Société

Journée de l’enfant africain : Redoubler d’efforts pour que l’enfant puisse jouir de ses droits

Beaucoup d’enfants errent encore dans les rues des centres urbains, d’autres pataugent dans les immondices pour trouver de quoi mettre sous la dent. Dans certaines familles, les enfants volent de leurs propres ailes. Le ministère de la solidarité appelle la communauté et les organisations œuvrant dans le domaine de l’enfance à conjuguer les efforts pour maximiser les droits de l’enfant. Cette journée a été célébrée au Burundi jeudi le 18 juin 2019 au terrain Don Bosco de Buterere

Certains écoliers des quartiers Sororezo et Mugoboka se réveillent très tôt le matin pour aller dans des décharges publiques pour s’approvisionner en restes de charbon de bois avant de se présenter à leurs établissements respectifs. Le même scénario se répète à midi. Alors que les autres écoliers vont déjeuner à la maison, ils se dirigent dans les dépotoirs pour chercher des restes de nourritures et de charbon de bois. Le soir, ils rentrent un sac de matériel scolaire à la main et un sachet ou un sac de ce charbon sur la tête. Ils passent au petit marché pour vendre ce charbon pour ensuite s’acheter de la farine pour la pâte du soir. Arrivé à la maison, chaque membre de la famille apporte ce qu’il a pu gagner tout au long de la journée pour couvrir le repas du soir. Pour eux, avoir à manger au moins le soir c’est une chance. 

Les enfants regroupés au sein de United for Children Burundi bw’uyu Munsi (UCBM) de Buterere se réjouissent de connaître leurs droits.

Un écolier en tenue Kaki rencontré au terrain Don Bosco de Buterere, a indiqué que rarement elle mange à midi. Avoir quoi mettre sous la dent coûte les yeux de la tête. Son uniforme est déchiré. Elle avoue que souvent un stylo lui fait défaut puisque, déclare-t-elle, tu ne peux pas demander un stylo qui a la même valeur qu’un demi kilo de farine de maïs alors que vous n’avez rien à manger. 

Les enfants regroupés au sein de United for Children Burundi bw’uyu Munsi (UCBM) de Buterere se réjouissent de connaître leurs droits. Il s’agit du droit à la nourriture, à la santé, à la religion, à l’identité, à la liberté d’expression, au respect, à l’éducation, à la vie en famille et à la protection. Ils invitent les parents à aimer les enfants comme leurs progénitures pour le salut de l’humanité.

Un enfant évolue dans sa famille

« Trouver une solution aux difficultés qui assaillent les enfants de la zone Buterere c’est trouver une solution aux enfants de tout le pays », a indiqué Martin Nivyabandi, Ministre des Droits de la Personne Humaine, des Affaires Sociales et du Genre. Il informe que le gouvernement en collaboration avec les organisations œuvrant dans le domaine de l’enfance ont retiré de la rue plus de 3500 enfants et environ 1400 adultes jusque fin mai. Certains de ces enfants sont scolarisés et obtiennent des résultats satisfaisants. Il interpelle les partenaires intervenant dans le domaine de l’enfance à se lever comme un seul homme pour appuyer ce programme. « Un enfant dans la rue est comme une épine plantée dans le pied », a-t-il souligné. Il a rappelé que le nouveau code pénal réprime la mendicité.  Il a fait un clin d’œil à celui qui sera attrapé en flagrant délit d’utilisation des enfants dans la mendicité qu’il sera puni. 

Selon lui, aider les enfants en situation de rue ne signifie pas leur donner de l’argent, mais plutôt les orienter vers les centres d’accueil des organisations humanitaires avant de procéder à leur réintégration dans leurs familles respectives. Il fustige les parents dont les enfants ont des chiques, des cheveux crépus, des enfants sans hygiène corporel ou vestimentaire, des enfants non scolarisés et non vaccinés. Il a invité les comités communautaires à suivre de près la situation des enfants dans leurs contrées respectives pour informer l’administration chaque fois que de besoin. Cela s’inscrit dans le programme de soutien des enfants initié par le gouvernement depuis novembre 2017. Il concerne le suivi du respect des droits de l’enfant, a-t-il souligné. 

Jeremy HOPKINS, représentant de l’Unicef au Burundi reconnait que la campagne sur l’inscription des enfants non enregistrés à l’Etat Civil a été un succès parce que, souligne-t-il, autour de 10 mille d’enfants ont pu avoir leur extrait d’acte de naissance et peuvent accéder à différents services, notamment la santé et l’éducation. L’Unicef remercie la collaboration entre le gouvernement et ses partenaires et réitère son engagement à poursuivre son programme au courant de cette année 2019 pour toucher plus d’enfants, y compris ceux qui sont touchés par des situations humanitaires dont les retournés et les déplacés. 

Génèse de la journée de l’enfant Africain

La journée de l’enfant africain est organisée chaque année depuis le 16 juin 1991 par l’Organisation de l’unité africaine, en souvenir du massacre de centaines d’enfants lors d’une marche pour leurs droits à Soweto (Afrique du Sud) par le pouvoir de l’apartheid le 16 juin 1976. Les émeutiers de Soweto ont effectué une série de manifestations qui ont commencé le matin du 16 juin 1976 et ont été menées par des élèves noirs de l’enseignement public secondaire en Afrique du Sud soutenus par le mouvement de la Conscience noire. Le but de ces manifestations était de protester dans les rues de Soweto contre l’introduction de l’Afrikaans comme langue officielle d’enseignement à égalité avec l’Anglais dans les écoles locales. Pour disperser la foule, la police tira à balles réelles, causant au moins 23 morts. On estime que 20 000 élèves ont participé à ces manifestations et entre 176 et 700 personnes ont été tuées lors de la répression menée par les forces de police. Le 16 juin est devenu depuis 1994 un jour férié.

A propos de l'auteur

Bonith Bigirindavyi.

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