Agriculture

La diversification des produits agricoles à exporter, une nécessité

Le secteur agricole dispose d’un potentiel naturel qui lui permettrait de maintenir un équilibre entre la croissance de la population et la production. Mais dans les faits, ce n’est pas le cas. La production agricole n’est pas suffisante pour satisfaire la population et opter pour l’exportation en cas de surplus. Pire encore, le BBN n’est pas assez outillé pour certifier les produits agroalimentaires 

L’agriculture burundaise est de subsistance avec environ 15% de la production totale commercialisée. Les agriculteurs recourent à des technologies traditionnelles inefficaces. On estime que 52,6% de la superficie totale des terres sont arables ou cultivées en permanence. Et environ 5,5% des terres cultivées sont irriguées. Quant aux exploitations familiales, elles ont en moyenne une superficie d’environ 0,5 ha. Cela a été dit par Dr. Ir. Jean Ndimubandi, chef du département Socio-Economie Rurale de la Faculté d’Agronomie et de Bio-Ingénierie (FABI) à l’Université du Burundi lors du forum national sur le développement du Burundi. Ledit forum a tenu ses assises à Bujumbura du 18 au 19 novembre 2021.

Pour cet universitaire, le bétail a toujours été un élément de transfert latéral de la fertilité du sol. Mais avec la diminution des espaces de pâturage au profit de l’agriculture, l’activité d’élevage a également régressée de manière significative. Ainsi, la décision des agriculteurs d’investir dans l’élevage dépend de la disponibilité des terres ou de la taille de l’exploitation.

Le BBN n’est pas à la hauteur de certifier les produits commerciaux au même titre que les autres institutions de normalisation de la sous-région. Cela a été révélé lors du forum national sur le développement du Burundi.

La croissance agricole est limitée par différentes contraintes

En premier lieu, viennent les contraintes agronomiques d’après Dr. Ir. Ndimubandi. L’exiguïté des parcelles parfois dégradées et la faible productivité agricole hantent l’agriculture. De même, les faibles niveaux d’investissement dans le secteur agropastoral liés à une agroécologie déficiente inquiètent plus d’un. En plus, l’accès aux intrants agricoles et aux systèmes d’irrigation a besoin d’être amélioré.

Quant aux contraintes climatiques, les ressources en eau et en sol sont soumises à de fortes pressions en raison de la croissance démographique. Ce qui accélère l’exploitation des sols et la demande croissante des ressources naturelles. Le faible niveau de connectivité numérique ou technologique et l’accès au financement ou à l’électricité figurent parmi les contraintes infrastructurelles. A cela s’ajoutent la vétusté des voies de transport et le manque des installations de stockage. En plus de cela, la densité de la population élevée, le taux de croissance urbaine rapide et non planifié ainsi que le faible niveau des travailleurs qualifiés dans le secteur agricole sont autant de contraintes socio-économiques qui hantent le secteur agricole.

Enfin, les contraintes institutionnelles comme le manque de politique claire de l’accès aux intrants agricoles et l’implication de l’Etat dans la commercialisation des produits agroalimentaires ne sont toujours pas favorables au développement de ce secteur. La forte dépendance à l’aide alimentaire extérieure et la faible participation des privés dans le secteur agricole n’arrangent pas les choses.

Les Burundais sont toujours résiliants

Le secteur agricole dispose d’un énorme potentiel naturel qui lui permettrait de maintenir l’équilibre entre la croissance de la population et la production. Le Burundi a une population estimée à 12 millions d’habitants qui est majoritairement agricole. Cette population a des connaissances archaïques sur les systèmes de production agricole et la gestion du bétail résistant aux aléas climatiques.

Pour ce faire, les agriculteurs burundais sont en mesure de cultiver un large éventail de cultures vivrières et commerciales. Par ailleurs, des précipitations abondantes assurent trois saisons culturales et un réseau hydrographique très important. En plus, les gisements des roches calcaires, dolomitiques et phosphatées dont regorge le Burundi sont un potentiel pour améliorer la croissance agricole. Tous ces facteurs réunis sont susceptibles d’étendre le marché d’exportation des produits agricoles.

Que le BBN soit réformé

Selon Christian Nibasumba, représentant Pays de TradeMark East Africa (TMEA), depuis plusieurs années, les exportations tournent autour certains produits comme le café, le thé, l’or, etc. Il est temps de diversifier les exportations. En ce qui est du cadre légal règlementaire, on ne peut pas parler des exportations sans toutefois parler du Bureau Burundais de Normalisation et contrôle de la qualité (BBN) qui mérite d’être profondément reformé. Quand les produits burundais sont exportés dans la sous-région, certains pays les réanalysent même s’ils sont préalablement certifiés par le BBN. La capacité technique de ce dernier n’est pas au même niveau que celle des autres institutions de normalisation des pays voisins.

En ce qui est des infrastructures, les exportateurs ont besoin de terminaux frigorifiques pour leurs produits au niveau des postes-frontières et à l’aéroport international Melchior Ndadaye. En plus, à l’instar du poste-frontière de Kobero-Kabanga, vaut mieux qu’il y ait d’autres postes-frontières à arrêt unique comme Mugina-Manyovu (province Makamba) ou ailleurs pour faciliter les échanges commerciaux.

A propos de l'auteur

Gilbert Nkurunziza.

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Un commentaire
  • NIYINTUNZE SIMEON dit :

    Bien sur le gouvernement Burundais devrait mettre en place une politique visant à la volorisation des secteurs d’exportation pour mieux accroitre le PIB nation via des exportations de certains produits,
    comme exemple typique la filiere huile essentielle s’elle est bien gerée et bien orientée est l’une de filiere pouvant apporter des devises dans l’economie burundaise

Les commentaires sont fermés.

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