Entrepreneuriat

L’auto-emploi, une initiative à encourager

Les jeunes s’activent pour faire face au chômage. C’est le cas de la coopérative pour le développement des jeunes intellectuels (CDJI) qui regroupe 169 étudiants et ressortissants des universités du Burundi. Ils ont créé une usine semi-industrielle de production des savons solides et liquides avec leurs propres capitaux. Le résultat est positif même si les défis ne manquent pas

Si les compétences se capitalisent, le tout forme une chose valeureuse et plus utiles á la société car l’Etat et les citoyens en tirent profit.

Le chômage touche de façon disproportionnée toutes les couches de la population Burundaise. Les jeunes diplômés en particulier éprouvent d’énormes difficultés à réussir leur réinsertion professionnelle. Ainsi, certains d’entre eux développent des approches inédites pour créer leurs propres emplois.  « Nous sommes issus des familles pauvres et de la province lq moins développée du pays où il n’y a pas d’industries. D’où nous sommes conscients que nous avons moins de chance de décrocher un job pour subvenir aux besoins de nos familles respectives », réagit Cédric Niyongabo, étudiant en baccalauréat de Finance et de comptabilité à l’université du Burundi et Directeur Général de cette société coopérative.

A la question de savoir leur source d’inspiration pour se lancer dans cette aventure, il fait savoir qu’ils ont voulu résoudre le problème lié au manque d’emploi surtout dans les régions les moins industrialisées comme leur province natale : Mwaro.

L’étude de terrain, une condition cruciale pour entreprendre

Pour atteindre leurs objectifs, le responsable de cette société-coopérative fait savoir qu’ils ont étudié le terrain et identifier les opportunités. Après l’étude du terrain, ils ont opté pour quelques projets pertinents dont un projet de fabrication des savons solides et liquides pour l’hygiène corporelle et l’entretien des maisons.

Il indique que le choix de ce projet a été motivé par le fait que le savon est le produit le plus utilisé partout au Burundi « L’objectif de notre coopérative est de produire les savons pour générer des revenus pour nous les membres de la coopérative et d’aider les familles et les commerçants de l’intérieur du pays notamment les habitants de notre province », raconte-t-il. Ils ont profité de la réhabilitation de la route Nyakararo-Mwaro-Gitega pour développer leur business. Ils peuvent facilement effectuer des navettes entre les deux grandes villes du pays à savoir Bujumbura et Gitega et le reste du pays.

L’union fait la force

Pour constituer le capital de démarrage, chacun des 169 membres de la coopérative a payé 60 700 FBu. Ils ont libéré cette cagnotte en tranches car la plupart étaient encore des étudiants ou en chômage. De cette manière, ils ont pu collecter un montant de plus de 10 millions de FBu pour démarrer les activités du projet. Ils viennent de bénéficier de fonds supplémentaires via le Programme d’Autonomisation Economique et de l’employabilité des Jeunes (PAEEJ). Et d’ores et déjà, ils envisagent agrandir leur usine pour augmenter sa capacité de production et conquérir le marché régional.

A l’heure actuelle, ils ont créé près d’une dizaine d’emplois.  « Nous avons embauché huit individus non membres de la coopérative dont des permanents, des temporaires et des experts en saponification ».

La coopérative a déjà produit un impact dans sa zone d’action. La plupart des habitants de la province de Mwaro utilisent des savons en provenance de la CDJI. Il en est de même pour les commerçants et les boutiquiers qui ont vu leur trajet d’approvisionnement raccourci. Ils n’ont pas besoin d’acheter des tickets pour s’approvisionner des kits de propreté à Bujumbura. Désormais, la coopérative inonde le marché local et a un point de vente dans la capitale économique Bujumbura », s’émerveille Cédric Niyongabo.

 Tout n’est pas rose chez la CDJI

 La coopérative de production des savons liquides et solides n’est pas à l’abri des défis. Cédric Niyongabo fait savoir que le retard dans l’octroi des certifications par le BBN freine les activités de cette coopérative. Ils ont dû stopper la production sur injonction de cet organe de certification.  Ce qui engendre une perte énorme, car ils sont obligés de payer des employés qui ne produisent pas.

De toutes les façons, il espère que bientôt il va recevoir ces certificats qui vont leur permettre de vendre leurs produits même à l’étranger. A cela s’ajoute la cherté des matières premières indispensables à la production des savons. Les noix de   palmes et la soude caustique sont les deux intrants majeurs auxquels on recourt pour produire le savon. Le prix des noix de palme varie en fonction du climat et de la saison. Ils sont plus chers pendant la saison pluvieuse.

Vers une certaine indépendance économique

 Quant aux perspectives d’avenir, ces jeunes envisagent d’agrandir leur coopérative pour augmenter la production. Ils sont en train d’exploiter leur capital humain pour faire des recherches en saponification « Nous voulons étendre le projet jusqu’à ce que tous les 169 membres travaillent dans leur coopérative sans courir ici et là á la recherche de l’emploi pour ceux qui n’en ont pas. Tel est le but final de nos projets ». Déclare Niyongabo, le patron de la CDJI.

Il appelle les jeunes intellectuels à exploiter le capital humain dont ils disposent, tout en s’associant avec d’autres pour que leurs compétences se complètent. Pour lui, si les compétences se capitalisent, le tout forme une chose valeureuse et plus utile à la société, car et l’Etat et les citoyens en tirent profit.

A propos de l'auteur

Méchaël Tuyubahe.

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Un commentaire
  • Niyongabo dit :

    Cette initiative est à saluer ,à encouger.on a besoin des jeunes éveillés pour le développement du pays .Félicitations la CDJI.

Les commentaires sont fermés.

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