L’éducation des enfants constitue un vrai défi pour les parents à la maison ou les éducateurs dans les écoles ou les garderies d’enfants. Il importe aux enfants une éducation sûre. Dans un long processus où les adultes veillent sur la croissance et la personnalité de l’enfant, la punition est l’un des instruments dont ils se servent pour mener à bien leur mission. Autour de la punition comme instrument de l’éducation, les idées divergent…

La punition peut ruiner l’avenir d’un enfant ou influer négativement sur sa personnalité.
Au Burundi, la punition est un moyen incontournable pour éduquer les enfants. Dans la société burundaise, la punition prend différentes formes. La punition corporelle reste cependant la plus répandue et elle est tolérée par les valeurs et la culture. Parfois, les usages empruntés sont plus violents. Certains parents se montrent plus rigoureux. Des enfants sont blessés et la relation parent-enfant est caractérisée par une peur permanente.
Malgré les avancées observées ces dernières années, les cas de violence contre les enfants persistent. Dans le deuxième semestre de l’année 2020, la commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme a répertorié 50 cas de viol ou de tortures et dénoncé la maltraitance des enfants au niveau des familles.
Des conséquences du châtiment
La punition peut ruiner l’avenir d’un enfant ou influer négativement sur sa personnalité. Dr Catherine Gueguen, spécialisée en pédiatrie et en haptonomie donne quelques explications. Selon cette chercheuse, les violences et les humiliations sont nocives pour le cerveau des enfants et elles dégradent leur estime de soi sans les engager dans un processus d’apprentissage d’un nouveau comportement. Formatrice des professionnels de l’enfance, Gueguen s’inscrit en faux contre la croyance populaire qui met la punition au service de l’éducation. Pour elle, punir est une forme de violence qui induit la peur et le conditionnement. Cette femme affirme que la punition ne responsabilise pas l’enfant (ou l’adolescent). Tout simplement. « Chaque fois qu’on punit un enfant, on l’humilie, on le fait souffrir, et cela entrave le bon fonctionnement de son cerveau », résume-t-elle.
Pour la psychothérapeute Isabelle Filliozat, la punition s’adresse aux symptômes, et non aux causes des problèmes. «Comme le problème ne sera pas résolu, il ne manquera pas de se manifester à nouveau par d’autres comportements déviants, entraînant fatalement une escalade», explique-t-elle. Elle affirme que la punition évite à l’enfant de faire face aux conséquences de ses actes. Ce qui l’éloigne du sentiment de responsabilité. Comme l’enfant « paie » par la punition, il se considère comme exonéré de la faute et ne s’y attarde donc pas davantage.
Les émotions causées par la punition stimulent le circuit de stress et empêchent l’enfant de réfléchir à ce qu’il a fait. La mémoire fonctionne, oui. Mais l’enfant mémorisera le stress, la crainte, la colère et non pas ce qui aura déclenché la punition.
La punition peut être bénéfique
Si dans une certaine mesure, le châtiment corporel est considéré comme une torture et est même interdit par le droit de l’enfant, d’autres punitions doivent être administrées avec précaution pour leur efficacité.
Pour certains chercheurs, la punition peut aider l’enfant à grandir et avoir un effet positif si elle est bien choisie et bien administrée. Pour que la punition soit bien comprise, il faut respecter quelques règles. Il faut surtout se rendre compte que l’enfant reconnait que ce qu’il fait est interdit. Selon les experts de Passport santé, c’est déconseillé d’infliger une punition à un enfant quand c’est la première fois qu’il commet une faute. Il est donc génial de lui dire qu’il a mal fait et de le punir a la prochaine fois s’il récidive. Aussi, ils rappellent que la punition doit être adaptée à l’âge, suivant la gravité de la bêtise commise. Il faut surtout expliquer à l’enfant pourquoi il est puni.
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