Cooperation

Adhésion de la RDC à la CEA : Le Burundi doit en tirer profit en jouant avec la concurrence

L’adhésion de la RDC à la communauté Est-Africaine (CEA) suscite beaucoup d’enthousiasme dans le monde des affaires au Burundi. Malgré qu’il présente un avantage par sa position géographique, le Burundi doit apprendre à entrer compétir avec d’autres pays pour conquérir le marché congolais déjà convoité   

La RDC et le Burundi partagent les deux corridors, à savoir : le corridor nord et le corridor central. Pour la ministre du commerce Marie Chantal Nijimbere, l’entrée de la RDC à la CAE permettra de désenclaver le Burundi. « C’est l’Ouverture de l’ouest vers l’Est pour le Burundi en particulier et pour toute la communauté en général », déclare la ministre.

L’adhésion de la RDC à la CEA élargit le marché de la communauté de plus de 90 millions de consommateurs, mais également, ce marché est convoité par d’autres pays de la communauté qui auront les mêmes avantages que le Burundi.

« Si aujourd’hui nous sommes à la semaine de l’industrialisation c’est pour inciter nos industriels à pouvoir réfléchir à cette ouverture d’opportunité », a lancé la ministre Nijimbere lors d’un panel de haut niveau organisé à l’occasion de la 5ème édition du salon industriel.

Le Burundi doit adopter une stratégie afin de concurrencer les autres pays membres de la CEA dans la conquête du marché congolais.

Un marché convoité par les autres pays membres de la CEA

La seule opportunité que présente le Burundi est d’être frontalier de la RDC. Dans tous les documents, on l’a toujours fait ressortir. « La question qu’on pourrait se poser est de savoir pourquoi jusqu’à maintenant on n’arrivait pas à conquérir ce marché », déclare   Eric Ngendahayo, consultant en finance et stratégies.

Sixte Niyuhire, Directeur de la Banque d’Investissement des Jeunes ajoute : «  je propose qu’une étude approfondie pour analyser les forces et les faiblesses, les défis et les opportunités en entrant en détails soit faite sur «qui fera quoi et comment». Et ce plan d’action sera distribué aux parties prenantes. 

Il explique que quand la RDC entre dans la CEA, l’Ouganda, le Kenya, le Rwanda ont les mêmes opportunités que le Burundi. Là où on n’a pas pu entrer en compétition hier avant son adhésion, qu’est-ce qui va faire que demain on va y arriver? se demande-t-il avant d’ajouter, le marché congolais est un marché particulier, il faudra que nos industriels apprennent à naviguer dans les eaux troubles congolaises

Il faut créer un climat d’attraction pour les Congolais

L’autre défis relevé lors de ce panel concerne les barrières limitant la libre circulation des personnes surtout liées à la pandémie de Covid-19. Pour entrer au Burundi, les voyageurs paient 15 USD pour le test covid alors que pour entrer au Congo, ils paient 5 USD. « Vous comprenez qu’au niveau du commerce transfrontalier, ce sont les petits commerçants qui amènent des devises au Burundi. Et, pour un petit commerçant 15 USD représentent un fardeau », fait savoir Emmanuel Ntakarutimana, vice-président de l’Association des Industriels du Burundi (AIB). Pour le vice-président de l’AIB, cela a diminué très considérablement le flux des Congolais qui viennent au Burundi.

Quelques trois jours après ce panel, les frais de test covid pour entrer au Burundi a été revu à la baisse. Le test covid est désormais payé 5 USD.

Un autre défi est relatif à l’écart entre le marché officiel et le marché noir. « Imaginez-vous un Congolais qui vient avec des dollars et on lui demande d’aller à la Banque centrale afin d’échanger ses dollars en monnaie locale, certainement qu’il va chercher à passer à côté peut être au marché noir », fait-il un constater avant d’ajouter que si la question des bureaux de change n’est pas réglée, cela va diminuer considérablement le flux de Congolais. 

Jean Louis Mutembela, représentant de PartenerAfrica, lui, voit un autre atout du Burundi. « Il y a une opportunité de développer le secteur touristique au Burundi. Avec l’adhésion de la RDC à la CEA, il y a beaucoup de Congolais qui vont venir au Burundi. Il ne suffit de canaliser de ces gens qui viennent pour qu’ils ne restent pas seulement à Bujumbura », trouve-t-il.

Avant son adhésion à la CEA, la RDC constituait le premier marché d’écoulement des produits burundais. Au cours de l’année 2020, le Burundi a exporté des marchandises d’une valeur de 30 millions de USD. Et le rapport sur la compétitivité industrielle du Burundi a montré que 60% des exportations du pays sont destinées à la RDC.

La ministre Nijimbere reconnait pourtant qu’il y a des défis que l’industrie burundaise doit surmonter. Elle fait état du manque d’infrastructures mais aussi le fait que l’industrie burundaise elle-même est à état embryonnaire sans oublier la situation sécuritaire qui prévaut dans la RDC. Pour elle, le premier défi c’est d’avoir les produits de qualité et en quantité suffisante pour ce marché qui s’ouvre au pays. Pour le cas du gouvernement, la nouvelle politique d’industrialisation est une arme pour booster le secteur industriel.

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Dona Fabiola Ruzagiriza.

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