Santé

AMOTABU : Port d’un bidon d’eau chlorée, une mesure controversée

Depuis l’annonce faite mardi le 14 avril par le représentant légal de l’Association des Motards du Burundi « AMOTABU » lors d’une conférence de presse que chaque moto assurant le transport rémunéré doit se munir d’un petit bidon d’eau chlorée pour les clients afin de prévenir la propagation du coronavirus, les motards ne l’entendent pas du même oreille. Selon eux, cette mesure est quasi impossible à respecter

Lundi 20 avril, il est 11 h sur la route menant vers la zone Kamenge, tout près du marché de Kamenge, sous un soleil de plomb, la circulation est intense. Des bus, des vélos, des motos s’entrecroisent sur la route. Les motos circulent à grande allure. Aucune d’elles  ne porte le bidon d’eau chlorée recommandé par leur association. Difficile de parler avec un des motards. Tout à coup, un d’entre eux s’arrête pour faire descendre un client. On profite de ce petit arrêt pour engager la conversation. Il semble ouvert d’esprit et prêt à répondre à la question de savoir pourquoi il n’a pas respecté l’ordre donné. « Cette mesure n’est pas faisable avec nos motos. Montre-moi où je pourrais placer le bidon ? Sur le tuyau d’échappement ? Nul doute que le bidon fondrait »

La plupart des taxis-motos circulent sans bidon d’eau chlorée recommandé par leur association.

Petit à petit, d’autres motards viennent et semblent intéressés par le sujet. Ils sont très en colère contre les responsables de leur association. « Nous n’avons pas été consultés. Comment peuvent-ils prendre une décision nous concernant alors que  notre point de vue n’a pas été entendu » ?, s’interroge Musirimu, un taxi-motard. Selon lui, cette mesure doit être revue. « On est conscient de l’importance de ce geste qui sauve, surtout en cette période de pandémie du Covid-19, mais cela ne devrait pas se faire n’importe comment ».

La coupe est pleine chez les motards

Musirimu insiste sur l’impossibilité de respecter cette mesure. « Les parkings n’existent plus. Les policiers ne sont pas loin. Entre nous, c’est le jeu du chat et de la souris. Sinon on se fait attraper partout. Même si les documents sont en ordre, on peut t’attraper sous prétexte que tu ne portes pas de casque ou autre chose. Quand est-ce qu’on pourra demander au client de se laver alors qu’on sait qu’à tout moment tu risques de te faire attraper par un policier en civil » ?

La vingtaine, un autre motard, prend la parole. « C’est une façon de nous soutirer de l’argent. Ils nous obligent à acheter ce bidon à l’association à plus de 10000 FBu alors que si nous l’achetons nous même au marché, le coût sera à moins de 5000 FBu ». Selon lui, si la mesure a été prise dans le but d’éviter la propagation du Covid-19, elle devrait être également imposée aux autres moyens de transport. « Pourquoi les bus ou les taxi-voitures n’ont pas de bidon d’eau à l’intérieur et pourtant ils transportent plusieurs personnes ».

« Une mesure difficile à appliquer »

Au Sud de la capitale économique, au parking des motos situé tout près de la route allant vers le quartier Gasekebuye, le constat est le même. Les motards n’ont pas respecté ladite mesure. Ils n’en voient pas l’utilité. « C’est impossible de rouler avec un bidon d’eau chlorée sur une moto à  part que cela pourrait gêner le client, il n’y a pas d’endroit où le poser sur la moto». Et de renchérir que pour sa part, il préfèrerait utiliser un désinfectant malgré qu’il coûte cher. « C’est nous qui conduisons les taxis-motos. Par conséquent, nous sommes les mieux placés pour savoir ce qui est faisable ou non. Qu’ils nous laissent nous organiser entre nous pour trouver une solution durable dans le but de lutter contre la propagation de ce virus ».

Quant à eux, les passagers saluent cette mesure. « J’apprécie l’initiative qui arrive à point nommé. Se laver les mains c’est pour notre sécurité. Cette technique devrait être également imposée aux  taxi-vélos, aux bus, etc. », précise un passager qui prend chaque jour un taxi-moto dans ses déplacements. Il demande à l’AMOTABU de consulter avec les concernés afin de trouver un compromis pour le bien-être de tous.

Signalons qu’Arthémon Ndayegamiye, représentant légal de l’AMOTABU a également demandé au ministère de la Sécurité Publique de revoir la mesure de port des casques. Selon lui, seul le chauffeur peut porter cet outil de protection et non le passager. Cela en craignant la contamination à grande échelle dû au port d’un casque qui doit s’échanger entre plusieurs clients. Une moto est munie de deux casques, un pour le chauffeur et un autre pour le client. Si les clients partagent un seul casque, ils peuvent se contaminer les uns les autres.

A propos de l'auteur

Chanelle Irabaruta.

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