Les cérémonies marquant la Journée du contribuable ont été organisées mardi le 6 décembre 2022 par l’Office Burundais de Recettes (OBR). A cette occasion, il a été révélé que les recettes ont évolué d’année en année, mais les importations sont largement supérieures aux exportations ; d’où la rareté des devises. Cela parce que les industries burundaises ne produisent pas suffisamment pour booster les exportations

Le Président de la République n’est pas satisfait par les produits exposés dans la foire exposition.
Depuis la création de l’OBR en 2009, les recettes ont évolué d’année en année. Elles sont passées de 362,7 milliards de FBu en 2010 à 1240 milliards de FBu pendant la période de 2021-2022. Récemment, entre juillet et septembre 2022, l’OBR a collecté les recettes d’une valeur de 383,3 milliards de FBu alors qu’en 2021 à cette même période il a collecté 329,7 milliards de FBu. En octobre 2022, l’OBR a collecté 130 milliards de FBu alors que sur la même période en 2021, il a collecté des recettes d’une valeur de 108 milliards de FBu. En cette année 2022, l’OBR prévoit collecter des recettes estimées à 1800 milliards de FBu. Cela grâce aux initiatives mises en place par le gouvernement du Burundi en donnant tout le nécessaire à l’OBR pour que les agents de cette institution puissent travailler d’arrache-pied. Cela a été annoncé par le commissaire général de l’OBR Jean Claude Manirakiza mardi le 6 décembre 2022 dans les cérémonies marquant la célébration la 7ème édition de la Journée du contribuable qui ont eu lieu à Bujumbura sur le boulevard de l’Indépendance.
Malgré ces avancées M. Manirakiza affirme qu’il y a encore beaucoup à faire pour augmenter la production, source des recettes. Les chiffres montrent que les importations sont largement supérieures aux exportations ; d’où une balance commerciale déficitaire. A titre d’illustration, entre juillet et septembre 2022, la valeur des importations a été de 580,2 milliards de FBu alors que les exportations sont évaluées à 52 milliards de FBu, c’est-à-dire un déficit de 528,2 milliards de FBu. «C’est pourquoi nous disons qu’il faut des efforts particuliers pour augmenter la production au niveau local. Ainsi, les produits à exporter seront diversifiés», précise M. Manirakiza.
Olivier Suguru, président de la Chambre Fédérale du Commerce et de l’Industrie du Burundi (CFCIB), abonde dans le même sens. Pour lui, les investisseurs et les détenteurs des industries ou des unités de transformation ont un problème lié à l’accès aux devises pour importer les matières premières afin d’augmenter la production. Cela constitue un défi pour les opérateurs économiques burundais parce que leurs entreprises ont du mal à entrer en compétition avec les industries de la sous-région. Cela est comme ça alors que le marché commun est désormais vaste après que la République Démocratique du Congo a intégré l’East African Community (EAC).
Booster les exportations à tout prix
Le ministre des Finances, du Budget et de la Coopération au Développement Economique, Audace Niyonzima estime que les produits fabriqués localement ne sont pas à la hauteur de s’imposer au Burundi comme à l’étranger. C’est pour cette raison que le pays est obligé d’importer presque tous les produits stratégiques, par exemple les matériaux de construction, les vêtements, etc. Pour remédier à cela, il faut booster la production des industries locales.
Même le Président de la République Evariste Ndayishimiye n’est pas satisfait par la production locale. «Sommes-nous vraiment venus faire croire au monde que nous n’avons pas l’intelligence de transformer les richesses que Dieu a données au Burundi ?», s’est demandé le Président de la République au regard des produits exposés dans la foire exposition dédiée à cette Journée, notamment les boissons, les papiers, les objets d’arts, etc.
Pour le Président Ndayishimiye, le Burundi sera développé par le secteur privé. Pour y arriver, il recommande aux institutions habilitées, notamment les ministères en charge du commerce et de la justice de protéger les hommes d’affaires. « Que les investisseurs ne subissent plus d’injustice », indique le chef de l’Etat. Ainsi, même les opérateurs économiques étrangers viendront investir au Burundi quand ils réaliseront que ce dernier est réellement est un Etat de droit.
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