Sur ordre du ministère en charge du développement communautaire, la fabrication et la commercialisation des produits à base de gingembre ou de tangawizi sont désormais prohibées. L’Association des Industriels du Burundi (AIB) laisse entendre qu’il faut que la protection des consommateurs prime sur les intérêts individuels

Le gouvernement a entamé la fermeture des unités de transformation des produits à base de gingembre ou de tangawizi.
Depuis samedi le 29 octobre 2022, le gouvernement a entamé la fermeture des unités de transformation des produits à base de gingembre ou de tangawizi. Cela a été annoncé par le ministère de l’Intérieur, du Développement Communautaire et de la Sécurité Publique.
La raison de cette fermeture est qu’il a été constaté que certaines unités de transformation des produits à base de gingembre ou de tangawizi sont lacunaires comme le précise Sévérin Sindayikengera, directeur général du Bureau Burundais de Normalisation et contrôle de qualité «BBN». Elles ne sont pas professionnelles et ne respectent pas les procédés technologiques de qualité.
Sindayikengera fait savoir que BBN en collaboration avec l’administration compte inverser la tendance dans le respect des normes de qualité, car le constat est les Burundais n’ont pas la culture de la qualité.
Cela s’explique par le fait que les produits non certifiés ne cessent d’être commercialisés au vu et su de tout le monde. On peut citer à titre illustratif les jus mêlés avec les poudres de différentes couleurs commercialisés dans les espaces de jeux et de loisirs.
Evariste Ndayishimiye, Président de la République du Burundi affirme lui aussi que le respect des normes de qualité pose encore problème. Dans un forum national du secteur privé tenu mercredi le 2 novembre 2022, il regrette du fait que les services en charge d’encadrement des Petites et Moyennes Entreprises n’ont pas été à la hauteur d’assurer aux consommateurs la bonne qualité des produits.
Les commerçants, boucs émissaires
Pourtant, les commerçants qui se sont entretenus avec Burundi Eco se lamentent du fait qu’on leur a interdit de vendre ces produits. Ils indiquent qu’ils enregistrent des pertes énormes, car ils avaient encore des produits à base de gingembre ou de tangawizi dans leurs boutiques ou stocks. «Il fallait un moratoire sur la mise en application de cette mesure pour nous permettre d’écouler tous nos produits, car ce n’était pas de notre faute. Les normes de qualité sont une affaire des unités de transformation», Confiaient-ils.
Emmanuel Ntakarutimana, vice-président de l’Association des Industriels du Burundi (AIB) fait savoir que la protection des consommateurs ainsi que le respect de la loi (les normes obligatoires) en matière de transformation agroalimentaire doit primer sur les intérêts personnels.
Il déplore le fait que non seulement il y a des commerçants qui mettent sur le marché des produits non certifiés, mais aussi on remarque également des produits portant la marque BBN alors que celle-ci n’a pas été attribuée par ce bureau. «Il s’agit d’une tricherie et une irresponsabilité de la part des propriétaires de ces unités de transformation», poursuit-il. Il éclaire que la loi en la matière est claire et que des sanctions y relatives devraient être appliquées par les autorités compétentes.
Malgré ces anomalies qui s’observent encore dans ce secteur, Ntakarutimana se réjouit du fait qu’il y a certaines actions qui sont d’en train d’être menées pour promouvoir les normes de qualité. A titre d’exemple, il espère que bientôt le défi lié à l’accréditation du BBN sera bientôt levé, car le gouvernement s’y est investi conséquemment. «Même les partenaires au développement ont déjà manifesté une volonté de contribuer à l’élimination de cet obstacle au développement du secteur agroalimentaire. La raison est que les propriétaires de certaines unités de transformation se lamentent du fait que leurs produits ne peuvent pas franchir les frontières pour accéder aux marchés régionaux et internationaux», conclut-il.
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