Les travaux d’extraction des moellons, du sable et des pierres continuent à menacer les berges de la rivière Ntahangwa. Les riverains de la zone d’extraction située entre la zone Nyakabiga et le quartier Kigobe lancent un cri d’alarme. Ils demandent au gouvernement de suivre de près ceux qui s’adonnent à des activités hostiles à l’environnement

La population riveraine de la rivière Ntahangwa appelle le gouvernement à garder l’œil sur les gens qui extraient les matériaux de construction dans cette rivière.
Nous sommes samedi le 10 juin 2023. Vers 12h 15 min et sous un soleil accablant, nous visitons les berges de la rivière Ntahangwa dans sa partie qui sépare le quartier Kigobe et celui de Nyakabiga dans la municipalité de Bujumbura. Cela dans le but de se rendre compte de l’état des lieux de ses berges. Le parcours commence au niveau du lycée municipal Nyakabiga situé à la jonction de l’avenue Muyinga avec de l’Imprimerie
Cet endroit est calme, car les écoliers et les enseignants sont chez eux. C’est le week-end. Seuls les véhicules décorés pour les événements de mariage circulent. La scène est envoûtante .D’un coup, un autre véhicule d’un particulier apparaît. Il s’agit d’un camion-benne. Il semble avoir effectué beaucoup de tours dans cet endroit. Il avance vers la rivière Ntahangwa.
Motivé par la curiosité, nous approchons pour vérifier s’il y a un chantier d’une maison dans cette zone verte de la rivière Ntahangwa. La destination du camion-benne n’est pas un chantier de construction, mais un lieu d’extraction du sable, du gravier et des pierres utilisés dans la construction des habitations.
« Nous sommes dans les normes »
Une cinquantaine de jeunes hommes travaillent à cet endroit. Mais comme c’est la mi-journée, presque la moitié d’entre eux profitent de l’ombre des arbres pour prendre une sieste. « C’est notre activité quotidienne. De lundi à samedi nous sommes ici .Et chacun travaille pour soi et gagne selon ses efforts», indique un d’entre eux avec son sac de moellons sur ses épaules pour éviter de le porter sur la tête.
De petites montagnes de pierres et du sable jonchent le ravin qui ne cesse pas de s’ agrandir. Cette exposition facilite les clients à choisir les meilleurs produits.
« Nous avons payé 100 000 FBu pour demander la permission à la mairie de Bujumbura », rétorque un des maîtres des activités d’extraction des matériaux de construction dans rivière Ntahangwa sur la question de savoir si la mairie est au courant de ces travaux. Et de renchérir : « A chaque camion-benne de sable ou de pierres que nous vendons, il y a 10 000 FBu qui est perçu par la mairie comme une taxe municipale. Donc, nous sommes dans les normes ».
L’activité anthropique menace la rivière Ntahangwa
A cause de l’exploitation des matériaux de construction, un grand ravin s’est formé le long de la rivière Ntahangwa et s’élargit du jour au jour sous les regards impuissants des riverains. Son lit s’élargit continuellement et dangereusement suite à ces activités et les pluies diluviennes qui aggravent la situation. La population environnante craint le pire.
« Les personnes qui extraient les moellons, le sable, et les pierres dans la rivière rendent pire la situation. Elles le font tellement mal à tel point que les lits de cette rivière deviennent très larges et, par conséquent deviennent fragiles », déplore un propriétaire d’une salle de réception se trouvant tout près de la rivière Ntahangwa. Il ajoute qu’il a peur des dégâts qui seront causés par cette rivière comme cela s’est passé à Kigobe Sud et aux alentours de l’ECOFO Ntahangwa où les habitants étaient obligés de déménager avant sa réhabilitation de cet endroit.
Les dommages peuvent être énormes
Pour limiter les dégâts qui peuvent être causés par l’élargissement du lit de cette cette rivière, la population riveraine appelle le gouvernement à garder l’œil sur les gens qui extraient les matériaux de construction dans cette rivière. Il doit protéger le plus rapidement possible les habitations et les immeubles tant publics que privés se trouvant tout près des berges de cette rivière. Le gabionnage, la construction des murs de soutènement, la plantation des arbres en amont et en aval de cette rivière sont nécessaires sans attendre que des dégâts majeurs se produisent.
Ces activités d’extraction de moellons, du sable et des pierres dans la rivière Ntahangwa continuent à détruire l’environnement alors que de l’autre côté à Mugoboka (quartier Mutanga Sud), l’Office Burundais de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la construction (OBUHA) a commencé depuis le 25 mai 2023 les activités d’aménagement des berges de la rivière Ntahangwa près de l’Ecole Fondamentale Mutanga Sud. Ir Oscar Nitunga, chargé de construction et de l’urbanisation à l’OBUHA a annoncé que 3 milliards de FBu est le coût de ce projet.
Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.