Portrait

Une fierté qui vaut plus que de l’or

Depuis 2016 Rubin Tuyisenge, 19 ans, s’est donné corps et âme pour le bien-être des sourds. Une noble cause qu’il n’hésite pas à poursuivre même dans les conditions les plus incommodes. Financièrement, il ne gagne rien de cette bonne action. Selon lui, la fierté de servir cette catégorie de personnes « oubliées » lui vaut plus que de l’argent   

Il s’appelle Rubin Tuyisenge. Il est né en 2002 dans la zone Gatumba en commune Mutimbuzi de la province de Bujumbura. Il n’avait que 14 ans lorsqu’ il a commencé à s’intéresser à la vie des sourds de son établissement scolaire. C’est ainsi qu’il a commencé à apprendre le langage des signes. Un sujet qui intéressait peu de personnes, encore moins les jeunes de son âge.

La genèse de sa vocation d’interpréter les sourds se situe en 2016 lorsqu’il étudiait en 6ème année à l’ECOFO Mirango II communément appelée kubafaransa. Il regardait les sourds communiquer avec leurs signes et cela l’a fort intéressé. C’est comme ça qu’il leur a demandé de lui apprendre ce langage aussi. « Je prenais note de chaque signe, jusqu’à ce que je les maîtrise parfaitement », fait-il savoir. Ces sourds sont devenus ses meilleurs amis.

Rubin Tuyisenge, interprète : « La fierté de servir cette catégorie de personnes « oubliées » (les sourds) me vaut plus que de l’argent ».

Une vocation qui valait la peine

Il y avait 8 sourds dans cet établissement lorsque Tuyisenge était en 6ème année primaire. L’effectif des sourds qui fréquentaient cette école diminuait du jour au lendemain. Arrivé en 7ème année il ne restait que 4 sourds seulement qui fréquentaient les différentes classes de cet établissement. Ce jeune garçon a commencé alors à se donner la peine d’expliquer à chacun de ces sourds les leçons qu’il n’a pas assimilées. «A cause de cela, je n’avais plus suffisamment de temps pour réviser mes leçons et j’ai échoué en 8ème année. J’ai envisagé de changer d’établissement. Ce qui n’a pas marché et j’ai abandonné les études», regrette-t-il. Il a appris avec beaucoup d’amertume qu’après lui, même l’unique sourd, le plus brillant qui était en 9ème année a abandonné l’école parce qu’il n’avait plus personne pour interpréter son langage. Depuis lors, il passait tout son temps à aider les sourds de son entourage en les accompagnant que ce soit à l’hôpital ou dans d’autres lieux où ils pouvaient avoir besoin d’un interprète. Il servait également de pont entre les sourds et leurs familles pour résoudre des différends dûs au problème de communication.

Au mois de Janvier dernier, Tuyisenge a pris connaissance d’un sourd qui avait un groupe de sourds qu’il encadrait et qui voulaient apprendre le métier de couture à Rumonge. C’est ainsi qu’il lui a demandé de leur apprendre le langage des signes. «Les sourds de Rumonge ne connaissaient que le langage couramment utilisé dans la société. Ils devraient apprendre le langage des signes utilisé professionnellement», explique-t-il. Puisqu’il s’agissait d’un centre nouvellement créé, il était averti qu’il ne recevra aucune rémunération au début. Mais cela ne l’a pas découragée dans sa vocation d’aider les sourds.

La charité vaut plus que l’argent

Tuyisenge nous a fait savoir que la grande fierté qu’il a aujourd’hui est de savoir que même s’il n’est pas payé pour cette bonne action, au moins il est utile à cette catégorie de personnes « oubliées » de la société. Aujourd’hui, il a un groupe de jeunes auxquels il enseigne le langage des signes pour que s’il arrive qu’il change de milieu, ces sourds ne restent pas sans interprète. «Même si je travaille dans des conditions difficiles, je ne regrette rien. Ce que je fais ne me fatigue pas. C’est cela l’avantage de faire ce qu’on aime», confirme-t-il. Il appelle les autres jeunes à apprendre le langage des signes pour aider les sourds à s’épanouir dans la société. Aux responsables des écoles à formation inclusive, il leur demande d’adapter leurs méthodes d’apprentissage aux besoins des élèves sourds.

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A propos de l'auteur

Florence Inyabuntu.

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