Dans un point de presse sur l’évaluation des saisons culturales A et B animé samedi le 8 juin 2024, Prosper Dodiko, ministre ayant l’agriculture dans ses attributions indique que le pays a connu un surplus de production du maïs. Alors que la collecte du maïs n’est pas terminée, les acteurs impliqués sont appelés à garder la vigilance pour éviter la pourriture de ce produit stocké dans des hangars.

Prosper Dodiko, ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage :« Nous pouvons confirmer sans nous tromper qu’au Burundi, nous avons eu un surplus de production du maïs».
«Actuellement, nous avons déjà collecté plus de 37000 tonnes de grains de maïs secs et la capacité des hangars situés au niveau des communes a été dépassée, nous obligeant ainsi à arrêter momentanément l’achat » a indiqué Prosper Dodiko, le ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage au cours d’un point de presse sur l’évaluation de la saison culturale 2024 A et de la saison culturale 2024 B animé ce samedi le 8 juin 2024. Le ministre Dodiko fait savoir aussi que le sondage effectué par les administratifs révèle que plus de 40.000 tonnes restent à acheter.
«De tout cela nous pouvons confirmer sans nous tromper qu’au Burundi, nous avons eu un surplus de production du maïs», a- t- il conclu.
Que les acteurs impliqués dans la campagne d’achat des grains de maïs soient vigilants
Cependant, il est évident que les intervenants dans le processus de gestion de la production agricole dont l’Agence Nationale de Gestion du Stock Stratégique (Anagessa) n’étaient pas prêts pour assurer la bonne gestion de cette récolte. A titre illustratif, dans une réunion qui s’est tenue mercredi le 5 juin 2024 au chef -lieu de la province Ngozi avec tous les administrateurs provinciaux et les acteurs impliqués dans la campagne d’achat du maïs, le premier ministre Gervais Ndirakobuca a dû suspendre la relance de la campagne d’achat des grains de maïs suite au manque d’ équipements et de produits chimiques. Cela pour que la pourriture des grains de maïs stockés dans des hangars observée en 2022 ne soit pas rééditée. Ainsi, il a alerté tous ces acteurs.
«Tout acteur que ce soit les autorités administratives communales, provinciales et les agents du ministère ayant l’agriculture et l’élevage dans ses attributions qui s’implique dans ce processus d’achat du maïs qui n’est pas vigilant pendant cette période, son cœur ne fonctionne plus », a-t-il indiqué avant de faire savoir que le gouvernement du Burundi a déjà engagé plus de 68 milliards de FBu dans l’achat des grains de maïs cette année seulement.
Selon le premier ministre Ndirakobuca, les responsables impliqués dans l’achat de la récolte du maïs font face à un test de leur responsabilité une fois qu’il y aura la pourriture de ce produit due à la mauvaise gestion de la récolte. Il a indiqué : «Nous serons tous excommuniés par la société Burundaise »
Pour cela, il a ordonné que le 10 juin 2024 soit le délai limite pour les acteurs qui participent à la campagne d’achat du maïs de relever tous les défis qui bloquent le bon déroulement de cette activité. Le premier ministre Ndirakobuca a profité de cette occasion pour annoncer que les acteurs non vigilants seront sévèrement punis.
L’exportation ou la transformation de maïs ne pourrait-il pas diminuer les risques de la pourriture de la récolte?
Le gouvernement burundais fournit d’efforts dans l’augmentation de la production agricole, mais cette politique devrait être accompagnée par un système de gestion de la récolte, car la mauvaise gestion de la production peut aussi handicaper la résilience des ménages. Des recherches effectuées par la Plateforme de Gestion des Risques Agricoles (PARM) sur la culture de maïs ont révélé que le maïs est une production vivrière en hausse et qui devient de plus en plus le revenu des agriculteurs. Cependant, cette plateforme indique que la culture du maïs présente un certain nombre de risques qui empêchent les maïsiculteurs d’être résilients. PARM indique qu’en cas de surproduction, la mauvaise gestion de la récolte entraîne parfois la pourriture, le gaspillage ou la rupture des prix sur le marché. Il faudra alors recourir aux industries de transformations des grains de maïs ou chercher le marché à l’extérieur.
Toutefois, l’exportation des produits burundais n’est pas en elle-même fiable. Elle se heurte à beaucoup de barrières. Denis Nshimirimana, secrétaire général de la Chambre Fédérale de Commerce et d’Industrie du Burundi (CFCIB) répertorie certains défis à relever dans le domaine de l’exportation au Burundi, notamment une lacune énorme au niveau des statistiques sur la production. Selon lui, un opérateur économique hésite mille fois avant de s’engager à exporter un produit dont il ignore la production annuelle en quantité et en qualité.
Il recommande aussi la promotion d’une culture d’affaires «business mind» pour chercher la clientèle à l’extérieur du Burundi. L’exportation des produits agricoles du Burundi fait aussi face à l’insuffisance des infrastructures logistiques et à un processus de demande d’autorisation d’exportation très long. La relève de ces défis pourrait augurer de nouveaux horizons qui facilitent l’exportation des produits agricoles.
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