Développement

Exploitation artisanale des minerais : Une perte de plus de 60% enregistrée

Nous sommes à année et demie de la suspension des activités des sociétés minières. Malgré cette suspension, l’exploitation artisanale des minerais par les coopératives minières a repris. Néanmoins, cette exploitation enregistre une perte en minerais de plus de 60% liée aux méthodes archaïques utilisées

Suite à l’exploitation artisanale minière, pour le cas de l’or, les pertes peuvent atteindre 75 % du stock métal pour un gisement alluvionnaire et 90% pour un gisement de type filonien.

   

Le secteur minier burundais est caractérisé par une exploitation artisanale. Après plus d’une année de suspension de toutes les activités minières par le gouvernement, l’exploitation artisanale de l’or a repris son cours normal depuis le mois de juin. 106 coopératives minières exploitent l’or dans 124 sites, a révélé Gervais Ndirakobuca, Premier ministre du Burundi le 24 octobre à Ngozi lors d’une réunion d’évaluation des activités d’exploitation des minerais. 

Les choses sont ainsi au moment où l’exploitation artisanale des minerais coute cher au pays.  Elle engendre une perte de plus de 60% des minerais qui devraient être exploités, a affirmé Grégoire Nibimpa, secrétaire général de la chambre sectorielle des mines et carrières lors du récent forum sur le secteur privé burundais. 

Pour le cas de l’or, les pertes peuvent atteindre 75 % du stock métal pour un gisement alluvionnaire et 90 % pour un gisement de type filonien, selon une étude menée en 2010 par Gilbert Midende, ancien directeur général de RainBow Mining Burundi. Cela suite aux méthodes archaïques utilisées. 

Selon Midende, les techniques d’exploitation restent fortement irrationnelles et rudimentaires. L’abattage du minerai se fait à l’aide des pioches et des barres à mine. Encore plus, les exploitations artisanales se font sur des zones non évaluées, a ajouté Grégoire Nibimpa. Et de préciser que ces techniques conduisent à des pertes considérables de production.  D’après les enquêtes de Gilbert Midende, en 2008 l’ensemble de la production de l’or au Burundi était de l’ordre de 20 à 25 kg par mois soit 250 à 300 kg par an. La plus grande partie de l’or exporté à partir du Burundi était de l’or en transit en provenance de la RDC, soit plus de 1,5 tonnes.

Des cas de fraude s’observent de plus en plus

Ce qui est sûr, c’est que l’exploitation artisanale des minerais va de pair avec le commerce clandestin. Des cas de fraude sont enregistrés durant ces derniers jours dans le Nord du Burundi, selon Jimbere Magazine. 66 kg de coltan et 4,2 kg de cassitérite à destination du Rwanda ont été respectivement saisis le 07 et le 08 novembre dans la commune Kabarore de la province Kayanza.

Pour Grégoire Nibimpa, il est plus qu’urgent de réformer et de faire migrer le secteur minier artisanal vers le secteur semi-industriel ou industriel. « Nous aurons une valeur ajoutée. Alors que le coltan est constitué par le tantalite et le niobium, les acheteurs se focalisent sur le tantalite et laissent de côté le niobium. Si nous pouvons séparer les deux éléments, on aura une valeur ajoutée », explique-t-il. Il s’avère nécessaire d’installer des usines de raffinage afin d’exporter des minerais ayant une valeur ajoutée.

A quand la reprise des activités par les sociétés minières ?

Mais au moment où les minerais occupent la première place des pourvoyeurs en devises du pays, les entreprises minières restent suspendues depuis bientôt deux ans. La raison de cette suspension était que les conventions entre ces sociétés et le gouvernement du Burundi étaient caractérisées par un grand déséquilibre qui risquait d’entrainer de grandes pertes pour le pays. 

Dans la société Rainbow Mining Burundi, le gouvernement du Burundi détenait 10% des actions contre 90% pour la société britannique Rainbow Rare Earths qui a obtenu en 2015 un permis d’exploitation des terres rares du périmètre de Gakara. 

Au niveau du ministère en charge des mines, on signale que le code minier qui vient rectifier le tir va être réétudié par le conseil des ministres. Par la suite, il sera adopté par le Parlement avant d’être promulgué par le Chef de l’Etat. Dans la politique minière approuvée en mars 2022, l’Etat se donne l’objectif de promouvoir l’exploitation artisanale rationnelle, l’exploitation semi-mécanisée ainsi que l’amélioration de la commercialisation des minerais.

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A propos de l'auteur

Bruce Habarugira.

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