Les Burundais vivant à l’étranger peuvent contribuer au développement du pays. De par leurs moyens et leur l’expertise, ils sont à même d’apporter des solutions aux problèmes auxquels fait face la population. La 4ème édition de la semaine dédiée à la diaspora burundaise a été une occasion de rappeler ce que le pays attend d’elle

Le ton a été donné par le Premier Vice-Président de la République du Burundi qui avait rehaussé de sa présence les cérémonies de lancement de la semaine de la diaspora burundaise. « Notre pays a fait de la diaspora burundaise un des acteurs-clés de la mise en œuvre des plans et politiques de développement », a rappelé M. Gaston Sindimwo. Il a insisté sur le fait que l’engagement de la diaspora burundaise dans le développement du pays devrait se traduire par l’appropriation du nouvel instrument de planification stratégique qu’est le Plan National de Développement (PND) qui devrait conduire le Burundi vers l’émergence à l’horizon 2027. A cet effet, le Premier Vice-Président de la République a indiqué que la diaspora burundaise devrait en connaître les grandes articulations et les objectifs pour chaque secteur et comprendre que ceci est un nouveau combat dans lequel il faut s’engager.
La diaspora appelée à jouer un rôle plus important dans le développement
Pour imprégner la diaspora burundaise du PND, une brève présentation en a été faite. M. Jean-Michel Nkengurutse, conseiller à la Direction Générale du Plan au ministère des Finances a appelé la diaspora à contribuer à la mise en œuvre du PND après en avoir rappelé les grands axes. Cette contribution devrait s’articuler sur deux aspects selon M. Nkengurutse. D’abord les Burundais vivant à l’étranger devraient investir directement dans des projets ici au Burundi suivant bien sûr les directives du PND ; bref prêcher par l’exemple. Ensuite, ils devraient inciter d’autres investisseurs à venir travailler au Burundi.
257 millions USD rapatriés entre 2013 et 2018, peu par rapport aux autres pays de l’EAC
Pour ce qui est de l’apport de la diaspora burundaise en ce qui concerne le transfert des fonds au pays, il a été constaté que le Burundi reste en arrière dans la zone de l’EAC. D’après les chiffres fournis par le Directeur de l’API présent à la semaine dédiée à la diaspora burundaise, entre 2013 et 2018 la diaspora de la zone EAC a rapatrié 17 milliards USD. C’est le Kenya qui en a profité le plus avec 10 milliards USD suivi par l’Ouganda avec 6 milliards USD. Le Soudan du Sud et la Tanzanie ont reçu chacun 2 milliards USD tandis que le Rwanda a reçu 1 milliard USD. Le Burundi ferme la marche avec seulement 257 millions USD durant cette même période. Ce chiffre sonne comme une piqûre de rappel à la diaspora burundaise pour mieux organiser la mobilisation et le rapatriement des fonds. Cela est d’autant plus important que le pays a besoin de 20 mille milliards de FBu pour mettre en œuvre le PND.
Come And See Burundi, pionnier?
Come And See Burundi (CSB) est une société de droit burundais créée en 2017 par quelques Burundais de l’extérieur et les Burundi de l’intérieur. Elle a été montée dans le but de mettre en place des projets de développement par le biais du secteur privé. Elle opère dans des secteurs variés tels que le tourisme, l’agri-business, l’énergie, l’immobilier, etc. « Nous avons appris là où nous vivons. C’est dans cette logique que nous nous associons avec d’autres sociétés locales telles que Média Box avec laquelle nous travaillons sur un projet d’une plateforme d’e-commerce pour promouvoir les produits des artistes et des artisans locaux », a déclaré le chargé du commerce et du développement des activités à la CSB, M. Jean-Marie Nduwimana qui vit aux Pays Bas.
« Partager l’expérience acquise avec nos compatriotes restés au pays »
« Nous voulons partager l’expertise et l’expérience que nous avons acquises avec nos compatriotes restés au pays. A titre d’exemple, la CSB est en train de mettre sur pied un projet de grande envergure dans l’immobilier. En partenariat avec le Fonds de Promotion de l’Habitat Urbain (FPHU) nous allons construire des maisons pas seulement pour la diaspora burundaise, mais aussi pour tout Burundais qui sera capable de payer. Nous sommes en discussion avec le ministère des Travaux Publics pour la construction des villas modernes sur le site de Zege (à Gitega). Nous explorons aussi les possibilités d’implanter le même projet à Karera (toujours à Gitega) », a fait savoir M. Nduwimana en marge des cérémonies de lancement de la semaine dédiée à la diaspora burundaise. CSB, un précurseur de ce que doit entreprendre la diaspora burundaise pour contribuer au développement du pays ? Le temps nous le dira.
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