L’organisation des grands évènements sportifs exige beaucoup de moyens. La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) ne fait pas exception à la règle. Hormis le fait que les organisations sportives internationales soutiennent financièrement le pays organisateur, les investissements qui sont faits à cette occasion sont bénéfiques à plusieurs égards à l’économie nationale
Le Cameroun qui avait été désigné pour organiser la CAN 2019 avait prévu d’engager plus de 2 milliards d’euros (1500 milliards de francs CFA). A titre de comparatif, cela représente environ un tiers du budget du pays pour 2019 qui s’élève à 7,4 milliards d’euros (4850, 5 milliards de francs CFA). Cela pour dire que l’organisation d’un événement tel que la CAN n’est pas une mince affaire. On apprend que cette enveloppe avait été empruntée auprès des banques internationales, des Etats ou des opérateurs locaux. Ils avaient accepté d’investir parce qu’ils savaient que c’était une affaire juteuse. Ils y ont mis beaucoup d’argent parce qu’ils espéraient un retour sur investissement immédiat. Quand l’organisation de cet événement lui a été retirée à cause du manque d’avancées dans la préparation des infrastructures, cela a été une catastrophe pour ces investisseurs qui ne pouvaient plus récupérer leur mise. Heureusement, pour consoler le pays, la CAF a décidé que le Cameroun organisera la CAN de 2021.
Une vraie aubaine pour les commerçants
L’organisation des événements sportifs est bénéfique pour le pays organisateur. Cela pour plusieurs raisons. Hormis le fait que c’est une occasion de se doter ou agrandir les infrastructures (stades, gares, aéroport, etc.), elle booste significativement les affaires des commerçants. Les hôteliers, les restaurateurs, le tourisme, les agences de voyages etc. profitent directement de l’affluence des gens qui viennent assister à l’événement et qui consomment en masse. En réalité, ils ne font pas qu’assister aux matchs. Ils doivent se nourrir, boire, se déplacer. Ils se promènent aussi pour découvrir le pays. Par exemple, un peu plus de 300.000 personnes se sont rendues en Afrique du Sud en juin-juillet 2010, l’année pendant laquelle ce pays a organisé la Coupe du Monde.

Selon les estimations, ces touristes ont dépensé un peu plus de 323 millions d’Euros, un revenu intéressant pour le pays et une stimulation extérieure exceptionnelle de son économie. Plus largement, les retombées directes du Mondial sud-africain ont été estimées à 1,25 milliards d’Euros.
Du gain pour d’autres secteurs de l’économie
Un grand événement sportif assure de larges retombées économiques aux entreprises participant à sa mise en œuvre ou à sa diffusion. Son organisation implique la rénovation ou la mise en place d’infrastructures, on l’a dit plus haut. Les entreprises des BTP sont donc sollicitées et dégagent ainsi une valeur ajoutée conséquente. Les médias qui retransmettent l’événement bénéficient aussi de gains importants de par les publicités et les annonces. Les recettes fiscales augmentent parallèlement à l’accroissement du chiffre d’affaires des entreprises. C’est en partie pour cela que les dirigeants se battent pour que leurs pays organisent des événements sportifs de portée mondiale ou continentale.
L’événement coûte cher aux pays qui ne disposent pas d’infrastructures
L’organisation de ce genre d’événement coûte cher aux pays qui ne disposent pas d’infrastructures en bon état. Cela parce qu’ils doivent tout construire. Celui qui possède déjà les infrastructures nécessaires n’aura qu’à remettre en état, retaper ou agrandir celles qui existent déjà. A titre d’exemple, la France n’a dépensé que 360 millions d’Euros pour le Mundial de 1998 alors que l’Afrique du Sud a dû débourser 3,28 milliards d’Euros pour celui de 2010. Pour la Coupe du Monde de 2018 il était prévu que la Russie débloque 21 milliards d’Euros, mais on estime qu’en réalité cet événement lui aurait coûté une bagatelle de 36 milliards d’Euros. Quant au Qatar qui organisera celui de 2022, il lui coûtera la vertigineuse somme de 146 milliards d’Euros selon certaines estimations. Ce sont des investissements à long terme que les pays organisateurs font et qui génèrent de l’emploi. Si un pays organise avec brio un événement sportif, on lui confie l’organisation d’autres pour lui permettre de récupérer sa mise. Ainsi, après le Mundial de 2014, le Brésil a organisé les JO de 2016 alors qu’après celui de 2018, la Russie s’est vue attribuer les JO d’hiver de Sotchi.
Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.