La société civile, les experts et les cadres de l’Etat demandent à la population de bien gérer les déchets plastiques, car ils sont très nuisibles à la santé et à l’environnement. Leur recyclage dans le cadre d’une économie circulaire est une nécessité pour gagner le pari

Barnabé Ndayikeza, communicateur environnementaliste :«Les déchets plastiques constituent un grand danger non seulement pour l’environnement mais aussi pour la santé humaine et animale».
Les déchets plastiques constituent un grand danger non seulement pour l’environnement mais aussi pour la santé humaine et animale, alerte vendredi le 6 août 2023 Barnabé Ndayikeza, communicateur environnementaliste dans un atelier sur la gestion des déchets plastiques dans le cadre d’une économie circulaire. Les gens n’hésitent pas à les jeter partout.
Selon lui, les conséquences sont légion. Le consommateur ingère et inhale de microparticules de plastique et des substances toxiques associées. Il explique que l’ingestion peut être due au dépôt de produits chimiques présents dans le plastique sur les produits alimentaires ou à la contamination des eaux tandis que l’inhalation est due à un contact direct avec le produit plastique.
Ces risques concernent tous les individus, mais plus particulièrement les personnes exposées de façon prolongée sont notamment les travailleurs dans le domaine du plastique, les riverains des usines et les consommateurs quotidiens de produits plastiques. Les enfants, les nourrissons et les femmes enceintes sont plus particulièrement affectés.
Le plus inquiétant est que plus d’un milliard d’oiseaux et de mammifères marins meurent chaque année à cause de l’ingestion du plastique au niveau mondial. A Terre-Neuve, 100 000 animaux marins sont tués chaque année par l’ingestion du plastique.
Un cadre du ministère en charge de l’environnement n’y va pas par quatre chemins. Il déplore le fait que les gens jettent à l’aise les bouteilles plastiques dans la nature après leur utilisation. Le pire est que leur réutilisation est devenue récurrente. Les commerçants les réutilisent pour emballer certains produits tel que l’huile de palme et l’huile de coton.
Attention à la réutilisation des déchets plastiques !
Selon lui, cela constitue un grand danger, car quand la bouteille est ouverte, l’oxygène entre dedans et cela engendre des microplastiques. Et quand on les consomme, il y a risque d’attraper de graves maladies.

Déogratias Nahumuremyi, directeur du développement industriel au ministère en charge de l’industrieꓽ «Je salue l’initiative de l’ABUCO‐TI Burundi d’organiser cet atelier sur la gestion des déchets plastiques dans le cadre d’une économie circulaire».
Selon Pierre Ntakiyiruta, professeur à l’Université du Burundi dans le département de Chimie, le pire est que quand ces bouteilles plastiques sont exposées au soleil, les microplastiques se dégagent en suffisance et se mêlent avec l’huile. Et quand la population en consomme, il y a risque d’attraper des maladies graves comme le cancer, etc.
C’est le même cas pour ceux qui consomment des produits emballés dans des bidons ou des assiettes en plastique. Selon Ntakiyiruta, le danger est imminent.
Il conseille alors les gens de penser à utiliser d’autres matériels comme les pots qui sont produits localement à base d’argile.
Claver Sibomana, professeur à la même université dans le département de Biologie ajoute que les déchets plastiques s’observent partout dans les caniveaux et dans la nature. La population ignore les effets de ces derniers. Ils sont jetés partout et la destination finale est le lac Tanganyika. Selon lui, les effets sont nombreux, car l’étude qui a été effectuée ces derniers jours montre qu’on trouve 10 000 microplastiques dans ce grand réservoir d’eau douce.
Des microplastiques retrouvés dans le corps humain
Ce qui est dangereux est que ces microplastiques se retrouvent par la suite dans le corps humain à travers les animaux aquatiques que nous mangeons. Il cite à titre illustratif certains poissons qu’on mange sans toutefois vider leur contenu stomacal. Selon lui, cela aggrave les cas de cancer.
Pour toutes ces raisons, ces professeurs d’université demandent à la population de changer de comportement. Ils suggèrent de pratiquer le tri sélectif pour faciliter la collecte de ces déchets et leur recyclage.
Un cadre de Kinju fait savoir que cette société a déjà constaté que la présence des déchets plastiques dans la nature constitue un grand danger pour la société et l’environnement. C’est pour cela que la société Kinju compte contribuer à la bonne gestion de ces déchets en les recyclant pour produire des pavés. « Nous essayons de les ramasser pour faire le concassage dans l’objectif de les valoriser. Pourtant, nous nous heurtons à grand problème, car nous trouvons que ces déchets plastiques contiennent beaucoup de sable. Pendant le broyage, les marteaux s’usent rapidement face au sable».
La société Kinju compte installer des poubelles dans les cabarets et les restaurants
Pourtant, malgré ce défi, Kinju compte installer des poubelles dans tous les cabarets et restaurants pour faciliter la collecte de ces déchets et les recycler pour produire des pavés. Il précise qu’on va commencer par la ville de Bujumbura.
Jérôme Karimumuryango, responsable du projet de renforcement des capacités en gestion des produits chimiques et des déchets dans le cadre d’une économie circulaire au Burundi demande aux investisseurs de redoubler d’efforts dans la valorisation des déchets. Avec les déchets plastiques, on peut produire des pavés et d’autres objets qui peuvent générer des revenus. Il s’inquiète du fait que ce domaine reste embryonnaire.
Dans l’objectif d’inverser la tendance, Karimumuryango fait savoir que le projet qu’il chapeaute est en train de détecter les déchets recyclables et ceux qui ne le sont pas. Cela permettra aux investisseurs de se lancer dans un domaine qu’ils maîtrisent. D’autres actions à mener sont la mise en place d’un comité national, d’une stratégie nationale et d’un site web de gestion des déchets et des produits chimiques dans le cadre d’une économie circulaire.
Détaxation des équipements utilisés dans le recyclage des déchets plastiques, une nécessité
Regis Nimpagaritse, un jeune qui travaille à la Ceprodilic demande au gouvernement de détaxer les équipements qui sont utilisés dans le recyclage des déchets plastiques. Selon lui, la raison est que le coût de production des pavés est élevé. De plus, il demande à la population de développer la culture de la bonne gestion des déchets.
Il argue que Ceprodilic ne cesse de distribuer des poubelles pour faciliter la collecte des déchets plastiques, car elle en a besoin dans l’optique de les recycler pour produire d’autres objets. Pourtant, il s’inquiète que les gens mal intentionnés ont volé ces poubelles qui étaient en acier.
Pierre Nduwayo, président de l’Abuco‐ TI Burundi demande aux entreprises qui utilisent les bouteilles plastiques comme emballage de penser à les récupérer pour les recycler et faire des déchets plastiques une opportunité au lieu d’un défi.

Pierre Nduwayo, président de l’ABUCO‐ TI Burundi ꓽ «Je demande aux entreprises qui utilisent les bouteilles plastiques comme emballage de penser à les récupérer pour les recycler et faire des déchets plastiques une opportunité au lieu d’un défi» .
Il remercie certaines sociétés qui produisent les pavés et les carreaux à partir des déchets plastiques, car cela rentre dans l’économie circulaire. «C’est un système qui prône le recyclage des matériaux déjà utilisés pour en produire d’autres. Au lieu de les jeter dans la nature, ils sont récupérés et recyclés. Et enfin, ils se retrouvent sur le marché », fait remarquer Nduwayo. Il demande alors aux opérateurs économiques d’investir dans l’économie circulaire, car celle‐ci contribue beaucoup à la création de l’emploi et à l’augmentation des recettes de l’Etat.
Déogratias Nahumuremyi, directeur du développement industriel au ministère en charge de l’industrie salue l’initiative de l’Abuco‐TI Burundi d’organiser cet atelier sur la gestion des déchets plastiques dans le cadre d’une économie circulaire. Selon lui, l’économie circulaire est le seul moyen efficace pour gérer les déchets plastiques. Il a conclu son propos en faisant savoir que le gouvernement réaffirme son engagement à appuyer tout acteur qui s’impliquera dans les activités de développement durable, car c’est une grande contribution à la mise en œuvre de la vision 2040 Burundi pays émergent, 2060 Burundi pays développé.
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