Agriculture

Insuffisance d’engrais Fomi : Les agriculteurs s’attendent à une insécurité alimentaire criante

Les agriculteurs lancent un cri d’alarme du fait qu’ils perçoivent encore des quantités d’engrais insuffisantes produites par la société Fomi. Si rien n’est fait dans l’immédiat, ils s’attendent à une insécurité alimentaire criante

L’accès aux engrais de la société Fomi est critique.

    

Les agriculteurs alertent du fait que l’insuffisance des engrais produits par la société Fomi demeure un casse-tête. Cela ressort de la synergie  des médias du 20 octobre 2022 organisée par les radios Izere FM, Isanganiro, Bonesha FM et Rema FM en collaboration avec le groupe de presse Iwacu, le Journal Burundi Eco et la plateforme des blogueurs Yaga.  

Dans la province de Cibitoke, ils indiquent qu’ils bénéficient encore de quantités insuffisantes  d’engrais alors qu’ils ont déjà payé la totalité des frais destinés à l’achat de cet engrais.  De plus, ces agriculteurs doutent de la qualité de l’engrais de Fomi. Selon ces derniers, la raison est qu’ils constatent progressivement que le rendement tend à baisser. D’après eux, les engrais produits à  l’étranger dénommés DAP  ont bon rendement par rapport à ceux de Fomi. 

Ceux de la province de Gitega s’inquiètent aussi du fait que la distribution des quantités insuffisantes des engrais produits par la société Fomi persiste.  A titre illustratif,  ils  laissent entendre que seulement 10 agriculteurs par colline ont été servis le jour du reportage. Et, dans cette province, les données produites par la direction provinciale de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage indiquent que les quantités d’engrais déjà distribuées sont estimées à moins de 60%.  

Les agriculteurs qualifient le paiement des engrais de vol

A Makamba, l’accès aux engrais de la société Fomi est aussi critique. Les agriculteurs  font savoir qu’ils paient de l’argent pour  être servis en engrais. Pourtant, ils ne bénéficient pas de l’engrais payé en totalité.  Et le pire est que ceux qui perçoivent ces frais refusent de remettre l’argent à la population, s’inquiètent-ils.   Les agriculteurs ne tournent pas autour du pot en qualifiant cela de vol, car l’argent qu’ils ont payé n’est pas remboursé. Dans cette province, la DPEAE Makamba ne nie pas ces accusations et  fait remarquer que jusqu’à maintenant on a déjà distribué 64% des engrais Imbura, 92% de la dolomie, 16% des engrais Bagara et 35% des engrais Totahaza. 

 A Cankuzo, les agriculteurs vivent le même calvaire pour ce qui est de l’accès aux engrais de Fomi.  «Nous ne percevons pas les quantités  d’engrais  dont nous avons besoin même si nous payons les frais avant», confient-ils.  De plus,   ils précisent qu’ils perdent beaucoup de temps à la recherche des engrais de Fomi, car on a changé le lieu où on déposait ces fertilisants.  Actuellement, tout le monde s’approvisionne au chef-lieu de la province Cankuzo. La DPEAE Cankuzo affirme que les engrais produits par FoMI sont insuffisants par rapport à la demande et informe que cette année cette province a besoin de 1500 tonnes d’engrais contre 350 tonnes l’année dernière. 

D’autres agriculteurs qui se lamentent de la distribution insuffisante des engrais de Fomi sont ceux de la province de Kayanza.  Dans cette localité, la plupart des paysans préfèrent actuellement de semer en comptant seulement sur les fertilisants organiques.

Ces agriculteurs demandent alors à l’Etat d’inverser la tendance dans la production des engrais. Ils se demandent pourquoi on n’autorise pas l’importation des fertilisants minéraux comme auparavant pour compenser le vide créé par la société Fomi. Sinon, ils alertent du fait que le pire est à craindre. Selon ces derniers, l’insécurité alimentaire pourra sévir dans la plupart des ménages si rien n’est fait dans l’immédiat.

Fomi incapable de satisfaire la demande 

Jean Marie Niyongabo de la FOPABu abonde dans le même sens. Il affirme qu’il a été démontré que la société Fomi ne parvient pas à satisfaire la demande des agriculteurs en engrais.  Ce qui  est, selon  lui, à craindre, car le rendement est mauvais s’il n’y a pas de fertilisants en suffisance. Pour cela, il demande à l’Etat de prendre cette question en main pour éviter que l’insécurité alimentaire ne s’aggrave.  Niyongabo ne comprend pas la raison pour laquelle les paysans manquent de fertilisants produits localement. 

Dans une réunion organisée par le premier ministre lundi le 17 octobre 2022, Herménégilde Manyange, directeur général adjoint de la société Fomi  informe les agriculteurs qu’elle s’active pour satisfaire leurs besoins en intrants agricoles.   A titre d’exemple, il signale qu’on a augmenté le personnel et espère que 70% des agriculteurs pourront être servis dans une semaine.  

Clément Ndikumasabo, cadre du ministère en charge de l’agriculture demande aux autres opérateurs économiques d’initier d’autres sociétés de production des fertilisants pour essayer de satisfaire la demande locale et parvenir même à les exporter. 

Notons que malgré cette insuffisance des engrais,  le document d’orientation de la politique environnementale, agricole et d’élevage de 2020 fait savoir que le secteur agricole revêt une grande importance pour l’économie burundaise, car il contribue à hauteur de 39.6 % au PIB, offre 84% d’emplois, fournit 95% de l’offre alimentaire et constitue le principal pourvoyeur de matières premières à l’industrie agricole.  Et ce document  conclut qu’il est possible d’accroître les performances du secteur agricole pour arriver à nourrir toute la population et dégager un surplus de production en combinant tous les éléments nécessaires constituant le paquet technologique.

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A propos de l'auteur

Jean Marie Vianney Niyongabo.

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