Au moment où l’année 2022 a été dédiée à l’agriculture par le Chef de l’Etat, la matérialisation de son souhait semble ne pas se concrétiser. En plus de la production agricole qui ne couvre pas les besoins alimentaires, les agriculteurs de différentes provinces font face au manque de fertilisants FOMI et de semences sélectionnées. Le Premier Ministre propose l’extension de l’usine FOMI
La production agricole nationale ne couvre que 65% des besoins alimentaires. 35% des besoins doivent être importés, selon Dr Janvier Désiré Nkurunziza lors d’une conférence-débat organisée par la Banque Centrale sur le financement de l’économie.
Pour cet expert, les terres burundaises sont très fertiles, mais trop petites (0,5 ha par ménage). «Mais le pays peut produire plus en augmentant la productivité de ses terres». Dr Nkurunziza propose de passer par l’irrigation. « L’irrigation à elle seule peut doubler la production agricole», affirme-t-il. Cela pourrait être un atout, car les montagnes du Burundi regorgent de beaucoup d’eau (rivières et lacs).
Cet économiste suggère également l’utilisation des engrais et des semences sélectionnées. Mais pour cette année 2022, les agriculteurs se sont heurtés à des défis de manque de fertilisants et de semences.

L’irrigation à elle seule peut doubler la production agricole. Cela pourrait être un atout, car les montagnes du Burundi regorgent de beaucoup d’eau.
Les parlementaires tirent la sonnette d’alarme
Lors de la présentation du rapport semestriel (Janvier à juin 2022) des réalisations du gouvernement devant les parlementaires réunis en congrès par Alain Guillaume Bunyoni, Premier Ministre le 12 août 2022, les députés et sénateurs se sont inquiétés de l’insuffisance des Fertilisants Organo-Minéraux (FOMI) et des semences sélectionnées qui a caractérisé l’année 2022. Cela alors que les agriculteurs avaient déjà payé les avances. Selon le député Jean Baptiste Sindayigaya, dans une commune de la province de Bubanza, la population a même déclassé le véhicule de l’administrateur par excès de colère. Ce représentant du peuple se demande pourquoi alors la société FOMI ne délivre pas à temps l’engrais déjà payé à l’avance. « Dans le secteur agricole, avec contre-saison d’une semaine (retard), les récoltes sont automatiquement mauvaises », explique le sénateur Jean Marie Nibirantije avant d’insister sur l’insuffisance des semences sélectionnées.
Une production insuffisante
Le Premier Ministre reconnait cette problématique. Il affirme que la production des engrais FOMI est insuffisante par rapport à la demande. « Actuellement, les agriculteurs qui recourent à l’usage de l’engrais sont nombreux comparativement à ceux des années passées. « Cela grâce à la sensibilisation de la part des hautes autorités. Les agriculteurs sont regroupés dans des coopératives et exploitent de vastes étendues de cultures ». Des hypothèses soutenues par le ministre en charge de l’agriculture, lors de sa visite dans la commune Gishubi de la province Gitega le 15 août. Et d’ajouter: «Les cadres et hauts cadres du gouvernement qui, auparavant, ne cultivaient pas possèdent actuellement de vastes étendues de champs de cultures», indique Dr Déo-Guide Rurema en dénonçant également les spéculations qui se font dans le domaine des engrais. « Des commerçants corrompent les agriculteurs en leur faisant commander des quantités énormes d’engrais ne correspondant pas à l’étendue de leurs champs. Cela pour enfin les revendre à des prix exorbitants et clandestinement. Certains ont été pris en flagrant délit ». Les commerçants n’ont pas le droit de commercialiser l’engrais FOMI.
M. Bunyoni dénonce aussi la mauvaise organisation des cadres chargés de l’agriculture dans les provinces. Il arrive que le peu d’engrais qui existe n’arrive pas à temps à la population. Mais son souhait le plus ardent est que ce dernier défi ne se reproduise plus. Des mesures drastiques ont été pris prises pour venir à bout de cette problématique.
Sur la problématique des semences sélectionnées, il pointe du doigt l’Institut des Sciences Agronomique du Burundi (ISABU) qui ne délivre pas comme il faut les semences sélectionnées ou qui délivre des semences de mauvaise qualité. « Le ministère en charge de l’agriculture pris cette question en main et prépare lui-même les semences. Utilisant les mêmes procédés que l’ISABU, par exemple pour le maïs, nous avons eu des semences de bonne qualité ».
Vers deux extensions ?
Pour Bunyoni, il est nécessaire que d’autres hommes d’affaires investissent dans la production des engrais et des fertilisants, car les matières premières sont disponibles au pays. Il appelle également la société FOMI étendre son usine de production. Au même moment, la société FOMI est en train d’implanter une filiale à Dodoma en Tanzanie pour un investissement de 180 millions USD.
Deo-Guide Rurema confirme que la problématique de l’insuffisance des fertilisants ne va plus se produire dans les prochaines saisons. « Nous avons pour le moment des estimations réelles des besoins des agriculteurs ». Ceux qui n’ont pas bénéficié des engrais vont être indemnisées.
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