L’entérinement des diplômes universitaires est conditionné par la présentation du diplôme d’Etat et de celui de l’enseignement supérieur. Les retards observés sont liés entre autres aux dossiers incomplets et à l’invitation tardive de la commission d’entérinement par l’institution universitaire concernée
Jean Niragira a fait l’Institut des Pédagogies Appliquées à l’Université du Burundi. Alors qu’il a terminé ses études en 2007, il a dû attendre deux ans pour que son diplôme soit entériné. Cette même période a été subie par une dame ingénieur agronome qui a requis l’anonymat. Néanmoins, d’autres lauréats de cette même institution d’enseignement supérieur évoquent une période d’attente allant d’une semaine à trois mois.

Pr. Anastasie Gasogo, présidente de la commission d’entérinement des diplômes : « Nous sommes capables de faire une séance par semaine à condition que les dossiers soient prêts dans les différentes institutions universitaires »
Les raisons qui justifient ce retard
« Les problèmes liés à l’entérinement des diplômes sont en rapport avec l’établissement des diplômes d’abord », indique Pr. Anastasie Gasogo, directrice générale de l’enseignement supérieur et présidente de la commission d’entérinement des diplômes. Elle explique que l’établissement d’un diplôme à la fin de la formation prend sa source au niveau des documents présentés par l’étudiant dès sa première inscription à l’institution universitaire, c’est-à-dire le diplôme d’Etat ou le Certificat des Humanités Complètes qui est établi sur base des résultats obtenus à la fin de la formation au secondaire. Si le dossier n’est pas complet, l’institution n’est pas capable d’établir des diplômes.
Un autre problème évoqué par Pr. Gasogo est que les formulaires des diplômes doivent être disponibles et convenables. Dans ce cas, la faculté ou le département remplit ces diplômes, les fait signer par les titulaires et les autorités concernés. Après ces signatures, ces diplômes sont envoyés au service académique et on prépare la procédure d’entérinement. Elle précise que c’est la direction académique qui estime que le moment est venu pour que l’entérinement soit fait. Pour cela, la direction invite la commission et celle-ci s’organise pour entériner les diplômes. Elle souligne que la commission ne peut pas se présenter sans l’invitation de l’institution universitaires concernées.
Conformité avec les exigences
« Quand nous sommes invités et qu’on nous présente les dossiers, le problème que nous rencontrons est que les dossiers sont souvent incomplets. Les diplômes manquent les annexes qui sont nécessaires », déplore la présidente de la commission. Elle illustre cela par des exemples. Pour le diplôme de baccalauréat, informe-t-elle, il faut le diplôme d’Etat. Si vous avez fait les humanités à l’étranger, il faut l’équivalence du diplôme que vous avez présenté. Trois bulletins et le quatrième qui fait la synthèse des trois années d’études universitaires. C’est l’annexe au diplôme. Elle ajoute qu’il y a un formulaire qui a été adopté par la Commission Nationale de l’Enseignement Supérieur qui doit être rempli pour chaque étudiant. « Si le diplôme de baccalauréat est établi sans le diplôme d’Etat ou le Certificat des Humanités Complètes, il y a des discordances qui font que nous retournons le diplôme à l’institution concernée pour être refait. Et cela retarde l’entérinement de ce diplôme. Par exemple s’il y a discordance au niveau de la date de naissance, du lieu de naissance, des noms, etc. », souligne-t-elle.
Les retards n’incombent pas à la commission
« Il y a des lauréats qui retirent provisoirement leurs diplômes et les remettent tardivement. Et, au moment de leur entérinement, ils ne sont pas retournés et tardent à être entérinés. Nous sommes capables de faire une séance par semaine à condition que les dossiers soient prêts dans les différentes institutions universitaires », a indiqué Pr. Gasogo. Elle a indiqué que la commission a déjà fixé des programmes pour cette activité pour les mois de janvier et de février pour les institutions qui sont prêtes.
La procédure est la même pour l’enseignement supérieur privé régi par le nouveau système. Selon elle, dans l’ancien système, on donne aux lauréats une équivalence de diplôme à la place de l’entérinement. Elle explique que cela est dû au fait que les programmes de l’ancien système dans les universités privées n’étaient pas contrôlés pour pouvoir les harmoniser avec ceux de l’enseignement public. Ainsi, les diplômes délivrés par les universités privées passent par l’équivalence.
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