La jacinthe d’eau constitue une menace réelle pour les écosystèmes aquatiques. Cette plante envahissante constitue une manne pour la patronne de Hyacinth Art House. Elle a pu investir dans l’économie verte en valorisant les tiges de la fleur du Nil en des objets d’art. Portait

Ayant une vision de préserver l’environnement pour un meilleur avenir de la population Kathia Gretta Iradukunda mène un combat pour limiter jusqu’à 50% la Prolifiration de la jacinthe.
Kathia Gretta Iradukunda est une jeune entrepreneure écologique native de la province de Gitega. Lauréate en santé publique à l’Université Lumière de Bujumbura, campus Mutanga, elle a su transformer les défis en des opportunités d’affaires. Elle apprendra que la jacinthe d’eau est à l’origine d’un désastre écologique lors d’un échange-débat organisé à l’université. « La modératrice expliquait la façon dont cette herbe aquatique est très proliférante, invasive est nuisible à l’environnement spécialement pour le lac Tanganyika qui regorge de plusieurs espèces », se remémore notre interlocutrice
Elle nous fait savoir que depuis l’école secondaire elle était passionnée par la protection de l’environnement « A la maison, je suivais à la télévision des émissions concernant l’environnement dans lesquelles l’environnementaliste Albert Mbonerane alertait sur la présence de cette plante nocive au bord du lac Tanganyika ».
Quand les tiges valent de l’or
Passionnée par l’entrepreneuriat vert, Iradukunda décide de chercher sur le net la façon de transformer cette herbe en un projet entrepreneurial. En se documentant sur le sujet, elle prit connaissance qu’avec cette herbe on pouvait fabriquer des serviettes hygiéniques et d’autres objets artisanaux.
Pour peaufiner sa stratégie, elle associa à son projet les femmes artistes à faibles revenus. Elle approcha les membres de la coopérative nommée SYCABU composée de 145 artisans dont 140 femmes et 5 hommes opérant dans la province de Bubanza. Cette dernière contribue dans la collecte, le séchage, et la transformation assurée par les artisanes.
«Notre mission est de protéger l’environnement en créant des produits ou des services adaptés tout en autonomisant les femmes des communautés défavorisées du Burundi. Entre avril 2021 et avril 2022, environ 5 tonnes de jacinthe d’eau ont été arrachées sur les rives du lac Tanganyika. », indique Iradukunda avant de mentionner que de 100 femmes de la coopérative SYCABU ont été formées sur les techniques de tressage en vannerie.
Un avenir prometteur
L’idée d’Iradukunda séduit les centres d’incubation et les organismes internationaux. Elle rafle les prix en tant que meilleure jeune innovatrice. Elle a été l’heureuse gagnante du prix AWA en mars 2021. Raison suffisante de la soutenir pour faire fonctionner sa start-up. Elle a déjà crée un point de vente des objets d’art, des paniers, des nappes, des objets de décoration…made in Hyacinth Art House. Cette entreprise de promotion de l’art et de conservation de l’environnement logé au Cercle Hippique de Bujumbura. Mme Iradukunda fait du marketing digital pour mieux vendre et promouvoir l’image de son entreprise.
« Avec notre entreprise implantée dans la ville de Bujumbura et la page de Hyacinth Art House sur les réseaux sociaux nous avons des clients issu de la diaspora, les étrangers qui sont de passage et les nationaux. Ce qui est bénéfique pour nous », ajoute-t-elle.
Environs 500 personnes dont les membres des familles des femmes artisanes ont amélioré leurs vies grâce aux revenus tirés de ce projet.
Les défis ne manquent pas
Comme tout jeune entrepreneur qui débutant, Iradukunda souligne que le premier défi est lié au manque de financement. Elle évoque le manque de fonds pour mieux exploiter cette herbe envahissante, notamment ses feuilles et ses racines. Elle a l’ambition d’extirper cette plante des rives du lac Tanganyika. Elle souligne également le manque d’espace de séchage surtout pendant les saisons pluvieuses.
Ayant une vision de préserver l’environnement pour un meilleur avenir de la population, Kathia Gretta Iradukunda mène un combat pour limiter jusqu’à 50% la prolifération de la jacinthe d’eau. Elle poursuit son engagement à améliorer les conditions de vie des femmes artisanes à travers Hyacinth Art House. Elle envisage de contribuer à la restauration et au rajeunissement des lacs et des sources d’eau au Burundi.
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