L’élevage du porc gagne du terrain. Très productif, le porc s’accouple 2 fois l’an et met bas en moyenne 6 porcelets. Un porc bien élevé fait entrer dans les caisses de l’éleveur entre 500 mille FBu et 1 million de FBu. Les porcins font objet d’appât pour pas mal de consommateurs de la viande. Burundi Eco prépare un dossier sur l’origine de l’élevage du porc, comment l’élever, quelles sont les dérivés de la viande de porc…Un témoignage d’un burundais passionné par l’élevage du porc débute le dossier
« Les dépenses mensuelles occasionnées par la consommation de la viande m’a poussé à avoir l’idée de la produire moi-même », indique Aimé Clovis Ntawuyamara, passionné de l’élevage des porcs.
Pour lui, les dépenses affectées à l’achat mensuel de la viande étaient estimées à 80 mille FBu l’année dernière. Cela pendant trois jours seulement de la semaine. Pourtant, rappelle-t-il, le prix de cet aliment ne cesse d’augmenter. « Pour les quatre jours qui restent, je consommais les Ndagala (fretins) », explique M.Ntawuyamara avant de marteler que la viande est riche en protéines, éléments essentiels dans la croissance d’une personne. Selon lui, élever les porcs permet de pallier au déficit de la viande, à l’insuffisance des protéines dans l’alimentation et de faire entrer les recettes. Cela non seulement dans la famille de l’éleveur, mais aussi dans tout le pays.

Elever les porcs permet de pallier au déficit de la viande, à l’insuffisance des protéines dans l’alimentation et de faire entrer les recettes dans les caisses de l’éleveur.
« Le fait de cibler les porcs n’émane pas du hasard. D’abord, il se reproduit très vite, soit 2 fois l’an avec en moyenne 6 porcelets au moment de la mise bas. Bien élevé, le prix d’un porc varie entre 250 mille FBu et 700 mille FBu suivant le poids. Il arrive de vendre une verrat engrossée 1 million de FBu », précise M.Ntawuyamara.
Toutefois, fait-il remarquer, pour mieux réussir, les débuts doivent être décisifs. Et d’insister : «Avant d’investir, penser à la solution d’un problème. L’argent doit être une conséquence et non pas un objectif». Ce qui signifie, annonce-t-il, que la première année n’affiche surtout pas d’intérêt palpable.
Ce trentenaire, natif de Bujumbura-mairie et père de trois enfants encourage à investir dans l’élevage des porcs. «Moi je m’y suis intéressé en 2020 et j’ai débuté par élever 3 porcs. Actuellement, j’en ai une vingtaine. Une verrat vient de mettre bas 5 porcelets il y a de cela 3 mois. On me donne 60 mille FBu par porcelet, soit au total 300 mille FBu», se réjouit-il.
M.Ntawuyamara informe qu’il vise 3 objectifs dans l’élevage des porcs, à savoir : investir dans les porcelets (période de 11 à 12 mois pour avoir un rendement satisfaisant), investir dans l’engraissement (achat d’un porcelet, ensuite son engraissement et par après le vendre) et enfin investir dans la reproduction (achat d’une verrat engrossée. Ce qui donne vite les porcelets).
Cependant, il témoigne que pour obtenir un bon rendement, il faut veiller à la race, à l’alimentation et aux conditions d’hygiène. Avoir une vision est aussi nécessaire pour M.Ntawuyamara. Il estime que pas mal de Burundais élèvent les porcs pour avoir du fumier. Or, on peut le faire aussi pour l’alimentation et la commercialisation.
L’élevage des porcs ne date pas d’aujourd’hui
D’après Wikipédia, l’élevage des porcs date de la sédentarisation des humains. Il est attesté dans l’Egypte antique. Il a été développé dans l’empire Romain, en particulier dans la Gaule et dans l’Asie du Sud-Est.
Il rappelle que beaucoup d’agriculteurs bretons (France) se sont spécialisés dans la production porcine afin de dégager un revenu suffisant pour maintenir leur activité agricole. C’était à l’époque contemporaine, au sortir de la seconde guerre mondiale. Cela à cause des terres agricoles moins fertiles que dans d’autres bassins français du fait d’une forte population rurale.
Cela a permis à la France d’atteindre en matière porcine son équilibre alimentaire dans les années 1970. « Aujourd’hui, la France est légèrement excédentaire vis-à-vis de ses besoins en viande porcine (102,3 % en 2014), mais déficitaire pour les produits transformés, jambon notamment », stipule Wikipédia.
Le porc est un mammifère omnivore appartenant à la famille des suidés. Sa domestication a débuté 7000 ans avant J-C.
Elevé pour de multiples fins
Parmi les grandes productions du porc figure la viande. « C’est la production primordiale », lit-on dans Wikipédia. La viande du porc a donné lieu à des procédés spécialisés de conservation de la viande. Cela par la salaison et le fumage (la charcuterie).
Le porc est élevé également grâce à la soie qui en est issue. Celle-ci est utilisée dans la fabrication des brosses à cheveux ou de pinceaux. Il est aussi élevé pour sa peau (bouillie). Elle devient de la gélatine qui est utilisée dans la confection des friandises. Le fumier donné par le porc contribue à la fertilisation du sol.
En 2018, les grandes zones de production de porc sont la Chine avec 54 037 400 tonnes, les USA avec 11 942 965 tonnes, l’Allemagne avec 5 369 944 tonnes… Au Burundi la production est de 12 000 tonnes de viande de porc (FAO statistical yearbook 2012).
Le verrat ne peut pas être gestante (engrossée) ni mettre bas puisqu’il s’agît du mâle. Par contre, il peut déposer le sperme chez la femelle (appelée truie) pour faciliter la fécondation.