Spéciale femme

Tribunal de résidence Rohero : 73 cas de divorce enregistrés pendant deux ans

Les cas de divorce vont crescendo dans la municipalité de Bujumbura. Le tribunal de résidence Rohero à lui seul a enregistré 73 cas de divorce pendant deux ans. Dans ce numéro, on revient sur les raisons de cette pratique, ses conséquences et les pistes de solution

Les statistiques sur les cas de divorce dans la municipalité de Bujumbura inquiètent plus d’un. Ils sont devenus monnaie courante. Agnès Bangiricenge, porte- parole du ministère de la Justice indique que 29 cas de divorce en 2018 et 44 cas en 2019 ont été enregistrés au tribunal de résidence Rohero.

Alexis Ndayizigiye, psychologue et représentant de la Clinique de l’Education et de la Psychothérapie indique que ces statistiques ne sont pas négligeables. Il fait remarquer que ces cas ne sont pas isolés. Il y a d’autres qui ne sont pas connus. Le mari a sa propre chambre et la femme autant. Ils ne partagent rien. C’est chacun pour soi et Dieu pour tous. Ils se regardent en chiens de faïence et ne cessent de se chamailler. Et cela pour plusieurs raisons. Selon lui, ceux qui fondent leurs foyers ont évolué dans des conditions différentes. Chacun a ses propres circonstances qui l’ont blessé. De plus, il a son propre comportement. Une fois qu’ils fondent leur foyer, ils doivent développer le dialogue, la tolérance et le pardon, car chacun a ses forces et ses faiblesses. Personne n’est parfait. Si le couple ne parvient pas à s’asseoir ensemble pour pouvoir maîtriser leurs émotions, ça tourne au vinaigre et le torchon brûle.

Agnès Bangiricenge, porte-parole du ministère de la Justice : «29 cas de divorce en 2018 et 44 cas en 2019 ont été enregistrés au tribunal de résidence Rohero»

Dans la municipalité de Bujumbura, Ndayizigiye indique qu’il y a des familles qui frôlent le calvaire. La plupart d’entre elles sont riches. Personne n’accepte de céder. Chacun croit avoir raison et reste sur sa position. Néanmoins, personne ne vient les aider pour les sortir de cette situation. Le torchon brûle la nuit pour s’éteindre le matin. Si la situation persiste, ils finissent par procéder au divorce. Par contre, dans le monde rural, leurs familles se mobilisent pour prodiguer des conseils à leurs enfants en conflit.

Les raisons du divorce

Selon ndayizigiye, les principales causes du divorce sont entre autres l’adultère, l’infidélité et la dilapidation du trésor familial et la condamnation de l’un des époux. «De plus, la gestion des biens familiaux peut être à l’ origine du divorce. Un bon nombre de jeunes femmes ne savent pas comment préparer le repas.  C’est une affaire des domestiques. Si le groom n’est pas n’est pas disponible, ce couple est obligé d’acheter le repas au restaurant ou de manger aux cabarets», révèle-t-il. Et d’ajouter la propreté au sein de la famille. Selon Ndayizigiye, pas mal de maris ne supportent pas ce genre de femmes. Selon lui, les parents devraient former leurs enfants sur les travaux ménagers dès leur bas âge. De surcroît, selon Ndayizigiye, certaines femmes gèrent mal leur émancipation.  Elles croient qu’il s’agit de rentrer quand on veut et faire n’importe quoi. Non, précise-t-il, l’émancipation est venue, car la fille était vouée à rester à la maison pour s’occuper des travaux ménagers. Elle n’avait pas accès à l’éducation au même titre que le garçon. Ce qui s’est répercuté sur son intégration dans les instances de prise de décisions. L’émancipation est venue pour inverser la tendance.

Quid des conséquences ?

Les conséquences du divorce sont fâcheuses. Les enfants errent partout comme des animaux qui n’ont pas d’étables. Ils ne savent pas à quel saint se vouer. Ils leur manque de modèle pour leur bonne éducation. De plus, le couple séparé n’est pas épargné de cette déconvenue. Il vit un moment de détresse. Tous les deux perdent leur dignité et leur respect. Ils sont tous exposés aux tentations de ceux qui veulent leur faire des rapports sexuels. En effet, ils peuvent mettre au monde des enfants naturels. Et d’ajouter que leurs familles se regardent en chiens de faïence.

Le dialogue avant tout pour pallier au divorce

Ndayizigiye invite les couples à mettre en avant le dialogue. Celui-ci devrait primer sur tout pour régler les conflits au sein des couples.  Il est le bon remède de tous les maux.

Longtemps, le divorce était un sujet tabou dans nos sociétés africaines très chrétiennes, car le christianisme s’est montré résolument hostile au divorce. En effet, l’église catholique n’admet pas le divorce. Elle considère le mariage comme un sacrement divin entre un homme et une femme qui est indissoluble sauf par la mort d’un des époux jusqu’à ce que la mort les sépare. Les divorcés étaient jugés comme des marginaux en situation irrégulière qui les prive de la communion. La tradition aussi jouait un rôle important dans ce tabou. Jadis, la femme n’avait pas le droit de se séparer de son mari sauf si ce dernier la répudiait ou alors elle n’osait pas quitter le foyer de peur d’être rejeté par sa famille et la société. Même si son mariage ne tenait pas, elle était obligée de rester chez son mari. On disait : «Nuko zubakwa» traduit en français par « c’est comme ça que les foyers se construisent». C’est très récemment que le divorce s’est vulgarisé dans nos sociétés africaines à cause entre autres de la mondialisation. Les sociétés africaines veulent adopter les mœurs des sociétés occidentales et ça ne tient pas le coup.

A propos de l'auteur

Jean Marie Vianney Niyongabo.

Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.

éditorial

« Amstel Bright » inonde le marché

« Amstel Bright » inonde le marché

Après l’Amstel Beer disponible en formats 65 cl et 50 cl, voici le nouveau venu : l’Amstel Bright, présenté dans une même bouteille d’emballage, qui désaltère les gorges sèches des amateurs de la sainte mousse. Du Nord au Sud, de l’Ouest à l’Est du pays, dans une carence ennuyeuse de la première saveur (Amstel Beer), la deuxième saveur (Amstel Bright) n’arrive pas toujours à consoler les âmes assoiffées, selon certains consommateurs conservateurs.

    Abonnez-vous à notre bulletin

    Journal n° 654

    Dossiers Pédagogiques

    Facebook

  • éditorial

    « Amstel Bright » inonde le marché

    « Amstel Bright » inonde le marché

    Après l’Amstel Beer disponible en formats 65 cl et 50 cl, voici le nouveau venu : l’Amstel Bright, présenté dans une même bouteille d’emballage, qui désaltère les gorges sèches des amateurs de la sainte mousse. Du Nord au Sud, de l’Ouest à l’Est du pays, dans une carence ennuyeuse de la première saveur (Amstel Beer), la deuxième saveur (Amstel Bright) n’arrive pas toujours à consoler les âmes assoiffées, selon certains consommateurs conservateurs.
  • Journal n° 654

  • Dossiers Pédagogiques