Le gouvernement chinois s’engage à redoubler d’efforts pour accompagner les initiatives du gouvernement du Burundi pour augmenter la production. C’est du moins le message de Li Changlin, ambassadeur de la République Populaire de Chine au Burundi lors d’un entretien exclusif avec le journal Burundi Eco. Ainsi, la Chine veut apporter son expertise pour développer le secteur agricole
Parmi les priorités du gouvernement figure le développement du secteur agricole. En ce sens, plusieurs projets ont été annoncés pour restructurer le secteur agricole. Ce sont notamment la multiplication des saisons culturales, la mise en place des centres de rayonnement composés de complexes agropastoraux à raison d’un complexe par province, l’encadrement de proximité des agri-éleveurs, etc. « Le développement de notre pays, qui vit majoritairement de l’agriculture et de l’élevage passera nécessairement par la revalorisation du sol, la modernisation des pratiques agricoles », a déclaré le chef de l’Etat Gen. Major Evariste Ndayishimiye sur son compte twitter.
Ainsi, la Chine veut saisir la balle au bond pour contribuer au développement du secteur agricole. L’ambassadeur de la République Populaire de Chine ne cache pas son optimisme. Il estime que le locataire de Ntare Rushatsi House apporte un style nouveau dans la gouvernance du pays. « Les idées concrètes de développement agricole développées par le chef de l’Etat intéressent la diplomatie chinoise. Il est revenu dans tous ses discours sur le combat collectif pour éradiquer la pauvreté dans le pays », rappelle ambassadeur Li. Le combat de développer l’agriculture pour nourrir la population est commun aux deux pays.
Un autre niveau de coopération
La Chine ambitionne devenir un partenaire de premier plan dans le développement agricole du pays. « Il faut qu’on passe à une étape supérieure. C’est pour cela que nous sommes en concertation avec les plus hautes autorités du pays afin de faire de l’agriculture un secteur phare dans la coopération sino-burundaise », a déclaré Li Changlin.

Li Changlin, ambassadeur de la République Populaire de Chine au Burundi : « …nous sommes en concertation avec les plus hautes autorités du pays pour faire de l’agriculture un secteur phare dans la coopération sino-burundaise ».
Pékin est prêt à accompagner les efforts déployés par le gouvernement dans le développement agricole. Un programme de développement agricole sera bientôt établi et son calendrier d’exécution. Les interventions de la Chine peuvent également s’étendre sur le développement de l’élevage (filières porcs et volailles) et la pisciculture.
Une coopération qui porte déjà des fruits
La coopération agricole affiche des résultats palpables. Des visites d’échanges d’expériences ont été organisées en Chine au bénéfice des responsables des coopératives, des décideurs politiques. En outre, les experts chinois travaillent dans le domaine agricole dans plusieurs filières, à savoir : la culture du riz hybride, la fertilisation du sol, la culture des fruits et des légumes.
Depuis deux ans, les experts chinois expérimentent les techniques agricoles sur la riziculture dans la plaine de l’Imbo. Les résultats sont probants : le rendement a triplé passant de 4 tonnes à 12 tonnes/ha. Ces techniques sont en cours de vulgarisation dans la commune Gihanga où les agriculteurs ont pu améliorer leurs conditions de vie. En matière de transfert de connaissances, le cas d’Evrard Ndayikeje est parlant. Après avoir suivi le coaching des experts chinois sanctionné par une visite en Chine, il est devenu pionner dans la vulgarisation des techniques agricoles auprès des jeunes. Donc, la Chine voudrait bien vulgariser ces techniques agricoles à l’échelle nationale. En ce sens, un centre pilote de vulgarisation des techniques agricoles a été érigé à Bubanza. Ce centre deviendra non seulement une plateforme de démonstration des expériences chinoises, mais aussi un centre de perfectionnement des jeunes techniciens de la localité. Il comporte plusieurs espaces avec des fonctions différentes : champs de démonstration des techniques agricoles, la transformation ou encore la conservation agricole.
Quid du financement du secteur ?
Dans toutes les conclusions issues du sommet Chine-Afrique, un chapitre est réservé à la coopération agricole en Afrique. Cependant, l’agriculture est un secteur complexe qui exige de lourds investissements. Mais la Chine est déterminée plus que jamais à aider l’Afrique à maîtriser l’insécurité alimentaire à l’horizon 2030. « Nous voulons faire de l’agriculture un secteur phare de notre coopération avec l’Afrique », rassure ambassadeur Li.
Le Burundi a d’énormes potentialités pour développer le secteur agricole. Au cours des années à venir la Chine compte déployer ses efforts pour développer le secteur agricole. « La mission agricole est déjà constituée, les experts chinois attendent la maîtrise de la pandémie de coronavirus pour atterrir au Burundi », révèle Li Changlin sans fournir plus de détails sur l’enveloppe allouée au développement du secteur agricole.
Ce diplomate tend également la main aux investisseurs privés qui œuvrent dans le secteur agricole. « …nous sommes disposés à collaborer avec le secteur privé. Si l’occasion se présente, on pourra mettre en relation les investisseurs privés burundais et chinois pour explorer les possibilités de collaboration dans le domaine agricole ». Vous pouvez également lire nos éditions ultérieures ou nos publications sur le site www.burundi-eco.com pour redécouvrir les défis qui minent le secteur agricole.
Bonjour la Rédaction.
Ce projet de coopération est louable. Il devrait être accompagné de la désignation de « fonctionnaires dirigeants burundais » qui valideront les méthodes et techniques. L’usage de petites machines agricoles (manuelles pour certaines, sans forcément besoin de carburant, adaptées à nos collines) devrait faire partie des plans de développement.
La tendance actuelle, sauf pour les cultures industrielles de grande ampleur, est de ne plus utiliser les engrais chimiques, qui développent une « dépendance des sols » et qui sont aussi à la source de certains cancers.
La permaculture est une alternative qui fait ses preuves. Elle respecte l’environnement (régions, nature du sol, etc., et sans aucun engrais chimique. Elle est de plus en plus adoptée dans les petites exploitations agricoles communautaires ou privées. Les résultats sont probants et les produits qui en sont issus ont droit au label BIO.
Merci de continuer à nous informer.