Dossier Covid-19

Covid-19 : les citadins ne prennent pas au sérieux la menace

Alors que le monde entier est menacé par la propagation du coronavirus, le Burundi n’est pas épargné par cette  pandémie. Loin de là, le pays compte aujourd’hui  trois cas de Covid-19. Pourtant ses habitants ne semblent pas réaliser le danger qui les guette.  Bref aperçu sur comment se comportent  les citadins face à la propagation de ce virus

Malgré le fait que le gouvernement burundais a déjà pris des mesures préventives pour essayer  de prévenir la propagation de ce virus, entre autres  l’interdiction des rassemblements, se laver les mains régulièrement avec de l’eau propre et du savon, ne pas se serrer les mains, ne pas s’embrasser, etc., certains citadins semblent faire la sourde oreille. Ils ne prennent pas au sérieux la menace.

Nous sommes mardi le 7 avril, il est 11h au centre-ville de la capitale économique Bujumbura, sous un soleil de plomb, la circulation est intense. A l’entrée de chaque bureau, banque, galerie, institutions publiques et privées, à chaque coin et recoin, on aperçoit un seau d’eau avec du savon propre ou de l’eau qui contient du chlore. Des agents de sécurité sont là pour faire respecter ces mesures aux récalcitrants. Une tâche qui, selon eux, n’est pas facile. « Parfois, on est obligé de se chamailler avec les clients  pour qu’ils se lavent les mains. Ils ne comprennent pas que c’est pour leur bien », nous confie un agent de sécurité de la galerie Village Market. Selon lui, les gens devraient prendre conscience du danger et se laver les mains sans qu’on le leur impose. « Le geste devrait être spontané ».

Plus de sensibilisations pour le respect des gestes barrières

Mandy Ingabire, une cliente de cette galerie indique que la rigueur devrait être de mise pour le respect des gestes barrières afin d’éviter la propagation de ce virus. « Les gens n’ont pas encore réalisé les conséquences désastreuses de ce virus. Certains se lavent les mains d’autres non comme si cet acte dépendait seulement de leur choix. C’est une pandémie qui est en train de faire des ravages dans le monde entier. Il faudrait plus de sensibilisations. Sinon, la situation est grave », s’insurge- t-elle.

Les agents de sécurité sont là pour faire respecter ces mesures aux récalcitrants

Ingabire, pour sa part, nous révèle qu’elle a déjà pris conscience de la gravité de la situation et c’est pourquoi elle respecte à la lettre les gestes de sécurité. « Je me lave chaque fois les mains, j’essaie même  de respecter la distanciation sociale d’un mètre même si ce n’est pas possible pour les gens qui se déplacent via le transport en commun ».

Entre coutumes et croyances, les citadins ont du mal à choisir

Autour de cette galerie, on observe encore des hommes et des femmes qui continuent à se serrer la main en se saluant, les câlins et les bises sont au rendez-vous comme à la normale. La plupart d’entre eux  nous affirment que c’est très difficile de se défaire de cette tradition dans leurs habitudes. « Se serrer la main ou se donner une bise est ancré en nous. Les choses se font machinalement», regrette Arnaud Iteka

Santa Kwizera, étudiante, fait savoir qu’elle ne peut pas refuser de saluer un ami car, selon elle, elle est sous la protection divine. « Moi je crois que  Dieu me protège et qu’aucun fléau ne peut me toucher ; donc rien ne m’empêchera de saluer qui je veux si ce dernier le désire ».

Nous  sommes 13h à la chaussée du Prince Louis Rwagasore. De la place communément appelée « Bata » jusqu’au magasin d’appareils électroniques dénommé Obama Shop, les dispositifs de lavage des mains se trouvent devant chaque magasin. Les clients qui entrent doivent obligatoirement se laver les mains. Pour Désiré, vendeur de téléphones portables, c’est primordial de respecter les mesures préventives mais, poursuit-il,  ces mesures ne sont pas efficaces. « Même si je me lave plusieurs fois les mains, c’est possible d’attraper cette maladie par d’autres voies ».  Pour ce propriétaire d’un des magasins de la place, seul le confinement peut limiter la propagation de ce virus. «Dans  les transports en commun, à la messe, au travail, il est fort possible qu’on soit contaminé».

A côté de lui, son collègue, un sourire aux lèvres lance: « Au Burundi, c’est juste le Seigneur qui veille sur nous. Autrement, cette pandémie nous tuerait tous ». Et de renchérir qu’il y a raison de s’inquiéter. Les pays comme la France, l’Italie, L’Espagne sont débordés alors qu’ils ont des systèmes de santé très développés. Imaginez avec la précarité de notre système de santé, les conséquences seraient très désastreuses.

Sur les parkings des bus qui desservent les quartiers de la capitale économique, le même scénario s’observe. Les convoyeurs et les chauffeurs incitent les gens à entrer dans le bus après s’être lavé les mains. Plusieurs passagers exécutent, d’autres semblent désintéressés, d’autres encore se fondent dans la masse et entrent sans se laver. « Depuis  qu’on se lave, quel intérêt ? Nous sommes protégés par la grâce divine et rien d’autre ».

A propos de l'auteur

Chanelle Irabaruta.

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