unités sollicitent le centre

Normalement, le promoteur d’un projet devrait faire appel au CNTA pour s’assurer que les installations et la technologie qu’il va appliquer sont conformes aux normes. « L’accompagnement se fait aussi sur terrain pour leur apprendre les bonnes pratiques de transformations, les bonnes pratiques d’hygiène, l’entretien et la maintenance des équipements », explique Ir Pierre Sinarinzi, directeur du centre. Cependant, Ir Sinarinzi déplore que ceux qui font recours au CNTA soient très peu nombreux par rapport à ceux qui sont sur le marché. Ceux  qui viennent  solliciter l’expertise de ce centre tout  en sachant qu’il y a des coûts qu’ils vont supporter font marche arrière.

Cela étant, les coûts de cet accompagnement sont couverts par le promoteur du projet, notamment la logistique et une partie des analyses de laboratoire puisque le centre ne dispose pas de moyens alloués à cette mission. « L’appui logistique que nous demandons, ne pèse pas  sur l’investissement des unités de production », indique Ir Sinarinzi. Cet appui n’est pas forfaitaire. Il varie selon la nature des produits, l’emplacement de l’unité de transformations et les analyses de laboratoires à effectuer. Le directeur du CNTA fait savoir que la plupart des unités que le centre a appuyées, bénéficient d’un appui des partenaires.

Mais depuis un certain temps, le centre a pensé qu’il devrait y avoir une réglementation qui oblige tous ceux qui entreprennent dans le domaine de la transformation agroalimentaire d’être suivi par le CNTA. Pour le moment, le caractère obligatoire n’y est pas. « Normalement et pratiquement, il devrait y avoir une réglementation plus ou moins contraignante afin de s’assurer que les consommateurs sont protégés », dit-il.

CNTA, un centre d’expertise

Le centre conseille d’abord d’identifier les équipements nécessaires, aide à les installer, forme les utilisateurs et assure le suivi. Les conseils prodigués par le centre sont conformes aux normes. « Les entreprises que nous conseillons n’ont pas de problèmes quand elles cherchent la certification auprès  du Bureau Burundais de Normalisation et de contrôle de la qualité (BBN) », affirme-t-il. Outre cet accompagnement, le CNTA a la capacité de fabriquer des machines pour transformer les produits alimentaires tels que les moulins, les machines à éplucher, les machines servant à la compression de l’huile de palme,…Les techniciens du  laboratoire de mécanique alimentaire adaptent ces machines à partir des machines importées.

CNTA : un centre qui mérite d’être redynamisé

« Malgré que le CNTA dispose d’une certaine expertise, je ne dirais pas qu’il est suffisant mais, il est plutôt limité dans ses actions », déplore-t-il. Cette limitation se traduit d’abord par la loi qui le régit qui est obsolète. Les tentatives qui sont engagées pour mettre à jour cette loi  n’ont pas encore abouti. Le personnel technique qualifié est instable. Les conditions de travail ne sont pas  motivantes, indique Ir Sinarinzi. Les techniciens qualifiés migrent à la recherche de là où l’herbe est encore verte. Ce qui fait que les cadres techniques sont peu nombreux. Il fait savoir que les conditions salariales des employés du CNTA sont en dessous de celles de tous les autres employés de la fonction publique.

Il serait mieux certes de contraindre toutes les unités de transformations à passer d’abord par le CNTA, mais le directeur de ce centre indique qu’il ne pourrait pas  satisfaire cette obligation à moins qu’il ne bénéficie d’une cure de redynamisation. Encore, ce directeur  trouve que l’Etat devrait injecter un budget conséquent pour redynamiser ce centre. Une fois redynamisé, le directeur trouve que le centre pourra assurer son autonomie et même contribuer au renflouement des caisses de l’Etat à partir des prestations offertes.

D’un côté, le DG du BBN affirme qu’il y a beaucoup de  produits agroalimentaires qui ne sont pas certifiés et de l’autre côté le directeur du CNTA indique que très peu d’unités de transformation sollicitent l’expertise du centre. Cela étant, les consommateurs devraient-ils se méfier des produits agroalimentaires consommés localement ?

A propos de l'auteur

Dona Fabiola Ruzagiriza.

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.

éditorial

« Amstel Bright » inonde le marché

« Amstel Bright » inonde le marché

Après l’Amstel Beer disponible en formats 65 cl et 50 cl, voici le nouveau venu : l’Amstel Bright, présenté dans une même bouteille d’emballage, qui désaltère les gorges sèches des amateurs de la sainte mousse. Du Nord au Sud, de l’Ouest à l’Est du pays, dans une carence ennuyeuse de la première saveur (Amstel Beer), la deuxième saveur (Amstel Bright) n’arrive pas toujours à consoler les âmes assoiffées, selon certains consommateurs conservateurs.

    Abonnez-vous à notre bulletin

    Journal n° 654

    Dossiers Pédagogiques

    Facebook

  • éditorial

    « Amstel Bright » inonde le marché

    « Amstel Bright » inonde le marché

    Après l’Amstel Beer disponible en formats 65 cl et 50 cl, voici le nouveau venu : l’Amstel Bright, présenté dans une même bouteille d’emballage, qui désaltère les gorges sèches des amateurs de la sainte mousse. Du Nord au Sud, de l’Ouest à l’Est du pays, dans une carence ennuyeuse de la première saveur (Amstel Beer), la deuxième saveur (Amstel Bright) n’arrive pas toujours à consoler les âmes assoiffées, selon certains consommateurs conservateurs.
  • Journal n° 654

  • Dossiers Pédagogiques