Comme c’est le cas pour d’autres pays de la région Est de l’Afrique, de faibles précipitations ont été enregistrées au Burundi ces dernières décennies. Comme ses voisins, le Burundi est aussi frappé par une faible pluviométrie depuis plusieurs années. Les provinces du Nord-Est du pays, notamment Kirundo et Muyinga sont les plus touchées par des famines récurrentes

Pour essayer de faire face aux aléas climatiques, le gouvernement burundais a entamé la politique de l’irrigation
Le Burundi connait actuellement une faible pluviométrie. La résilience contre une sécheresse prolongée s’impose. Pour essayer de faire face aux aléas climatiques, le gouvernement a entamé la politique de l’irrigation. Cette pratique s’observe aujourd’hui dans plusieurs communes de la province de Kirundo. Selon le gouverneur de cette province du Nord du pays, plus de 800 ha ont été irrigués autour des lacs du Nord dans les communes Busoni, Kirundo et Bugabira sur financement des ONGs internationales, entre autres le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et Food for the Hungry. Le gouverneur de la province de Kirundo Albert Hatungimana indique que l’irrigation est une pratique qui gagne du terrain dans sa province. Selon lui, les opérateurs privés commencent déjà à s’y intéresser et injectent les fonds pour irriguer leurs propres plantations. Quant à la plus-value de cette pratique d’irrigation, le gouverneur dit que ces projets ont beaucoup aidé la population. Hatungimana indique que la pluie n’a pas tari pendant les deux dernières années, mais s’inquiète pour la sécurité alimentaire dans sa province cette année où il s’est observé un long retard des pluies pour la saison culturale A.
Même si le gouverneur se réjouit des fruits de ces projets, Léonidas Manirakiza, Directeur du bureau provincial de l’agriculture et de l’élevage (BPAE) affirme qu’il y a encore beaucoup à faire. Selon ce responsable l’agriculture et de l’élevage en province de Kirundo, on ne parvient qu’à irriguer les champs se trouvant a 50 ou 100 mètres de distance depuis les bords du lac. Il indique qu’il y a un manque de main d’œuvre qualifiée et de moyens matériels suffisants pour étendre le projet sur une superficie considérable.
Protéger l’environnement en amont
« On risque de tout perdre si l’on ne fait pas attention », prévient l’Ambassadeur Albert Mbonerane, engagée dans la défense de l’environnement. Pour lui, l’irrigation est possible. Il indique cependant que la gestion rationnelle de ces projets est obligatoire. Ce défenseur de l’environnement rappelle à l’opinion que la protection de l’environnement devrait rester prioritaire. L’activiste de l’environnement ne rejette pas l’irrigation comme un des moyens d’augmenter la résilience contre la sécheresse.
Cependant, il rappelle la nécessité d’une gestion rationnelle de l’eau. « Les lacs ont besoin à leur tour de s’alimenter dans l’environnement », insiste-t-il. Pour celui que beaucoup surnomment « ami de la nature », il est important de développer en amont des méthodes permettant à la terre de retenir l’eau. Il propose en occurrence la mise en place des courbes de niveau sur les montagnes et la protection des ressources forestières. Mbonerane évoque également la possibilité d’aménager des bassins de retenue d’eau qui pourraient servir à irriguer de grandes étendues sans gaspillage. Pour lui, la gestion rationnelle des eaux s’impose.
La crise climatique n’est pas d’hier
Les provinces du Nord-Est du Burundi connaissent des disettes dues au manque de pluies depuis les années 2000. A part la région du Nord du Burundi qui est durement frappée par la sécheresse, le reste du territoire de ce pays n’a pas été épargné. Les faibles précipitations et le retard des saisons culturales ont entraîné la diminution de production agricole dans ce petit pays autrefois caractérisé par un bon climat et une bonne pluviométrie.
En 2010, le ministre en charge de l’agriculture, dans son étude intitulée « Deuxième Communication Nationale sur les Changements Climatiques » indiquait que les ‘’événements climatiques’’ frappant le secteur des paysages sont essentiellement les pluies diluviennes de courte durée mais aussi les périodes de sécheresse prolongée. Les faibles précipitations datent de longtemps dans le Nord du Burundi. Dans ce document, les experts ont également précisé que « les sécheresses prolongées dans la dépression de Bugesera de 1917, 1923, 1931, 1933, 1943, 1958 et de 1998 à 2003 et l’irrégularité des précipitations ont eu comme conséquences la réduction du niveau des lacs Rweru, Cohoha, Rwihinda et Kanzigiri ».
Avec l’augmentation de la population burundaise qui est passée de 8 millions en 2008 à à peu près plus de 11 millions d’habitants en 2022, il est aujourd’hui plus qu’urgent de mettre en place une politique de soutien à la production agricole. Si l’irrigation est l’une stratégies préconisées pour faire face aux conséquences liées à la sécheresse, beaucoup de moyens sont nécessaires pour avoir de bons résultats.
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