Editorial

Des initiatives à faible portée

Benjamin Kuriyo, Directeur de publication

Malgré les multiples signaux de relance économique, la crise économique perdure. Le pays n’a pas assez de devises pour couvrir ses importations. Par effet de contagion, les produits importés plongent le pays dans une spirale inflationniste. La dépréciation continue du FBu retarde l’impact des réformes macroéconomiques entreprises. L’inflation affiche une tendance baissière depuis le début de l’année. Le taux d’inflation aurait diminué de 5 points passant de 17,2% à 12% entre janvier et avril 2024, selon les données officielles. Cependant, cette baisse n’est pas ressentie chez les consommateurs qui assistent à la flambée des prix des denrées alimentaires.

La pénurie des devises accentue les pressions inflationnistes surtout avec la pénurie criante des produits pétroliers. Par effet de contagion, la crise des hydrocarbures affecte d’autres secteurs notamment le commerce, les transports, la construction et l’industrie. Depuis des mois, le gouvernement tente d’apporter des réponses à cette problématique, mais les stations-service restent à sec. La nouvelle société pétrolière du Burundi n’a pas jusque-là réussi à maitriser les perturbations dans l’approvisionnement du carburant.

A la fin du quatrième trimestre de l’année 2023, les réserves de change s’élevaient à 234,4 millions USD. Parallèlement, la balance commerciale reste très déficitaire. Les recettes d’exportation oscillent autour de 206 millions USD alors que les dépenses en importation nous coûtent plus de 1,2 milliards USD. Au début de cette année, le pays ne disposait que des devises pour financer les importations des biens et des services pendant 24 jours. Les critères de convergence de l’EAC exigent des réserves pour couvrir au moins 4 mois d’importations.

Selon les autorités, la crise actuelle est le résultat du désordre financier en matière de gestion des devises et de politique de refinancement.

La situation économique se présente ainsi alors que plusieurs accises de développement économique ont été organisées avec des recommandations très pertinentes.

Nous citerons les deux éditions du forum national de développement, celles du secteur privé, les éditions récurrentes des salons industriels, les journées de réflexion, etc. Peut-être qu’il est temps de changer le modus operandi. C’est du moins la ferme conviction des participants à la journée de réflexion sur la promotion des exportations domestiques organisées au début de cette semaine.

Ils ont été unanimes sur qu’on répète le même credo avec un panier de défis suivis d’un paquet de recommandations jamais concrétisées. Le mieux serait de traduire les paroles en actes tout en visant des résultats sur le court terme. D’ailleurs, « on ne guérit point une maladie en prononçant le médicament, mais en prenant le médicament », disait le révolutionnaire burkinabè Thomas SANKARA.

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Benjamin Kuriyo.

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