Tourisme

Hôtellerie et Tourisme, un secteur en berne

L’aménagement des sites touristiques, l’octroi du visa, sont certains de défis à relever pour tirer profit de ce secteur. Le marketing de l’image du pays, l’appropriation politique de la stratégie nationale de développement du tourisme et son opérationnalisation à travers une véritable culture de résultats en fera un véritable outil de croissance économique

« L’aménagement des sites touristiques est très important parce qu’il permet aux touristes de se mettre à l’aise lors de leur mouvement, de se retrouver dans un espace sain et attractif » a indiqué Edouard Bagumako, vice-président de la chambre sectorielle de l’Hôtellerie et Tourisme du Burundi. Il a expliqué que certains sites sont purement vierges et les pistes d’accès sont mal entretenues. Le problème évoqué c’est l’insuffisance des moyens. Toutefois, tous les sites ne doivent pas être aménagés. « Les sites sont parfois naturels, historiques et ne demandent pas d’aménagement. L’aménagement suppose des services connexes, ce n’est pas nécessairement modifier l’attraction », a t-il souligné. A cela, il fait allusion aux témoignages de certains touristes qui apprécient la beauté du Lac Tanganyika et du Lac aux oiseaux et ajoute que leur aménagement serait secondaire.

Edouard Bagumako, vice-président de la chambre sectorielle de l’Hôtellerie et Tourisme du Burundi HTB : « L’aménagement des sites touristiques est très important parce qu’il permet aux touristes de se retrouver dans un espace sain et attractif ».

En 2014,  la chambre sectorielle de l’Hôtellerie et du Tourisme du Burundi (HTB) et le gouvernement avaient signé un contrat de partenariat avec TradeMark East Africa (TMA) pour le financement de l’aménagement de certains sites touristiques  à savoir le monument Pierre Livingston et Stanley, le parc de la Kibira et le sanctuaire des tambourinaires de Gishora. A ce sujet, M. Bagumako explique que cela n’a pas été effective suite au gère de financement par l’Union Européenne partenaire du TMA en 2015. Toutefois il informe que le Burundi a une stratégie nationale de développement  durable du tourisme  qui décrit de façon détaillée les travaux à faire dont l’aménagement des sites. Il inclut aussi les activités de développement du tourisme au niveau du marketing.

Visa touristique unique

Seul trois pays de l’EAC utilisent le visa touristique unique. Bagumako informe qu’il s’agit du Kenya, du Rwanda et de l’Ouganda. Selon lui, il y a déjà une loi sur le visa touristique. Mais le visa touristique unique est une étape qui n’est pas encore été accompli. Pour y arriver, il faut une interconnexion de façon qu’un touriste qui entre au Burundi soit automatiquement enregistré dans les autres pays de l’EAC mais qu’il existe un problème technique. L’autre handicap évoqué  c’est le manque des infrastructures électroniques au niveau des frontières et le processus de négociation du visa. Il estime que  cela serait dû au manque de financement puisque ces équipements sont déjà installés uniquement à Kobero et Gasenyi. « Le programme est en cours puisque nous avons la loi sur  le visa touristique qui a réduit le coût de 90 USD à 50 USD ». Ce qui explique que si c’est un touriste il paie 50 USD  mais qu’un autre visiteur paie  90 USD.

Classification des hôtels

M.Bagumako informe que la classification des hôtels se heurte à un problème de moyens. «  Au Burundi, la classification répond aux critères de l’EAC. Il y a eu quatre formations des formateurs. Après on a formé les évaluateurs accesseurs qui devraient passer à chaque hôtel pour donner des points puis déposer les résultats à une commission pour analyser les propositions ». Néanmoins, il a informé que cette commission est inscrite dans le  décret loi portant réglementation du secteur de l’hôtellerie et du tourisme mais ne fonctionne pas. Cela est confirmé par Léonidas Habonimana, directeur général de l’Office National du Tourisme. « L’ONT a déjà préparé tout un programme de classification des hôtels et cette classification va coûter autour de 160 millions et différents assesseurs ont été formé pour procéder à cette classification et pourrait être fait avant la fin de cette année », rassure t-il. M.Habonimana invite les Burundais à changer de langage, les gens ne viendront pas. Selon lui, les infrastructures est une chose mais tant que l’image de la destination n’est pas amélioré on n’aura pas de gens.

Le tourisme pourtant porteur de croissance économique

A travers les publications de l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE), Faustin Ndikumana président du PARCEM indique que le tourisme est un secteur qui est entrain d’engranger beaucoup de devises. Il donne plus de 300 millions d’emploi dans le monde avec plus de 7 milliards de bénéfice pour un pays qui veut accumuler des réserves de change, des devises  et la création d’emploi pour la jeunesse. Il donne l’exemple du Botswana qui vient de tripler ses recettes touristiques quittant 300 millions USD à 1 milliard USD.

« Dans le CSLP II on avait choisi le tourisme comme un secteur porteur de croissance économique. Mais, aujourd’hui, le bilan est déplorable par rapport au bilan des autres aux pays de l’EAC. Si on analyse la part du marché qui revient à chaque pays, il dépasse 20% alors qu’au Burundi nous sommes à 2% », regrette t-il.

M.Ndikumana informe que la croissance annuelle du nombre de touristes est inférieure  à 10% alors que les autres pays de l’EAC sont à plus de 80%. Le Burundi n’arrive pas à engranger 5 millions USD. Les autres pays sont à plus de 300 millions USD. Le Rwanda collecte 350 millions USD et Ouganda 800 millions USD. Il explique que les 350 millions engrangés par le Rwanda est l’équivalent du montant d’aide public au développement que le Burundi bénéficiait au moment du CSLP I et II. « Le montant d’aide pour un autre pays c’est la recette d’un seule secteur », déplore le président du PARCEM.

Solution proposées

Après avoir exploré tous les stratégies et orientations en références aux autres pays qui ont développé ce secteur, la PARCEM constate que les solutions passeraient d’abord à travers 6 axes parmi lesquelles surmonter la mauvaise image internationale du Burundi. Ce qui est l’une des faiblesses qui ont été retenues dans la stratégie de développement du tourisme au Burundi. Elle propose la mise en place d’un cursus de formation académique pour doter ce secteur de ressources humaines compétentes. En attendant, il faut mobiliser les cadres compétents même de l’extérieur qui viennent pour pallier à ce déficit. M.Ndikumana ajoute que pour doper la croissance du secteur touristique, il faut mobiliser les moyens dans le cadre du partenariat public privé interne et l’externe.

Le Burundi compte abriter le 20e Sommet régional des Chefs d’Etats et des Gouvernements du COMESA en juin 2018 au cours duquel le Burundi accédera à la Présidence de cette organisation pour une période d’une année.

                                                                         

A propos de l'auteur

Bonith Bigirindavyi.

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