La liberté économique, la protection des droits de propriété, l’état de droit et la rapide certification des produits commerciaux sont autant de facteurs qui permettent l’épanouissement du monde des affaires pour sortir de la pauvreté. Aimable Manirakiza, directeur exécutif du « Centre for Development and Entreprises Great Lakes (CDE) » suggère qu’il y ait simplification des procédures administratives pour multiplier les chances d’ouverture commerciales
« Nous savons au niveau du CDE que la solution à la pauvreté c’est la liberté pour chaque personne de gérer sa propre entreprise peu importe sa taille pour que ladite entreprise puisse travailler avec pour objectif de réduire la pauvreté », a indiqué Aimable Manirakiza, directeur exécutif du CDE. Selon lui, la réglementation est l’une des difficultés auxquelles le secteur privé fait face. La loi exige plus que les entreprises ne disposent pour répondre aux exigences commerciales. Il illustre cela par la lenteur qu’accuse le Bureau Burundais de Normalisation et contrôle de la qualité dans la certification des produits et la fixation des prix appliqué à ce service. Cette exigence étant une condition sine qua none dans l’exercice commercial, les demandeurs de services se retrouvent bloqués alors qu’ils sont des acteurs clés dans le développement.

Le prix appliqué à la certification est jugé exorbitant par M.Manirakiza. il se justifie en se basant sur les études de Doing Business qui, explique-t-il, montre que le revenu d’un Burundais est de 0.8 USD par jour, donc presque 280 USD par an. Il affirme que les frais exigés par le BBN vont même jusqu’à 550 mille FBu, une somme évaluée à peu près à 200 USD. Ces barrières réglementaires limitent la prolifération des entreprises. Ce qui est une plus-value pour les consommateurs dans le libre choix de bons produits moins chers. Dans ce cas, les opérateurs économiques entrent en compétition pour attirer leur clientèle et les consommateurs y trouvent un léger mieux.
Les équipements techniques et les ressources humaines font défaut
L’avancement du dossier de certification au BBN est soumis aux contraintes techniques et aux ressources humaines insuffisantes. Jean Claude Ndereyimana, responsable de la division Documentation et Information sur les normes chez BBN explique que les bénéficiaires doivent être enregistrés dans les institutions requises avant de demander une lettre de certification. Ainsi, on fait des analyses microbiologiques et physico-chimiques pour se rassurer que les exigences inclusives de la norme ont été bien respectées pour que le produit soit de bonne qualité.
Néanmoins, M.Ndereyimana explique que des fois la certification n’est pas automatique parce qu’on n’a pas une règlementation burundaise en vigueur pour que le produit soit de bonne qualité en terme de marché local. Dans cette circonstance, on fait recours à des normes de la sous-région ou à des normes internationales selon la destination commerciale du produit en question. « Il y a des produits d’innovation qui n’ont pas de référentiels de réglementation reconnus au niveau du Burundi. Il faut donc faire recours aux institutions habiletées BBN inclus, pour que vous puissiez mettre en place votre produit avec des arguments scientifiques pour mettre en place cette réglementation normative », déplore-t-il. Il recommande aux industriels de collecter les idées qui sont scientifiquement vérifiables pour décider que le produit est de bonne qualité.
Lenteur dans le traitement des dossiers
En terme réglementaire, il faut patienter pour que l’interprétation des résultats soit effective. Il évoque également des analyses selon lesquelles le BBN ne dispose pas d’équipements de pointes pour tester tous les paramètres exigés. De surcroît, le BBN fait recours aux autres laboratoires de Bujumbura pour une sous-traitance. Les tarifs sont disponibles au service technique du BBN. Les normes sont vendues en termes de pages. Une norme d’une page A3 est payée 11344 FBu. Si la norme est plus volumineuse, le prix en est aussi conséquent.
Le manque de moyens de locomotion dans la récolte des échantillons des unités de transformation pour l’équipe de techniciens du BBN est aussi sujet de lenteur dans le traitement des dossiers de certification. A cela s’ajoute l’insuffisance des moyens humains pour répondre favorablement en temps réel aux doléances des demandeurs de service. M.Ndereyimana demande au gouvernement de prendre toutes les mesures pour doter cette institution de moyens matériels, humains et financiers pour que le BBN puisse répondre à toute demande en terme de réglementation de qualité.
Toutefois, il informe que le BBN a décroché quelques financements en provenance du COMESA pour disposer des équipements qui pourront aider à la vérification de la conformité de ces normes en matière de commerce transfrontalier. « En termes de locomotion, il y a une promesse que nous allons disposer de quelques moyens de déplacement. D’ici une année le problème sera résolu », renchérit Ndereyimana.
Ouverture à la liberté des affaires
« Il faut simplifier les procédures administratives. Au Burundi c’est facile d’ouvrir une entreprise, mais toutes les autres procédures relatives aux impôts, à l’énergie, enregistrement de la propriété c’est compliqué. Cela va faire que les entreprises constatent que le climat des affaires n’est pas génial », déclare Dr. Patrick Mardini, président de Lebanese Institute for Market Studies (Liban). Selon lui, il n’y a pas de protection du droit de propriété, de l’Etat de droit qui est renforcé au Burundi. Il suggère d’améliorer le climat des affaires et d’arrêter les restrictions commerciales. Tout ce qui est commerce avec la région des Grands Lacs doit être exonéré. Si on ouvre le pays au commerce international sans aucune restriction, poursuit-il, un opérateur économique burundais peut acheter du riz moins cher du Pakistan ou de l’Inde. « Pourquoi je vais mettre des tarifs de douane sur ce riz et obliger la population à l’acheter à un prix très élevé alors que la population est pauvre ? », s’interroge-t-il.
Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.