Cooperation

La coopération sino-burundaise fait ses preuves

Dans une interview exclusive accordée à la rédaction du journal Burundi Eco Mme Zhao Jiangping, ambassadeur de la République Populaire de Chine au Burundi revient sur les grands axes de la coopération entre les deux pays. Ainsi, elle fait le point sur les projets en cours, notamment la mise en place des villages de démonstration agricole, la mise en marche de la centrale hydroélectrique de Ruzibazi, la réhabilitation de l’aéroport Melchior Ndadaye…    

Ces derniers temps, le Burundi a connu pas mal de changements en matières de développement économique et social. En interne, la paix et la sécurité est recouvrées  et le climat des affaires amélioré de plus en plus. Ainsi, le pays est dans une nouvelle ère de développement pour attirer les investisseurs, mais aussi impliquer la diaspora dans les programmes de développement, analyse Mme Zhao Jiangping, ambassadeur de la République Populaire de Chine au Burundi.

A ce sujet, ce diplomate se veut plutôt rassurant. Dans l’avenir, il y aura de plus en plus d’investisseurs chinois étant donné que la Covid-19 a perturbé les échanges entre les deux pays. « A la fin de cette année ou bien l’année prochaine, il y aura certainement plus de délégations chinoises au Burundi pour explorer les possibilités d’investissement », espère-t-elle.

Mme Zhao Jiangping, ambassadeur de la République Populaire de Chine au Burundi : « A la fin de cette année ou bien l’année prochaine, il y aura certainement plus de délégations chinoises au Burundi pour explorer les possibilités d’investissement ».

Retour triomphal du Burundi sur la scène internationale

Sur le plan international, Mme Zhao Jiangping salue les efforts déployés par  le gouvernement burundais pour redorer l’image du pays. Ce qui lui a valu la levée des sanctions économiques lui imposées par l’Union Européenne depuis 2016. « On peut dire que le Burundi a retrouvé sa place sur la scène internationale », fait savoir Zhao Jiangping. Pour elle, l’adhésion de la République Démocratique du Congo (RDC) à la communauté est-africaine constitue un atout dans la mesure où la RDC est un grand marché potentiel qu’il faut conquérir.  De cette manière, on pourra réaliser le vœu du président qui souhaite faire du Burundi un pays émergent à l’horizon 2040.

Le Burundi et la République Populaire de Chine entretiennent des relations bilatérales  marquées par une solidarité fraternelle sur la scène internationale et une coopération gagnant-gagnant. Pour preuve, justifie-t-elle, le président Xi Jinping apprécie cette forme de coopération et souhaiterait qu’elle soit un modèle de coopération Sud-Sud. C’était lors d’une conversation téléphonique entre les deux chefs d’Etat en mars 2021.

L’agriculture, socle du développement

Pour le moment, la Chine finance une série de projets dans les secteurs porteurs de croissance tels que l’agriculture, l’énergie et les infrastructures. Dans le secteur agricole, le projet phare a été la mise en place du centre agricole pilote de Gihanga opérationnel depuis juin 2020. A travers ce centre, des experts chinois et ceux de l’ISABU mènent des recherches sur les nouvelles variétés de semences de riz. D’ailleurs, 12 nouvelles variétés sont en passe d’être homologuées. Elles ont un potentiel de rendement de 11 tonnes de riz par hectare.

De plus, l’ambassade de Chine a initié un programme de village de démonstration sur la riziculture. Trois ans après la mise en place de ce programme, celui-ci a déjà fait ses preuves. Les agriculteurs ont adopté de nouvelles techniques culturales. En termes de revenus, les recettes moyennes au niveau de chaque ménage ont connu une augmentation de 4000 USD. Actuellement, il existe 22 villages de démonstration sur la riziculture dans 14 provinces et chaque village s’étend sur une superficie de 50 hectares réservés à la culture du riz hybride. De quoi combattre avec efficacité l’insécurité alimentaire chronique qui frappe le pays. Les riziculteurs adoptent également un système d’épargne pour faciliter l’achat des intrants agricoles.

Une autre centrale hydroélectrique pour bientôt ?

Dans le secteur énergétique, le gouvernement chinois accompagne les efforts du gouvernement dans l’exploitation du potentiel électrique depuis fort longtemps. En 1977, les travaux de construction de la première centrale hydroélectrique de débutent sur la rivière Mugere. Cette infrastructure d’une capacité  de 8 MW coûta la vie à un ressortissant chinois  Li Hai qui périt par accident en plein travaux de construction dudit barrage en 1978.

Les travaux de construction de la centrale hydroélectrique de Ruzibazi (15 MW) sont en phase finale. La société chinoise Sino-Hydro a déjà terminé le remplissage du barrage en date du 29 mars 2022.  Le premier turbo-alternateur entre en marche dès mi-avril de cette année. La partie burundaise va réaliser les travaux auxiliaires dont la mise en place des lignes de transport d’électricité au niveau du réseau électrique national, révèle Mme Zhao Jiangping.

30 millions USD pour sécuriser les  bureaux présidentiels

Dans le secteur du transport, il est prévu la déviation de la RN 1 pour sécuriser les bureaux de la présidence de la République du Burundi. Les deux parties vont bientôt lancer des appels d’offre pour la mise en œuvre de ce projet. « Nous espérons qu’on peut exécuter ce projet au cours de cette année. Le budget estimatif de ce projet est de 30 millions USD », annonce ambassadeur Zhao Jiangping.

Sous la même rubrique, il existe un chantier de réhabilitation de l’aéroport Melchior Ndadaye. D’ailleurs, un accord de financement a été signé entre les deux parties. C’est l’aboutissement de deux ans d’étude technique conjointe. On est arrivé à l’échange épistolaire sur l’exécution de ce projet subdivisé en trois parties, à savoir : la réhabilitation et l’extension des pistes et des aires de stationnement ; la construction de la tour de contrôle et la tour d’administration, la fourniture des équipements de contrôle, de communications météorologiques. Ainsi, après la signature de la correspondance épistolaire, les deux parties vont travailler sur la conception approfondie du projet dans les  moindres détails. C’est à ce moment-là que le coût du projet sera dévoilé.

Investir dans les infrastructures

Par rapport à l’indignation des internautes comme quoi si le gouvernement ne rembourse pas ce prêt alors la partie chinoise va saisir l’aéroport, Mme  Zhao Jiangping dit que c’est complètement archifaux d’autant plus que le financement est un don et non un prêt.

Elle explique que les pays africains ont besoin de financements pour le développement des infrastructures. Pour cette raison, la Chine en tant que  pays ami a l’intention de répondre à ce besoin criant. « …Je ne sais pas pourquoi quand les pays occidentaux accordent des prêts,  on parle d’aide au développement. Mais quand il s’agit de la Chine, on considère que c’est un piège de la dette », rétorque fermement Mme Zhao Jiangping.

Les interventions de la Chine sur le continent  tournent autour de 9 programmes définis lors de la 8ème conférence ministérielle du Forum sur la Coopération Sino-Africaine (FOCAC) qui s’est tenu à Dakar en novembre dernier. Ce programme multisectoriel englobe la lutte contre la pauvreté, l’agriculture, la santé publique, l’innovation numérique, le développement vert, les échanges humains et culturels, la paix et la sécurité.

Qui est ambassadeur Zhao Jiangping ?

Ambassadeur Zhao Jiangping dispose d’une longue expérience dans la diplomatie. Elle a commencé sa carrière diplomatique à Bamako au Mali. Elle fut propulsée au poste directrice  générale adjointe du département d’Afrique au sein du ministère des affaires étrangères avant d’être affectée au consulat général de la Chine au Canada  pendant 5 ans. En 2015, elle fit son grand retour sur le continent où elle presta successivement en Ile Maurice et au Maroc. Et, depuis 2021, elle représente son pays au Burundi. Une tâche qui sera facilitée par les bonnes relations bilatérales qui existent depuis longtemps entre les deux pays.

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A propos de l'auteur

Benjamin Kuriyo.

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