Editorial

La spéculation sur le commerce du sucre libéralisée ?

Mélance Maniragaba rédacteur en chef adjoint

Une ordonnance conjointe des ministères en charge du commerce et celui en charge des finances, en date du 8 août 2024, annonce un changement significatif dans la commercialisation du sucre.

Cette décision est perçue de manière diverse : prometteuse pour certains, inquiétante pour d’autres, voire désolante pour d’autres encore. A Bujumbura, capitale économique, ces derniers jours, obtenir 2 kg du sucre nécessitait une longue attente en file, chez un opérateur économique choisi sans consultation des consommateurs. La présentation d’un cahier de ménage était même requise.

La libéralisation du commerce du sucre est prometteuse, car elle permet à tout opérateur économique capable d’importer ce produit de le faire. En ce qui concerne le prix de vente, l’opérateur peut se baser sur le prix d’achat et le prix de revient pour fixer le prix. Cependant, la loi de l’offre et de la demande jouera un rôle prépondérant.

Pour d’autres, la décision est désolante, car ce n’est pas la première fois que des tentatives pour augmenter la quantité du sucre sur le marché sont mises en place. Certaines de ces tentatives ont échoué ou sont restées sans effet. La plus récente a été l’augmentation de la quantité du sucre en associant la Société Sucrière du Moso (SOSUMO) avec la société ougandaise Sarrai Group.

De plus, ces initiatives ont été mises en œuvre parallèlement à une demande croissante en sucre, due à l’augmentation des unités de production de jus et des unités clandestines de transformation de boissons prohibées.

Le manque de devises suscite également des inquiétudes. De même, les tracasseries routières peuvent contraindre les exportateurs à verser des pots-de-vin en cours de route.

Les répercussions de la pénurie récurrente du sucre ont été si importantes que les personnes touchées continuent de vivre dans un désespoir sans précédent. La nouvelle ordonnance apportera-t-elle des changements significatifs, ou est-ce simplement une libéralisation qui favorisera la spéculation dans le commerce du sucre ? Pour donner espoir aux consommateurs, les acteurs de la spéculation devraient logiquement plier bagages.

A propos de l'auteur

Mélance Maniragaba.

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