Coopération

Aide au développement : une arme à double tranchant ?

A part que la gestion de l’aide publique au développement est émaillée d’embûches, cette aide ne peut pas à elle seule développer le pays, car elle est insuffisante. L’Etat devrait donc permettre à la population d’innover et créer des richesses pour que le pays se développe. Les détails dans ce numéro 

Du forum national sur le développement du Burundi, il est ressorti que la contribution de l’aide au développement dans la croissance économique n’est pas visible comme on le souhaite. Selon l’ambassadeur Herménégilde Niyonzima, certains reprochent aux gestionnaires de ces aides l’incompétence suite à la lenteur qui s’observe dans le traitement des dossiers.  Ce qui fait qu’il y a des aides qui ne cessent de tomber en annulation. Néanmoins, Niyonzima fait savoir que la responsabilité dans la faible capacité d’absorption des fonds est partagée. «Les bailleurs de fonds exigent des rapports pour voir si la première partie du budget a été bien utilisée», argue-t-il. Pour autoriser le retrait de la deuxième partie du budget, les procédures ne sont pas faciles.  Malgré cette situation, cet expert fait savoir que l’aide au développement reste une nécessité.

Selon Marie Louise Hashazinka, économiste national au Pnud Burundi, le Burundi a mis sur pied un groupe de coordination des partenaires. Néanmoins, cette politique n’a pas généré des résultats prometteurs pour des raisons politiques et techniques. A part ces fameuses raisons, Hashazinka reste optimiste que même si l’aide au développement est nécessaire, elle ne peut pas à elle seule développer le pays. «L’Etat devrait prendre la question du développement du pays en main. Il devrait investir beaucoup dans des secteurs porteurs de croissance. Et l’aide au développement vient pour appuyer les initiatives de l’Etat», précise-t-elle. Selon les études de la Banque Mondiale, l’aide au développement est efficace dans les pays qui disposent des institutions efficaces.

En principe, l’aide au développement devrait être un mécanisme gagnant-gagnant.

L’aide au développement à elle seule ne peut pas développer le pays

Les institutions prédatrices en profitent pour s’enrichir alors que la population  est en train de s’appauvrir. Si on ne permet pas à la population d’innover et de créer des richesses, l’aide au développement ne peut pas à elle seule développer le pays. Au Burundi, l’aide au développement est fragmentée, dispersée et insuffisante. Et le bilan n’est pas suffisant. Hashazinka explique là où se trouve le goulot d’étranglement. Au Burundi, une politique de gestion de l’aide au développement claire et orientée sur les résultats  n’existe pas. Et d’ajouter l’absence de structure de coordination et de statistiques en matière d’aide au développement.  De plus, il n’y a pas de classification, de programmation  et de suivi-évaluation dans ce domaine. La gestion de cette aide constitue aussi une problématique. Les projets et les programmes prioritaires dans lesquels il faut orienter l’aide au développement sont aussi rares. Selon Hashazinka, les bailleurs de fonds doivent s’aligner sur les priorités du gouvernement d’après la convention de Paris.

Que l’Etat développe des projets bancables !

Pourtant, Hashazinka s’inquiète du fait que les projets prioritaires du gouvernement auxquels ces bailleurs devraient s’aligner n’existent pas. Selon elle, il est urgent de développer des projets bancables pouvant booster l’économie du pays.  Selon toujours elle, il faut une politique claire d’aide au développement discutée entre le gouvernement et les partenaires avec des orientations claires. De surcroît, une structure qui se charge de la coordination des aides logée et pilotée par une structure étatique pérenne est une nécessité.  Un système de planification fort et efficace est recommandé car là où il n’y a pas de planification, l’aide au développement est inefficace. Cette structure devrait être équipée et outillée pour avoir une base de données qui permet de faire le suivi-évaluation de l’aide au développement. Et pour aboutir aux résultats escomptés, il faut l’engagement de tous les acteurs au développement pour rendre la gestion de l’aide au développement efficace.

L’aide au développement, une nécessité

Selon un autre expert chevronné dans les questions de développement, ceux qui disent que l’aide au développement n’est pas nécessaire  se trompent. A titre d’exemple, n’eût été les programmes du Fonds International pour le Développement Agricole (FIDA), il se questionne sur ce que serait le secteur agricole au Burundi.  Les filières comme le riz ont été très développées grâce à l’aide au développement. C’est de même dans le secteur de la santé. Les efforts consentis par les bailleurs de fonds ont contribué à l’amélioration de la qualité des soins de santé offerts dans les structures de soins.  Néanmoins, cet expert déplore que le gouvernement ne fournit pas des efforts pour améliorer la gestion de l’aide au développement.

Pour lui, l’aide au développement est une arme à double tranchant.  En Afrique, on considère que l’aide au développement est un cadeau. On se dit que nous sommes des pauvres qu’il faut assister, déplore- t- il. En principe, l’aide au développement devrait être un mécanisme gagnant-gagnant.  Sinon, elle peut conduire à des catastrophes si on ne fait pas attention. Dans tout ce qui est gratuité, il craint que si on ne fait pas attention, les Burundais risquent de se retrouver dans la mendicité. Les Ongs qui distribuent des produits sont en train de décourager les efforts  du peuple censés être le moteur du développement.

Cet expert argue que l’aide au développement représente un maillon très important dans le développement.   Nonobstant, mettre en place des organes techniques très compétents dans chaque ministère capables de discuter les programmes de développement est une urgence pour fructifier les aides au développement.  Il dit cela, car il a été constaté que ceux qui sont nommés par le gouvernement pour la mise en œuvre de différents projets ne sont pas compétents. En 2008, il indique qu’il y a un programme de coopération internationale de 5 millions d’euros  par an qui a vu le jour. Des comités mixtes de suivi de ce programme ont été mis en place. Néanmoins, ceux qui représentaient le Burundi ne savaient même pas ce que c’est un indicateur. Le deuxième exemple très récent est un programme de coopération internationale de 18 millions d’euros qui était supposé être analysé par certains ministères. Pourtant, ce programme a été bloqué par ces ministères pendant deux ans, car il n’y avait pas de techniciens qui sont à mesure de l’analyser pour qu’il soit validé et mis en œuvre.

Notons que l’aide publique au développement existe au Burundi depuis l’Indépendance.

A propos de l'auteur

Jean Marie Vianney Niyongabo.

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