Le Secrétaire Exécutif du Corridor Central estime que le déficit en infrastructures de transport coûte cher à l’économie burundaise et la rend moins compétitive. Les pertes en termes de coût en carburant additif sont évaluées à environ 300 millions USD tous les 5 ans dans le transport routier avec un temps perdu pour 13 mille véhicules de plus de 5 mois par an. Cependant, l’optimisation du transport rail-lac pourrait permettre de gagner plus ou moins 180 millions USD dans 5 ans
Selon Capitaine Dieudonné Dukundane, Secrétaire Exécutif du Corridor Central, la théorie des infrastructures est déjà connue. « On a besoin des services aujourd’hui et pas demain », signale-t-il. C’était lors d’un forum national sur le développement qui a eu lieu jeudi et vendredi le 18 et le 19 novembre 2021.
Pour lui, la problématique est qu’on fait face à un déficit de transport. «Ce déficit coûte cher. On paie un service qui n’est pas consommé. Par ailleurs, on a aussi un problème lié à la maintenance et au manque de ressources financières», explique Capitaine Dukundane.
Et de poursuivre : « Sur un réseau national routier par exemple de 1933 km, seulement 791 km sont en bon état, soit environ 40% et 1242 km nécessitent des interventions urgentes. Cela avec un budget estimé à 1, 2 milliards USD pour la réhabilitation de ce linéaire ».

Capitaine Dieudonné Dukundane, Secrétaire Exécutif du Corridor Central : « La théorie des infrastructures est déjà connue. On a besoin des services aujourd’hui et pas demain ».
Eviter des dépenses pour les services non consommés
Le patron du Corridor Central indique que les pertes par jour en termes de coût de carburant additionnel sur 150 km avoisinent 40 dollars USD.
Il se réfère à la distance Bujumbura-Nyanza-Lac qui est de 150 km. Pour lui, lorsque la route était en bon état, la durée du trajet était d’1 heure 30 minutes.
« Actuellement la durée du trajet Bujumbura-Nyanza-Lac est de 4 heures. Le carburant consommé quand on roule 1 heure et demie est estimé à 20 litres. Son coût est d’au moins 20 dollars USD. Quand on fait plus de 4 heures, on consomme plus de 50 dollars USD, soit une perte sèche de 40 dollars USD pour le trajet Bujubura-Nyanza-Lac », démontre Capitaine Dukundane.
En tenant compte de ces pertes de 40 USD, il indique qu’avec un trafic moyen journalier de 13 mille véhicules sur les grands axes, le pays perdrait 300 millions USD dans 5 ans. En termes de temps, ces 13 mille véhicules perdent environ 6 mois par an.
Et de déplorer : «Nous sommes en train d’enrichir les producteurs de carburant et de pièces de rechange».
Capitaine Dukundane rappelle que le pays importe plus qu’il n’exporte. Cela avec la valeur des importations qui est de 800 millions USD tandis que celle des exportations atteint à peine 200 millions USD.
« La plupart des importations arrivent par les axes routiers. Le Corridor Central se taille la part du lion. 500 mille tonnes de marchandises que le pays achète en dehors de l’Afrique transitent par le port de Dar-es-Salaam. La différence entre le coût de transport par route et le coût de transport par chemin de fer du port de Dar-es-Salaam-Kigoma et le lac Tanganyika fait qu’on enregistre une perte de 90 USD par tonne », fait-il remarquer.
Si on ajoute sur les 500 mille tonnes importées en dehors de l’Afrique, le trafic des marchandises importées de la Tanzanie, de l’Ouganda et du Kenya, la perte sèche est de près de 36 millions USD, selon toujours Capitaine Dukundane.
Si on pouvait transférer la moitié du trafic routier vers le chemin de fer, on pourrait économiser 36 millions USD. Et de continuer : « Si on peut faire passer tout le trafic sur le chemin de fer, on peut gagner 72 millions USD par an » avant d’insister que 3 millions USD, le budget annuel alloué à la maintenance des infrastructures de transport est insuffisant.
Quant au financement des infrastructures de transport, Capitaine Dukundane s’inquiète d’abord que le coût de l’inaction est d’environ 480 millions USD tous les 5 ans. Pourtant, certifie-t-il, ce sont des opportunités qui se transforment en pertes.
« Les partenaires financiers donnent moins de ce que le pays dépense, malheureusement en pertes. Ce qui fait que l’économie a la capacité interne de mobiliser les fonds pour financer la construction des routes », informe-t-il.
Capitaine Dukundane propose des voies de sortie, notamment, la réduction de la pression sur les routes par le transfert des cargos lourds vers le rail et le lac (construction du chemin fer Uvinza-Musongati et développement du transport sur le lac Tanganyika), la diversification des sources de financement (la mise en place d’un fonds national de développement des infrastructures de transport) et la formalisation du mécanisme de « péage routier » sur certains axes, suivi d’un niveau de services conséquents.
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