La fermeture des frontières, la surpluviométrie, la peur de la pandémie de Coronavirus, la surtaxation et la cherté du transport des marchandises sont entre autres les raisons qui expliquent la flambée des prix de certaines denrées alimentaires sur le marché
Lundi 13 avril, il est 12h au marché Bujumbura City Market (BMC) communément appelé « Chez Sion », situé dans la commune Ntahangwa. Le constat est que les prix de plusieurs denrées alimentaires sont en hausse. Par exemple un kilo de riz dit « umupakistani » qui, il y a quelque mois, était à 2000FBu, se vend aujourd’hui à 2500FBu, celui appelé « umurundi » se vend à 2000FBu alors qu’il était à 1600Fbu auparavant, « umutanzaniya » quant à lui, se vend à 3000FBu. Pour le cas des haricots, c’est pareil. «Kinure» est à 2000Fbu alors qu’il était à 1800FBu il y’a peu, « Kirundo » se vend à 1700FBu et celui dénommé « Jaune » est à 3000FBu. La pomme de terre appelée « Mauve » se vend à 900FBu, « Ruhengeri » à 1200FBu et « Kijumbu » à 850FBu.

« Les taxes ne sont pas les seules dépenses qu’il fait pour acheminer sa marchandise à bon port », fait savoir un commerçant au marché Bujumbura City Market
Selon les commerçants rencontrés à ce marché, cette flambée des prix s’explique par plusieurs facteurs. « Les grossistes qui s’approvisionnent à Kayanza nous disent qu’ils paient beaucoup de taxes pour pouvoir acheminer les marchandises à Bujumbura », indique Jean Bukuru, vendeur de pommes de terre. Selon lui, même le coût du transport de ces marchandises est trop élevé. « Les prix changent constamment, car ils dépendent du coût du transport et des taxes. On n’y peut rien. On est obligé de s’approvisionner à un prix élevé ».
« Les taxes ne sont pas les seules dépenses »
Quant à Mme Fabiola, vendeuse de riz à ce même marché, elle explique cette flambée des prix par la surpluviométrie qui s’est observée ces derniers temps. Il y a eu une pluie abondante qui a abîmé les champs et les cultures. « La récolte n’a pas été bonne. C’est pourquoi sur le marché, les marchandises très sont chères. Si la récolte n’est pas suffisante, on s’approvisionne à un prix élevé. Alors, comment peut-on s’y prendre pour satisfaire toute la demande puisque dans les villes on ne cultive pas » ?
Au marché de Musaga situé au sud de la capitale économique Bujumbura, Bède Nahayo, grossiste de pommes de terre fait savoir qu’à la surtaxation il faut ajouter d’autres frais. Et, depuis Mwaro où il s’approvisionne, il est obligé de payer plus de 5000 FBu par tonne. Ensuite, il paie les frais de transport pour arriver à Musaga après avoir exhibé les tickets de paiement reçus à Mwaro. « Les taxes ne sont pas les seules dépenses qu’il fait pour acheminer sa marchandise à bon port ».
Nahayo soutient que s’il pouvait payer une fois pour toutes à Mwaro où il s’approvisionne, cela l’arrangerait beaucoup. « La taxe et les autres frais pèsent à la fois sur le producteur et l’acheteur, car je les répercute sur le prix du kg de pommes de terre». Le chargement et le déchargement par tonne coûtent aussi chers. Les sacs dans lesquels il emballe ses pommes de terre sont d’autres postes de dépense. Ils lui coûtent entre 600 et 700 FBu la pièce.
Les commerçants ne savent plus à quel saint se vouer
Muvunyi qui s’approvisionne chez Bède ajoute, un sourire moqueur aux lèvres. A cela, pour nous les détaillants, il faut ajouter le loyer pour nos stands qui coûte aussi cher. Par exemple pour ma part, je m’approvisionne à 800 FBu par kg chez un grossiste de la pomme de terre nommée Kijumbu et je les revends à 850 FBu par kg. Comment parviendrai-je à payer mon loyer avec une marge bénéficiaire de 50FBu par kg » ?
Pour ce commerçant, la mesure de fermer les frontières pour éviter la propagation du Covid-19 n’a pas arrangé la situation. « Quand il n’y a pas une fluidité de la circulation des marchandises, il faut s’attendre à une hausse des prix ». En plus de cela, insiste-il, les gens ont eu peur des conséquences de cette décision et se sont tous précipités pour faire des stocks croyant que le gouvernement allait décréter le confinement.
Signalons que le ministre de l’Agriculture s’est réjoui de la stabilité alimentaire qui s’observe à travers tout le pays. Cette dernière est due à l’augmentation de la production agricole qui s’est observée au cours des deux dernières années. A titre illustratif, la production de la pomme de terre est passée de 55.686 tonnes en 2015 à 134.340 tonnes en 2020, du riz de 55.952 tonnes en 2015 à plus de 300.000 tonnes en 2020, du haricot de 90.218 tonnes en 2015 à 146.903 en 2020.
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