Un jeune artiste a choisi de miser sur le stylo à bille communément appelé BIC pour développer son art. Bien qu’il travaille encore à domicile, il compte élargir les horizons et vivre exclusivement de son art
Il s’appelle Dany Kibamba. Né en 1995, il habite le quartier Gihosha de la commune Ntahagwa. Il est l’avant dernier d’une fratrie de 12 enfants. Il a terminé les études secondaires à l’Ecole Technique Secondaire d’Arts de Gitega (ETSA) en 2017. Ne pouvant pas trouver une école supérieure d’art pour continuer ses études, il a préféré mettre en pratique les techniques qu’il a apprises à l’ETSA pour gagner sa vie.

Dessiner au BIC ou la recherche d’une touche d’originalité
Il aurait pu se contenter de peindre des portraits ou d’exploiter une autre forme d’expression par le dessin comme tant d’autres artistes. Mais c’était maigre pour Kibamba qui voulait doter son œuvre d’une touche d’originalité. Le portrait au BIC est une sorte de cheminement pour l’art de Kibamba. Après sa formation, il a été happé par le réalisme. Et très vite, il a compris qu’il devait appréhender le monde de l’art d’une manière propre à lui. Il a donc abandonné le crayon et les pinceaux pour le BIC à cet effet.
Le BIC pour franchir les limites
Le matériel utilisé peut imposer des limites à un artiste. Dessiner au crayon ne lui permettait pas de transmettre la réalité visuelle telle qu’il le voulait, car les crayons à utiliser coûtaient relativement cher et n’étaient pas toujours disponibles sur le marché local. Il s’est lancé dans le dessin au stylo pour contourner cet obstacle. Lors de ses recherches sur cette technique, il a trouvé que d’autres artistes arrivaient à faire des œuvres d’un réalisme surprenant avec un simple stylo. Kibamba est convaincu qu’il pourrait franchir les limites avec le stylo à force de travailler. Car c’est une consolation pour lui de savoir que même les virtuoses dans ce domaine n’utilisent que le stylo et rien d’autre. Cela donne l’espoir à Kibamba de pouvoir perfectionner son art.

Elargir les horizons
Kibamba rêve de rassembler les artistes pour travailler ensemble. Il sait que seul on va plus vite mais qu’ensemble on va plus loin. Il compte s’imposer dans le monde artistique burundais à force de travail et d’abnégation. Puis, il aimerait mettre sur pied un atelier où lui et d’autres artistes pourraient laisser s’épanouir leur art. Il ne parvient pas encore à vivre uniquement de son art. C’est vrai qu’un portrait fait au stylo sur un papier de format A4 vaut entre 60 et 100 mille FBu. Il lui arrive de faire plus de 3 portraits par mois suivant les commandes. Plusieurs portraits ornent le salon de Kibamba parce que ceux qui les ont commandés ne sont pas venus les récupérer. Le jeune artiste fait gratuitement les portraits des stars qu’il poste sur les réseaux sociaux dans le but de faire connaître son art. Mais en dehors des portraits au BIC, il fait de la peinture aussi. D’ailleurs un de ses tableaux « Attraper une pensée illicite » a été présenté à l’exposition intitulée « L’art qui transforme » organisée dernièrement par « Two Five Seven » à l’Hôtel Panoramique. Pour celui qui serait intéressé, ce tableau n’est pas encore vendu. Il coûte 400 USD.
Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.