Commerce

Des inquiétudes sur les marchés réhabilités

La réhabilitation des marchés de Bujumbura a été initiée depuis janvier 2016. Alors que cette activité devrait prendre fin en janvier 2017, les travaux se poursuivent dans les marchés de Kinama et Ngagara

Les marchés de Kinama et Ngagara font partie des sept marchés réhabilités. Le premier est encore fermé et le deuxième est fonctionnel. Au marché de Kinama, la construction des stands n’est pas encore achevée. Les propriétaires des stands et échoppes sont toujours installés dans les marchés provisoires ou tout autour des avenues qui longent ces quartiers. Une des bénéficiaires des stands rencontrée devant la clôture de ce marché ne mâche pas les mots. Selon elle, le prétexte avancé par les gestionnaires de ce marché est que la somme de 690.000 FBu redevable par chaque commerçant pour la construction de son stand n’est pas encore payée par tous les bénéficiaires des places. Elle suggère que le marché soit ouvert à ceux qui ont payé la totalité de cette somme pour qu’ils ne soient pas victimes des autres. Elle propose également que ceux qui ont payé 400.000 FBu au début bénéficient d’un délai de grâce pour parachever le remboursement de leurs dettes. Après cette période, celui qui n’aura pas honoré ses engagements se verra retirer la parcelle au profit de celui qui paierait cash la totalité. 

Les activités au ralenti

Quant au marché de Ngagara, l’histoire est tout autre. Celui-ci est ouvert, donc fonctionnel. Néanmoins, la construction des stands n’est pas encore terminée à la partie Sud de ce marché. Certains sont inachevés, d’autres n’ont pas connus un début de construction. Le terrain est bien nettoyé et les lignes de démarcation montrant la délimitation et le numéro de chaque stand sont visibles. 

Les travaux de réhabilitation du marché de Kinama ne sont pas encore terminés.

Ce qui fait différence par rapport aux autres marchés réhabilités, c’est que ce sont les bénéficiaires qui devraient se construire eux-mêmes les stands. Le coût global de chaque stand est estimé à 1,2 million de FBu, selon un commerçant de matériaux de construction rencontré à ce marché. La plupart des stands déjà construits sont cadenassés. Les commerçants qui opèrent dans ce marché se lamentent des clients qui arrivent à compte-gouttes. Ils expliquent qu’avec la réhabilitation de ce marché, de nombreuses boutiques ont été installées à ces alentours et que leurs clients migrent vers ces boutiques. Quelle concurrence déloyale ! et les clients se sont familialisés avec eux. Ils n’ont pas dans ces circonstances besoins d’entrer dans le marché à la quête des articles déjà disponibles dans les boutiques externes, se lamentent-ils. C‘est pour cette raison que certains commerçants ont préféré ne pas mettre en danger leur capitaux et sont restés à l’extérieur du marché.

Le retard n’incombe pas à l’administration

Ramadhan Nkurikiye, président de la commission chargée de la réinstallation des commerçants dans les marchés réhabilités explique qu’il n’y a pas encore de mesures prises en rapport avec l’achèvement de la construction des stands dans le marché de Ngagara par les bénéficiaires. Il invite les commerçants à retrousser les manches en s’attelant assidûment à la construction des stands dans leurs divisions respectives. Et pour le marché de Kinama, il informe que l’ouverture est estimée au mois de juin. Il espère que les travaux seront déjà clôturés. Il invite pour cela les commerçants qui n’ont pas encore payé la totalité de la somme (690.000 FBu) à le faire dans les meilleurs délais.

Lors d’un point de presse tenu lundi le 16 octobre 2017, Ramadhan Nkurikiye avait annoncé que sauf imprévu, les marchés réhabilités seraient rouverts début décembre de la même année. Il s’agit des marchés de Kinama, Ngagara, Jabe, Kinindo, Kanyosha, Musaga et Ruziba. Candide Kazatsa, chargée de la communication à la mairie, a révélé au journal IWACU que le budget alloué à la réhabilitation de ces marchés est de 4 200689.68 euros et que 84500 euros ont été octroyés pour la surveillance et le contrôle des travaux. Cette somme provient du financement par le 10ème FED (Fonds Européen de Développement).

Le contexte d’exécution de ce marché

Le site de la Commission de l’Union Européenne, révèle que le projet de réhabilitation des marchés de Bujumbura est une réponse de l’UE à la demande du Gouvernement du Burundi à la suite de l’incendie du marché central de Bujumbura le 27 janvier 2013. Il vise à relancer les activités commerciales en améliorant la salubrité et la sécurité dans 7 petits marchés périphériques de Bujumbura. Le marché central de Bujumbura comptait 5 000 places de vente, avant sa destruction. La plupart des commerçants ont perdu leurs capitaux et tous y ont perdu leurs points de vente. Ils ont dû chercher d’autres places ailleurs dans la ville de Bujumbura et à l’intérieur du pays.

Selon ce site, les activités concernaient la construction ou la réhabilitation de 1 995 échoppes (1 390 nouvelles échoppes et 605 échoppes existantes) avec 41 hangars ouverts totalisant plus de 3 000 m² de superficie, des chambres froides et des boucheries, des blocs sanitaires fonctionnels, 265 places de parkings et de nouveaux bâtiments administratifs.

Impact socio-économique du projet

Avec la réhabilitation des sept marchés périphériques de Bujumbura, le projet prévoyait donner du travail à 1255 ouvriers par jour, avec des pointes pouvant aller jusqu’à 5 000 ouvriers, soit environ 37 650 emplois mensuels, soit environ 1 milliard de FBu injectés dans l’économie locale chaque mois si on inclut les fournitures, les carrières, les importations de biens et services, lit-on dans ce site.

La population bénéficiaire du projet était estimée à environ 2 000 commerçants qui travailleraient dans de meilleures conditions et 400 000 habitants de Bujumbura qui seraient touchés par les effets économiques de ce projet, avec des recettes de la Mairie qui augmenteraient sensiblement. Les travaux devaient commencer en janvier 2016 pour se terminer en janvier 2017.

A propos de l'auteur

Bonith Bigirindavyi.

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