Le Centre Burundais pour la Lecture et l’Animation Culturelle (CEBULAC) en collaboration avec le ministère de la Culture et des Sports s’attèle à l’implantation des Centres de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC) pour inciter les Burundais à lire et à écrire. La culture a une importance particulière dans le développement du pays. Ce qui explique les efforts que le gouvernement consent pour la réussite de ce projet
L’ouverture de 10 nouveaux CLACs dans neuf provinces du pays s’inscrit dans la droite ligne de la politique du gouvernement annoncée par le Chef de l’Etat le 19 mars 2016 dans la commune Isale-Mugaruro d’implantation des centres d’animation culturelle dans toutes les communes du pays, a rappelé la ministre de la Culture et des Sports, Mme Pélate Niyonkuru lors des cérémonies de lancement du CLAC de la commune de Kigamba en province de Cankuzo le 13 décembre 2018.
Pas de développement durable sans ouverture d’esprit
La ministre de la Culture et des Sports a appelé les parents à envoyer leurs enfants au CLAC pour apprendre à lire afin de se développer intellectuellement et culturellement. C’est comme cela qu’ils deviendront utiles au pays, car il n’y a pas de développement durable sans ouverture d’esprit. Or la connaissance passe par la lecture à travers l’apprentissage. C’est la meilleure façon de lutter contre la pauvreté et les rumeurs, a indiqué Mme Pélate Niyonkuru. « Le ministère augmentera le nombre de livres en Kirundi pour que même ceux qui n’utilisent pas les langues étrangères puissent fréquenter les CLACs », a-t-elle ajouté.
La lecture, un bon complément pour les apprenants
Les experts disent que celui qui lit dès sa jeune enfance devient 3 fois plus intelligent que celui qui ne le fait pas. Là où sont implantés les CLACs, les élèves réussissent mieux. Leurs notes s’améliorent. Avec ce projet, demain on aura des citoyens qui vont développer pas seulement le Burundi, mais d’autres pays aussi. Ces CLACs sont la piste qui conduit vers le savoir, a déclaré Jean Bosco Nzigamiye, le directeur du CEBULAC. Les livres viennent accompagner et compléter les connaissances des apprenants, a-t-il ajouté.
«A la longue, la culture deviendra une source de richesses avec les CLACs»
Dans le but de contribuer au développement du pays, les journaux qui seront désormais présents dans les CLACs vont aider les populations locales à participer aux appels d’offres et à gagner des marchés. C’est une aubaine pour les hommes d’affaires locaux qui pourront participer activement à la vie économique du pays. Les 500 millions de FBu alloués aux communes pourront être gérés dans la transparence dans la mesure où la passation des marchés pourra facilement se faire à travers les journaux. Dans 4 ou 5 ans, ces fonds alloués aux communes seront bien fructifiés avec avènement des CLACs. C’est comme cela que la culture deviendra une richesse, et partant, une impulsion pour le développement, a fait savoir le directeur du CEBULAC. A ce propos, Louis Kamwenubusa, le DG des Publications de Presse Burundaises (PPB) également présent aux cérémonies de lancement du CLAC de Kigamba a fait savoir que les journaux, surtout Ubumwe paraissant en Kirundi, que les communes recevaient gratuitement seront payants dès 2019, à raison de 700 Fbu l’exemplaire. Mais les CLACs continueront à les recevoir gratuitement, a précisé M. Kamwenubusa.
Un écrivain Burundais engagé aux côtés des CLACs
Un écrivain Burundais vivant au Canada contribue significativement au projet d’implantation des CLACs après que les partenaires étrangers se soient retirés. Il s’agit de Diomède Niyonzima qui a déjà acheminé 21.000 ouvrages au Burundi. « Je ferai tout mon possible pour qu’en 2025 toutes les communes aient des CLACs », a-t-il annoncé lors des cérémonies de lancement du CLAC de Kigamba. En outre, il a fait savoir qu’il est en train de collecter 30.000 livres qu’il compte amener l’année prochaine. Pour se développer, il faut penser. ‘’Ecrire c’est penser tandis que lire c’est laisser penser les autres pour soi’’. Il faut qu’on ait des repères historiques et culturels pour se développer, a souligné l’auteur de Les Héritiers du nouveau monde. Les étrangers peuvent écrire notre histoire/culture, mais ils ne le feront jamais aussi bien que nous. Or avant d’écrire, il faut d’abord lire. C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre les efforts qui sont en train d’être consentis pour implanter les CLACs à travers tout le pays. En récompense de ses initiatives en faveur de la culture, Diomède Niyonzima vient d’être nommé coordinateur international chargé du projet ‘’Bibliothèque’’ au sein de la Diaspora Burundaise.
Le CLAC de Kigamba, une aubaine pour les élèves

Lahayi Loy Niyomufasha, élève de la 9ème année à l’ECOFO Nyamashishi: « Pour les élèves le CLAC constitue une chance d’améliorer le niveau du français »
Lahayi Loy Niyomufasha est une élève de la 9ème année à l’ECOFO Nyamashishi. Elle est venue assister à l’ouverture du CLAC de Kigamba. Elle était en train de feuilleter avec beaucoup d’intérêt une bande dessinée quand le reporter de Burundi Eco l’a abordée. Elle demande qu’il y ait un traducteur qui lui explique les mots de français qu’elle ne comprend quand elle lit. « Le CLAC constitue une chance d’améliorer le niveau du français », pense-t-elle. Libérate Niyibizi, animatrice du CLAC de Kigamba, n’est pas d’avis contraire, car « les livres qui manquaient cruellement aux élèves de cette commune sont désormais disponibles. C’est une bonne opportunité offerte aux apprenants d’améliorer les performances scolaires », a-t-elle indiqué avec beaucoup de conviction.
Le ministre de la Culture et des Sports a fait don d’un poste-téléviseur au CLAC de Kigamba en guise de récompense parce que ses installations respectent très bien les normes.
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