Entrepreneuriat

Fabriquer le savon, un travail de longue haleine

Difficile de se promener ces derniers jours dans les quartiers de Bujumbura sans se rendre compte de la prolifération des petites unités de fabrication  de savons qui s’observent ici et là. Une plus-value pour l’économie d’un pays, pour les producteurs qui ont ainsi une opportunité d’affaires et aussi un moyen d’assurer leur autonomie financière. Les acheteurs, eux, indiquent que c’est une initiative à valoriser. Néanmoins, le prix du savon n’a pas chuté sur le marché

Il est 10 heures au quartier de Jabe tout près du marché qui porte le même nom à quelques mètres de l’Interbank agence Jabe. Tout au long de cette avenue dite de la jeunesse se trouve des petites boutiques parmi lesquelles  l’entreprise de fabrication de savon local Multiservices Soap. Cette dernière est une association de huit personnes qui se sont mis ensemble pour se retirer du chômage. Pasteur Nizigiyimana, président de cette unité de fabrication de savon fait savoir qu’ils avaient bénéficié d’une formation dans ce domaine. Malgré cela, leurs débuts n’ont pas été faciles faute de moyens. Ainsi, ils ont décidé de rassembler leur argent chacun selon ses moyens et ont pu totaliser une somme d’environ deux millions de FBu.

Des exigences et du courage

Selon lui, quoique ce domaine touche à la chimie, fabriquer un savon n’est pas sorcier, mais cela exige une certaine vigilance car les fabricants de savon utilisent des produits chimiques qui doivent être pesés minutieusement. M. Nizigiyimana nous explique le processus.

Les savons fabriqués par l’entreprise Multiservices Soap.

Pour fabriquer un savon, deux éléments sont essentiels. Il s’agit de l’huile des noix de palme et de l’acide caustique.  Aussi appelé hydroxyde de sodium, l’acide caustique se trouve dans les conditions normales sous forme solide cristalline. C’est un corps chimique minéral composé de formule chimique NaOH qui est à température ambiante un solide ionique. La soude est nécessaire à la fabrication du savon à froid puisque c’est elle qui transforme, par réaction chimique, le corps gras en pâte de savon. Ces deux éléments sont mélangés dans une moule appelée mélangeur. Ce mélange peut tourner durant 2 heures. Savoir respecter la dose c’est très important. Selon ce fabricant de savon, 100 kg d’huiles sont mélangés avec 78 kg d’acide caustique. On mélange jusqu’à la dissolution complète. Au contact de la soude, la réaction chimique commence à faire son œuvre et l’huile se transforme en pâte de savon. C’est ce qu’on appelle la saponification à froid. La pâte est maintenant prête à recevoir les ingrédients actifs et les couleurs. C’est à cette étape de la fabrication du savon que les huiles essentielles, herbes, parfums, couleurs et autres ingrédients actifs sont ajoutés à la pâte de savon.  Celle-ci est maintenant prête à être coulée dans son moule. C’est là qu’on peut laisser aller sa créativité quant au «look» du savon! Le savon alors se repose pendant 12 heures. M. Nizigiyimana indique que l’étape de coupage qui suit nécessite une certaine finesse. Il faut couper les barres de savons avec des instruments fabriqués sur mesure selon les besoins.

B. L, un autre fabricant de savon soutient qu’il exerce ce métier manuellement à base d’acide sulfonique, d’acide caustique et de quelques parfums. Les défis ne manquent pas dans l’exercice de ce métier. Ils ont du mal à se procurer certains produits qu’ils utilisent comme l’acide sulfonique, les colorants, les parfums, etc. Ils doivent s’approvisionner à l’extérieur du pays et cela est assez difficile actuellement à cause de la fermeture des frontières dans le but d’arrêter la propagation de la Covid-19. Selon lui, quand ils ont commencé 1kg d’huile coûtait 1800 FBu, actuellement, il est revient à 2600 FBu. Un sac d’acide caustique coûtait 78000 FBu alors que maintenant, il s’achète  entre 90000 FBu et 95000 FBu. C’est entre autres les raisons qui expliquent que le prix du savon est resté inchangé.

« Que le prix du savon baisse »

Claudine Ninziza, habitante de ce quartier se réjouit de l’existence de ces petites usines de fabrication de savon car, selon elle,  le savon joue un rôle fondamental dans notre vie quotidienne. Tout le monde l’utilise que ce soient les riches, les pauvres, les hommes, les femmes, les vieux et les jeunes…. Actuellement, elle achète le savon en gros. Avec un 1 kg de savon, elle peut tenir pendant tout un mois en faisant la lessive et la vaisselle.

Maman Hafsa, une jeune maman venue acheter du savon se dit ravie qu’il y ait des entrepreneurs africains ayant l’esprit novateur de création des entreprises. « Malheureusement, le prix du savon est resté inchangé malgré la prolifération de ces unités de transformation. Le mieux  serait de faire chuter le prix ».

Ndingiti, un domestique travaillant dans le quartier Kinanira de la zone Musaga abonde dans le même sens. « Le savon est un besoin de tous les jours. Alors, puisque certains entrepreneurs se sont mis à les fabriquer, cela serait bénéfique s’il coûtait moins cher ».

A propos de l'auteur

Chanelle Irabaruta.

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