Culture

L’authenticité, une astuce pour se faire éditer ?

Il est difficile de se faire éditer quand on est encore un écrivain en herbe. L’authenticité ainsi que le travail sont de bonnes astuces pour réussir en écriture. C’est ce que l’écrivain Camerounais Max Lobé invité par l’Institut Français du Burundais (IFB) a dit aux amateurs des lettres

«Rien ne me prédestinait à l’écriture au départ, car j’ai fait les études économiques et plus tard la  communication politique ». C’est en substance ce que l’auteur des Confidences et de la Trinité Bantoue a indiqué d’entrée de jeu à l’IFB où il animait un café littéraire. Ce jeune écrivain qui sort en moyenne deux romans par an a raconté, par des anecdotes croustillantes, ses débuts fortuits en écriture. Un texte intitulé Baccalauréat envoyé pour un concours, les incertitudes, l’indifférence, les doutes, les découragements, et hop son texte remporte le Prix de la Sorge en 2009. C’est comme cela qu’il est entré en littérature. Le reste est venu tout seul, car le jury était composé d’éditeurs, a précisé celui qui a déclaré écrire depuis l’âge de 14 ans.  Avant cela, M. Lobé a avoué à l’auditoire n’avoir jamais considéré  que ce qu’il écrivait été important.

Le Prix Rumuri de cette année sera parrainé par l’écrivain camerounais Max Lobé qui a animé le café littéraire de ce mercredi

« Ecrire c’est le marathon et non le sprint »

M. Lobé a rappelé à l’auditoire que l’écriture est un travail assidu et continu. Cet amateur d’Ahmadou Kourouma (il a également remporté le prix littéraire qui porte son nom en 2017 avec son roman « Confidences ») a indiqué que dans le cadre de ses activités, il lui arrive de lire 2 romans par jour. Produire un texte n’est pas suffisant pour se faire éditer. Il faut un bon texte. Et, pour arriver à un bon texte, il faut parfois refaire et rerefaire ce qu’on a déjà fait. La fatigue et la sueur sont le lot quotidien de l’écrivain, mais parfois la réussite est au bout de l’effort. L’écriture impose une discipline militaire, a-t-il résumé. L’auteur de 39 rue de Berne  a indiqué à ce propos que 60% de son temps est consacré à l’écriture tandis que 40% revient à la lecture, car il vit désormais grâce à ses activités littéraires.

L’authenticité, une panacée

La littérature africaine est actuellement prisée. Il s’observe un mouvement de retour aux sources pour les écrivains africains. Pour autant, la littérature africaine ne doit pas être le reflet du rejet de l’autre. « Je ne rejette pas l’autre, mais je veux lui donner un peu de moi et prendre en retour de lui ». C’est comme cela que M. Lobé résume ce que doit être le retour à la source pour la littérature africaine.  C’est cette recette qui explique peut-être le succès de son roman Confidences où l’oralité se marie avec la littérature dans une belle langue. Mais « la question que doit avoir l’écrivain à l’esprit dans sa quête de perfection littéraire est: est-ce que je suscite l’envie de lire mon texte ? », a indiqué l’auteur Camerounais. L’authenticité répond effectivement à la préoccupation d’un des participants qui se demandait comment la littérature peut pénétrer le monde africain essentiellement de tradition orale. Justement, à ce sujet, M. Lobé a indiqué avoir autorisé une seconde édition de son roman Confidences au Cameroun car l’édition faite en Europe était plus ou moins  chère pour le lecteur africain.  Il a même renoncé aux droits d’auteur pour que son livre soit vendu moins cher afin de le rendre accessible à la bourse de ses compatriotes. S’il y a eu une forte demande de cet ouvrage au Cameroun c’est parce qu’il répond à la question posée plus haut concernant la façon d’écrire. Confidences n’est pas écrit dans un français français mais dans un français africain qui permet de bien transcrire  la saveur de l’histoire que l’auteur raconte.

Des pépinières de lecture et d’écriture pour bientôt

Pour écrire, il faut d’abord lire. L’Association des Ecrivains du Burundi (AEB) sera bientôt aux côtés des auteurs en herbe. Elle est en train de mettre en place une coopérative des écrivains du Burundi pour apporter sa pierre dans la création littéraire et l’édition, deux ingrédients qui font défaut au Burundi. Dans cette optique, des clubs de lecture et d’écriture sont en train d’être créés dans les écoles secondaires. En Mairie de Bujumbura, il y en a déjà 10 tandis qu’à Ngozi, ils sont 4 déjà fonctionnels. C’est ce qu’a fait savoir M. Joseph Butoyi, président de l’AEB présent au  café littéraire.  A terme, un concours sera organisé à différents niveaux pour inciter les élèves à lire et, par conséquent, à écrire.  C’est ce moyen qu’a trouvé l’AEB pour rendre à la littérature burundaise sa vivacité et son dynamisme, a souligné le président de cette association en marge du café littéraire.

Les concours, un bon moyen d’inciter les gens à écrire

M. Butoyi pense que les concours littéraires constituent un bon moyen d’inciter les gens à écrire. C’est une bonne occasion d’améliorer les textes. La rigueur qui s’impose conduit à une certaine maîtrise de l’écriture. Le jury des concours est composé de ceux qui sont bien introduits dans le métier. Ils donnent parfois des conseils précieux aux concourants. Bien plus, en lisant les textes des autres concurrents, on s’enrichit d’une manière ou d’une autre. En plus, parallèlement à ces concours, les textes sont souvent publiés dans des recueils. Ce qui ne peut être que bénéfique pour les écrivains en herbe.

Pour rappel, au Burundi, il existe deux concours littéraires ‘’majeurs’’. Il s’agit du concours pour le Prix Michel Kayoya et celui du Prix Rumuri pour les étudiants comparable au prix de la Sorge que Max Lobé a gagné en 2009 en Suisse avec son texte Baccalauréat. L’ambassade de France via le projet FSP Francophonie a soutenu la publication du Prix Rumuri 2017. Il soutient également l’ensemble de la démarche du prix Rumuri 2018. Au-delà du soutien financier, l’appui de l’ambassade de France à ce prix  vise trois objectifs, à savoir : rehausser sa professionnalisation ainsi que l’amélioration de la qualité des textes, mais aussi le renforcement de sa visibilité et de sa notoriété.   C’est sans doute pour cette raison que le Prix Rumuri de cette année sera parrainé par l’invité de l’IFB, l’écrivain Max Lobé qui a animé le café littéraire de ce mercredi.

A propos de l'auteur

Parfait Nzeyimana.

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