Les transporteurs internationaux et les gestionnaires des entrepôts convergent sur le fait que le Corridor Central est le plus usité par les opérateurs économiques Burundais que le Corridor Sud et le Corridor Nord. Ils attribuent cela à la voie ferrée en bon état et aux routes biens entretenues du côté Tanzanie. Ce qui favorise la circulation des marchandises. Toutefois, ils appellent à l’usage de la voie multimodale moins chère, mais moins utilisée

Une grande quantité des marchandises reçues au port de Bujumbura proviennent du Corridor Central et arrivent souvent par camions.
Selon Eric Ntangaro, secrétaire exécutif de l’Association des Transporteurs du Burundi (ATIB), plus de 80% des importations passent sur le port de Dar-es-Salaam.
Cependant, affirme-t-il, même les marchandises en provenance du port de Mombassa pour transiter dans le Corridor Nord (Bujumbura-Kigali-Mombassa), transitent actuellement via les routes du Corridor Central en Tanzanie. Ces routes sont en bon état. Ce qui facilite la circulation des camions et, partant, le gain de temps et impacte également les prix des marchandises.
De plus, explique M.Ntangaro, les camions qui passent sur les routes du Corridor Central traversent seulement deux frontières, soit la frontière entre le Kenya et la Tanzanie, soit la frontière entre l’Ouganda et la Tanzanie, soit la frontière entre la Tanzanie et le Burundi. Ce qui diminue les procédures et les frais de péage routier.
« Pourtant, si les camions qui partent du port de Mombassa empruntent le Corridor Nord, ils doivent traverser trois frontières, entre autres la frontière entre le Kenya et l’Ouganda, la frontière entre l’Ouganda et le Rwanda et la frontière entre le Rwanda et le Burundi », précise M. Ntangaro avant de rappeler que la voie ferrée reliant Durban (Afrique du Sud) et Mpulungu (Zambie), c’est-à-dire une partie du Corridor Sud est en train d’être réhabilitée.

Corridor central
La voie multimodale à exploiter
Mireine Havyarimana, coordinatrice des projets au sein de l’ATIB rassure que la voie multimodale, à savoir Bujumbura-Kigoma-Dar-es-Salaam est moins chère. « Les transporteurs possèdent des bateaux capables de transporter 40 containers par convoi tandis qu’au niveau de la voie terrestre, ces containers sont transportés par 40 camions. Cela sans oublier pas mal de tracasseries rencontrées lorsqu’on emprunte la voie routière », informe-t-elle.

Corridor Sud
Et de renchérir : « La flotte lacustre burundaise a une capacité de 9590 tonnes avec une capacité de transporter 550m3 de carburant sont l’équivalent de la quantité transportée par au moins 15 camions ».
Janvier Nsengiyumva, directeur commercial à la société Global Port Services Burundi (GPSB) abonde dans le même sens. Il confirme qu’une grande quantité des marchandises reçues au port de Bujumbura proviennent du Corridor Central. Il indique que le tonnage pour le plus gros bateau est de 1500 tonnes. La flotte burundaise compte, selon toujours M.Nsengiyumva, 15 navires. Leurs propriétaires sont des nationaux et des étrangers. Ces bateaux ont une valeur comptable 0. Ils sont déjà amortis il y a plus de 20 ans.
Pour lui, le séjour des bateaux dans le lac est de 12 heures sur le trajet Kigoma-Bujumbura et 2 jours sur le trajet Mpulungu-Bujumbura.
Et de tranquilliser : «Le processus de dédouanement des marchandises est très court avec plus de facilités».
M.Nsengiyumva témoigne qu’avec le transport lacustre, les prix diminuent. Par exemple le prix par tonne du clinker, une matière utilisée dans la fabrication du ciment est de 7 5000 FBu, le tonnage augmente, la distance est réduite avec moins d’accidents. Toutefois, au début de cette année 2022, deux bateaux, soit «Byamwezi» d’une capacité de 1 500 tonnes et « Bihanga » d’une capacité de 600 tonnes appartenant à la flotte burundaise ont chaviré dans le lac Tanganyika.

M.Nsengiyumva certifie qu’au niveau du transport routier, le coût est élevé, le tonnage diminue, la distance devient longue avec une probabilité de subir beaucoup d’accidents.
M.Nsengiyumva reconnait des défis liés au transport lacustre. Pour lui, des vents violents peuvent surgir causant ainsi des dommages aux marchandises.
Il avoue que la consommation du carburant dépend de la marque des moteurs utilisés et de leurs puissances. Quant aux règles de sécurité, M.Nsengiyumva dit qu’il existe des Equipements de Protection Individuelle (EPI), entre autres les salopettes, les chaussures, les casques, les lunettes de sécurité, les caches oreilles, les gants, le contrôle d’accès, les panneaux généraux de sécurité…
Il se réjouit que la réhabilitation du port de Bujumbura permettra l’accueil de gros bateaux. Le port de Bujumbura disposera d’un chantier naval bientôt. Ce qui permettra la réparation rapide des bateaux en cas de pannes et la fluidité des bateaux. Le terminal des containers facilitera le transbordage des containers.
Le nouveau bateau MV AMANI plus puissant et plus performant de la région des Grands Lacs a moins de chance d’accoster au port de Bujumbura. Cela suite au défi de dragage du port, de manque des opérateurs économiques qui font le groupage, de manque d’oléoducs…
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