110 personnes ont été formées sur les critères de classification des établissements hôteliers et touristiques selon les normes de la Communauté Est Africaine lorsque 114 ont suivi une formation sur l’accueil de qualité dans ces institutions. C’était dans les provinces de Ngozi, de Gitega et de Bujumbura. Les bénéficiaires s’en réjouissent et précisent que c’est la toute première fois qu’ils entendent que ces normes existent dans la construction des hôtels.
Des sessions de sensibilisation et de vulgarisation sur les critères de classification des établissements hôteliers et touristiques selon les normes de l’EAC ont été organisées par la chambre sectorielle «Hôtellerie et Tourisme du Burundi» (HTB) à l’endroit des opérateurs économiques du secteur du tourisme et des institutions publiques partenaires à Gitega , Ngozi et Bujumbura, indique Marie Josée Inès Mpundu, directrice de l’HTB.
Une opportunité pour apprendre les normes applicables dans le secteur de l’hôtellerie et du tourisme

Le Panoramique Hotel
C’était une occasion en or d’apprendre l’application des normes et standards inhérentes au métier de l’hôtellerie et de la restauration dans les pays de l’EAC. Selon Mme Mpundu, ces sessions marquent un pas grandiose dans le processus de sensibilisation, de pré-classification et de classification des hôtels, car cela leur a permis de comprendre la nécessité de procéder à l’amélioration de leurs services, mais aussi de leurs infrastructures. Ces initiatives ont été réalisées dans l’optique de promouvoir le secteur de l’hôtellerie et du tourisme à travers la formation et la mise à niveau du personnel des entreprises touristiques.
De surcroît, c’est pour mettre à la disposition de ces entreprises et à ses partenaires des services d’assistance technique. Des sessions de formation sur les techniques d’accueil qui leur permettent de rehausser la qualité des services offerts ont été également organisées dans les différents centres de formation judicieusement choisis. Elle remercie vivement les participants pour le temps qu’ils ont consacré à ces sessions et les invite à contribuer, au retour dans leurs établissements respectifs, à l’amélioration des performances du secteur de l’hôtellerie et du tourisme. Selon toujours elle, la compétitivité de l’HTB est tributaire des efforts conjugués par toutes les parties prenantes.
Du nouveau pour les propriétaires des hôtels

Isaac Budabuda, propriétaire de Martha hôtel : « Au regard des critères exigés pour classer les hôtels par étoiles, rares seront les hôtels qui vont avoir 5 étoiles »
Isaac Budabuda, participant et propriétaire de «Martha hôtel »se réjouit des connaissances acquises lors de la session qui a eu lieu à cet hôtel. Et de reconnaître les points faibles des hôtels de villégiature à partir de la façon dont ils sont construits jusqu’à leur équipement malgré pas mal d’autres forces qu’ils recèlent. Cela lui permettra d’améliorer leurs performances, leurs équipements, la situation sanitaire… Et Budabuda de se lamenter que c’est la toute première fois qu’il entend qu’il existe des normes à suivre pour investir dans le secteur de l’hôtellerie et du tourisme. C’est le même cas pour les autres opérateurs économiques. C’est dommage, car s’ils en étaient déjà au courant, ils auraient certainement investi dans ce secteur. Il invite ceux qui vont investir dans ce secteur à se baser sur ces normes pour ne pas tomber dans le même piège que ces derniers. Il les informe que les clients iront là où les hôtels sont déjà classés. Même si la classification de tous les hôtels est prévue pour la fin de l’année 2018, Budabuda en doute encore, car le pays dispose de plus de 500 hôtels qui doivent être contrôlés. Il projette la mise en exécution de cette activité à la fin de l’année 2019.
Néanmoins, il s’inquiète du fait que les propriétaires des hôtels n’ont pas participé massivement dans les séances de sensibilisation et de vulgarisation sur les critères de classification des établissements hôteliers et touristiques selon les normes de l’EAC. Il précise qu’ils ne sont pas motivés du fait qu’ils travaillent actuellement à perte.
Ils ont mandaté d’autres pour les représenter. «Les hôtels que nous avons construits sont destinés aux touristes, aux hommes d’affaires de haut niveau…», fait remarquer Budabuda. Avec la situation économique du pays qui n’est pas bonne, qui va payer 120 dollars pour les chambres standards, 400 dollars pour les suites juniors et 800 dollars pour les suites présidentielles à Martha hôtel ? Lorsqu’il y a peu de visiteurs, il y a aussi peu de clients dans les hôtels.
Créer une ambiance pour booster la mobilité des visiteurs dans le pays

Hotel Tulip
Il demande au gouvernement de créer beaucoup plus d’ambiance pour les visiteurs et de booster la mobilité des clients dans le pays. De plus, les longues procédures pour bénéficier du visa amplifient la situation. Pour avoir actuellement le visa touristique, c’est de la mer à boire. Nous remarquons qu’il y a des clients qui se désistent après avoir fait des réservations en bonne et due forme suite au manque de visa. La plupart des clients croient qu’avec l’EAC, s’ils sont dans l’un des pays de cette communauté, ils pourront aller facilement dans un autre pays comme le Rwanda, la Tanzanie, le Burundi… A titre d’exemple, il fait savoir que dernièrement il était à la frontière de Gasenyi passant par la province de Kirundo. A cet endroit, il y avait 9 clients dont 5 qui ne disposaient pas de visa pour le Burundi. Ils pensaient qu’avec le visa de l’un des pays de l’EAC, ils pouvaient sillonner tous les autres pays qui constituent cette communauté. Malheureusement, ils ont été bloqués.
Rares seront les hôtels 5 étoiles
Au regard des critères exigés pour classer les hôtels par ordre d’étoiles, Budabuda note qu’au Burundi rares seront les hôtels qui vont avoir 5 étoiles. Peut-être 4 étoiles, mais après avoir corrigé beaucoup de choses. Il ajoute que la plupart des hôtels sont même inclassables. Selon lui, la classification est stricte. Avoir le nombre de points exigés n’est pas chose facile. On vérifie tout.
Le flou dans la fixation des prix est réduit

Star hotel
Au niveau de la fixation des prix, le flou sera résolu. Une fois qu’un hôtel est classé, on a plus ou moins les mêmes prix au niveau international. Quelqu’un qui vient des Etats Unis connait le minimum sur les prix des hôtels avec différentes étoiles. Les prix sont presque identiques. Seulement on négocie à la baisse. Mais c’est à ce prix qu’on se réfère. Un hôtel 5 étoiles à Kigali charge aux clients 350 dollars la nuit. Si un japonais vient à Martha Hôtel et qu’on lui charge le même montant alors qu’il n’a pas 5 étoiles, il va le considérer comme un fou.
Les bénéficiaires s’en réjouissent
N’eût été cet atelier, je n’allais pas connaître les points correspondant aux critères de classification : une étoile, deux étoiles, trois étoiles, quatre étoiles et cinq étoiles. Tenant compte des différents degrés de développement des Etats partenaires de l’EAC et de leurs installations touristiques respectives, les critères standards de l’EAC offrent diverses possibilités aux investisseurs qui bénéficient ainsi d’une certaine marge de manœuvre, depuis les établissements agréés jusqu’aux Cinq étoiles.
Pour être classé «une étoile» pour les hôtels de villégiature, l’hôtel doit satisfaire 100% des critères essentiels et au minimum 50% des 2155 points correspondants aux critères de classification une étoile, conformément à l’annexe 5. Pour être classé «deux étoiles», l’hôtel doit satisfaire 100% des critères et au minimum 60% des 2450 points correspondant aux critères de classification «deux étoiles», conformément à l’annexe 5. Pour être classé «trois étoiles», l’hôtel doit satisfaire 100% des critères essentiels au minimum 30% des points correspondant à chaque rubrique principale de l’annexe 5 et au minimum 60% des 4175 points correspondants aux critères de classification «trois étoiles».
Pour être classé «quatre étoiles», l’hôtel doit satisfaire 100% des critères essentiels, au minimum 40% des points correspondant à chaque rubrique principale de l’annexe 5 et au minimum 80% des 5015 points correspondant aux critères de classification «quatre étoiles», conformément à l’annexe 5.
Plusieurs conditions sont exigées

hotel amahoro
Le système de classification impose plusieurs conditions essentielles à la satisfaction de la clientèle en matière de prestation de services. Ce système évalue les caractéristiques physiques et matérielles des établissements hôteliers comme l’emplacement, les dimensions des chambres, les accessoires des salles de bains ou la fréquence de changement du linge ainsi que des éléments non tangibles comme le style, l’élégance, le confort, la finition et le luxe. Il s’applique également à la qualité de l’accueil attestée notamment par l’apparence du personnel et son aptitude à la communication. Pour pouvoir exploiter au mieux tous les avantages que le tourisme peut apporter, la région a tout intérêt à privilégier la qualité par rapport à la quantité.
Les indicateurs d’assurance qualité tels que le système de classement par étoiles établi dans les critères définis pour les installations d’hébergement et de restauration constituent un moyen parmi tant d’autres d’inspirer la confiance aux clients potentiels de la région. Et, une reconnaissance internationale de la qualité de notre produit touristique permettrait aux Etas partenaires de la Communauté d’Afrique de l’Est d’affirmer leur position concurrentielle en termes de qualité et pas seulement en termes de prix. Ce n’est qu’ainsi que la communauté pourra développer et maintenir une industrie touristique compétitive.
Signalons que la qualité est un voyage sans fin et que tous les prestataires de services des secteurs de l’hébergement et de la restauration devraient se référer en permanence aux critères standards de l’EAC pour appliquer à leurs produits et services des normes de qualité à la hauteur des attentes des touristes en Afrique de l’Est.
Répartition des hôtels et leurs capacités d’accueil par province au Burundi
Provinces |
Hotels |
Chambres |
Bujumbura Mairie |
146 |
2858 |
Bubanza |
8 |
103 |
Bururi |
17 |
173 |
Cankuzo |
17 |
188 |
Cibitoke |
18 |
172 |
Gitega |
63 |
755 |
Karusi |
13 |
124 |
Kayanza |
19 |
228 |
Kirundo |
17 |
224 |
Makamba |
32 |
370 |
Muramvya |
20 |
207 |
Mwaro |
11 |
111 |
Ngozi |
48 |
675 |
Rutana |
17 |
175 |
Ruyigi |
11 |
120 |
Rumonge |
18 |
231 |
Bujumbura Rural |
7 |
71 |
Muyinga |
26 |
406 |
Total |
508 |
7182 |
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