Dossier Salon industriel

Commerce international : Comment se positionne le Burundi ?

Le Burundi est membre de plusieurs organisations de coopération régionale, continentale et internationale. A cause de sa balance commerciale chroniquement déficitaire, il devient un marché d’écoulement pour les pays partenaires. Pour inverser la tendance, Jean Claude Cibogoye, chef de service promotion des exportations à l’API propose quelques pistes de solutions 

Tel que le commerce international se pratique dans le monde, on remarque un certain déséquilibre. Il est dominé par quelques pôles dont l’Amérique du Nord, l’Europe et quelques pays asiatiques. L’Afrique tout entière occupe 2% du commerce international comme le fait savoir Jean Claude Cibogoye, chef de service promotion des exportations à l’API.

Selon lui, la plupart des pays en voie de développement dont le Burundi, qui ont généralement beaucoup de difficultés en matière d’industrialisation et de développement se précipitent vers la signature des accords de libre-échange. Malheureusement, ils n’y gagnent rien. Par contre, certains pays développés prenent le temps de bâtir leurs industries avant de joindre les autres pays dans la libéralisation des échanges.

Jean Claude Cibogoye, chef de service promotion des exportations à l’API : « Un pays qui ne vit que des produits provenant de l’étranger est condamné à demeurer dans la pauvreté ».

Une balance commerciale chroniquement déficitaire

Selon les données de la BRB, au cours de l’année 2019, le Burundi a importé de la Tanzanie des produits d’une valeur de plus 48 millions USD contre des exportations valant 3 millions USD. Avec le Kenya, les importations s’élèvent à 47 millions USD et les exportations ne sont que de 2 millions USD. D’apres M. Cibogoye, dans certaines communautés, le Burundi n’est qu’un marché d’écoulement pour les pays partenaires.

Le peu de produits que le Burundi exporte sont soit des matières premières ou des matières intermédiaires. Les produits primaires sont exportés étant à faible valeur ajoutée contre des importations des produits manufacturés qui sont généralement chers avec des prix qui ont toujours tendance à monter. Par conséquent, la balance commerciale du Burundi est chroniquement déficitaire.

L’évolution de la balance commerciale a des répercussions sur le coût des devises. Ainsi, quand un pays a une balance commerciale excédentaire sur une période assez importante, la valeur de ses opérations de change augmente. Dans le cas d’un solde négatif, la valeur de sa monnaie baisse. Une balance commerciale déficitaire conduit à la détérioration de la valeur de la monnaie locale.

Une opportunité pour le Burundi

Les pays qui ont des paniers d’exportation plus complexes ont automatiquement un PIB élevé. Le Burundi a intérêt à diversifier ses exportations afin d’accroître son PIB.  Pour y arriver, M. Cibogoye suggère le développement de certains secteurs susceptibles d’accroître les exportations et ainsi de développer le pays. Il a cité entre autres le secteur du cuir, du savon, du textile, les boissons, les produits alimentaires, les ustensiles de cuisine, surtout ceux qui sont fabriqués en argile, les immeubles et quelques médicaments.

« Le Burundi a un grand potentiel dans le secteur du cuir », dit-il. Ce secteur qui a boosté l’économie éthiopienne peut contribuer de même à la croissance économique du Burundi. Le problème est que le Burundi exporte des peaux à l’état brut. Cela fait qu’ils soient vendus à bas prix.

Malgré le pas franchi dans l’exportation du savon vers le Congo, le marché burundais est toujours inondé par les savons importés.  Pour inverser la tendance, M. Cibogoye pense que le Burundi devrait décider s’il faut tout libéraliser ou limiter les importations afin de favoriser ou de protéger la production nationale de la concurrence étrangère et ainsi rééquilibrer la balance commerciale. « Un pays qui ne vit que des produits provenant de l’étranger est condamné à demeurer dans la pauvreté. On ne peut pas redynamiser une industrie dont on ne consomme pas les produits. On doit consommer local si on veut dynamiser l’industrie burundaise », fait-il savoir.  Selon lui, les processus de transformation et de valorisation des produits à exporter sont des opportunités de création d’emploi. Le Burundi devrait saisir cette opportunité non seulement pour booster son économie, mais aussi pour réduire le taux de chômage.

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A propos de l'auteur

Florence Inyabuntu.

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