La sosumo fait face à des défis de taille et peut tomber en faillite si rien n’est fait dans l’immédiat. La quantité de sucre qu’elle produit reste insuffisante par rapport à la demande locale. Et cela depuis quelques années. Des impacts négatifs s’observent dans les ménages

La sosumo fait face à des défis de taille et peut tomber en faillite si rien n’est fait dans l’immédiat. Elle a fait recours à l’importation du sucre pour compléter sa production en vue de satisfaire la demande locale, mais en vain.
Sur les 36 000 tonnes de sucre estimées être produites par la Sosumo pour satisfaire les besoins annuels de la population, la quantité produite oscille autour de 20 000 tonnes seulement. Cette quantité reste en deça de la demande locale. Compte tenu du cour de change actuel, elle vend le sucre à perte, surtout le sucre importé. Cela affecte très négativement ses activités et risque de conduire l’entreprise à la faillite si des mesures d’accompagnement ne sont pas prises à temps, lit-on dans le communiqué sanctionnant le conseil des ministres du 7 juin 2023.
Des impacts familiaux ne manquent pas
La Sosumo a fait recours à l’importation du sucre pour compléter sa production en vue de satisfaire la demande locale, mais en vain. Dans différentes localités du pays, le sucre se raréfie sur les grands marchés locaux et même dans les boutiques. Cette pénurie du sucre cause beaucoup de problèmes, surtout dans les ménages qui ont de petits enfants qui doivent aller à l’école après avoir pris le petit déjeuner comme l’indique Hélène Manirakiza, une mère de trois enfants fréquentant l’école fondamentale, résidant dans le quartier Carama.
« Mes enfants de l’école maternelle ne peuvent pas quitter la maison sans avoir bu du thé ou de la bouillie. Ces jours-ci, je suis obligée d’acheter des biscuits et des jus pour eux. Si je n’ai pas d’argent, tout tourne au vinaigre. »
Que faire face à cette situation?
Le ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage Sanctus Niragira qui a présenté ce dossier lors du conseil des ministres du 7 juin 2023 a aussi proposé des mesures d’atténuation de cette situation, entres autres revoir à la hausse le prix de vente d’un kilo de sucre et surseoir à la collecte des taxes payées par la Sosumo.
Les commerçants de ce produit de la Sosumo demandent au gouvernement de résoudre cette question. « Lors de la production des pains et des beignets, nous avons besoin du sucre. Nous demandons au gouvernement de faire tout son possible pour que le sucre soit disponible parce qu’il est utilisé même dans les entreprises de production des boissons, des jus … », a indiqué Michel Ciza, un des commerçants du sucre interviewé.
La hausse des prix du sucre, est-ce une solution ?
Dans sa présentation, le ministre Niragira a indiqué que la structure actuelle du prix du sucre date de mars 2017 et ne permet plus à la Sosumo de couvrir toutes dépenses compte tenu de la conjoncture économique actuelle. Etant donné que la source principale des recettes de l’entreprise provient de la vente du sucre qu’elle produit, toute revue à la hausse des prix dans l’acquisition des intrants agricoles, des équipements et des produits intervenant dans le processus de production du sucre engendre des retombées négatives sur la vie de l’entreprise.
A l’issue de l’analyse de cette note, le conseil des ministres a constaté qu’effectivement la structure du prix mérite d’être revue, mais a recommandé de refaire les calculs en montrant la part du sucre produit localement et le choc produit par le sucre importé pour arriver à la fixation d’une structure de prix raisonnable. En d’autres mots, montrer le coût de production d’un kilo de sucre produit localement et élaborer une étude sur le choc produit par l’ajustement du taux de change à présenter aux partenaires.
Pour rappel, le prix officiel actuel d’un kilo de sucre est fixé à 2 500 FBu.
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