La République du Burundi a ratifié l’accord portant création de la Banque Africaine d’Import- Export (AFREXIMBANK) jeudi le 12 avril 2018. L’objectif est de trouver d’autres sources de financement pour résoudre le problème du chômage, réduire considérablement la pauvreté et rendre le pays plus résilient.
«Résoudre le problème du chômage, réduire considérablement la pauvreté et rendre le pays plus résilient est une priorité du gouvernement du Burundi», indique Domitien Ndihokubwayo, ministre des Finances, du Budget et de la Privatisation. Il précise que l’évolution de la balance des paiements est chroniquement déficitaire (-15% du PIB en moyenne) depuis des années. Cette situation qui est liée à la faible production intérieure implique le recours effréné à l’importation impactant ainsi les réserves de change en mois d’importations de biens et de services avec ses conséquences sur le niveau des prix et à fortiori sur le niveau de vie de la population.

Domitien Ndihokubwayo, ministre des Finances, du Budget et de la Privatisation : «Résoudre le problème de chômage, réduire considérablement la pauvreté et rendre le pays plus résilient est une priorité du gouvernement du Burundi»
Le secteur financier Burundais, une entrave aux grands investissements
Ce qui est dit ci-haut est lié en partie au fait que l’économie burundaise reposant sur l’agriculture conjuguée à un manque de vision et de stratégies pour promouvoir le secteur n’a pas permis de relever le niveau de production intérieure pour pouvoir booster le développement économique. De plus, le secteur financier Burundais constitue une entrave à cet agenda du développement, car il est incapable de financer les grands investissements par l’insuffisance de ressources longues.
Selon Ndihokubwayo, Il est pratiquement impossible de contracter par exemple un crédit à rembourser dans dix ans. Ce qui handicape les investissements à long terme. Il fait savoir que c’est parce que les dépôts d’argent qui s’opèrent dans les banques et les établissements financiers sont des dépôts à vue. Les clients en ont besoin à tout moment.
AFREXIMBANK, une réponse
Ainsi, rechercher des produits financiers innovants et diversifiés pour relancer l’économie nationale est une impérieuse nécessité. Et Ndihokubwayo de faire remarquer qu’AFREXIMBANK peut alors jouer ce rôle comme elle le fait dans d’autres pays africains en apportant des solutions économiques adaptées à la réalité. Elle nous permettra de capitaliser d’importantes ressources naturelles, notamment minières et hydro-électriques dont la valorisation pourrait avoir des impacts substantiels sur la croissance économique et la création d’emplois.
Avec l’appui de cette banque, le potentiel minier sous-exploité pourra offrir de réelles opportunités à moyen et long terme avec des réserves importantes en minerais (Nickel, Fer, Coltan, Vanadium, Or, Cuivre, Phosphates, Carbonatites, Tourbe, Calcaire…). De surcroît, exploiter l’appartenance aux deux bassins hydrographiques (Nil avec une superficie de 13.800 km2 ) avec un dense réseau de cours d’eau permanents et des lacs permettant le développement de l’agriculture irriguée et de l’élevage, le gisement hydro-électrique du Burundi permettra d’avoir un potentiel électrique exploitable de 1300 MW, mais environ 32 MW sont effectivement exploités.
Et Ndihokubwayo d’ajouter que l’exploitation du lac Tanganyika, long de 650 km avec une dizaine de ports qui constituent une plaque tournante au niveau des échanges internationaux avec autant d’autres projets va booster l’économie du pays.
Adhésion du Burundi avec 100 actions
Une somme de 3 093 850 800 FBu équivalent à 100 actions est le montant minimum que chaque pays doit libérer comme les actions initiales pour être membre à part entière. Ce que le Burundi a fait, souligne Ndihokubwayo. Cependant, le capital de la banque et/ou de l’institution n’est pas libéré en une seule fois. Le Burundi va continuer à accroître ses actions au fur et à mesure que l’occasion se présente compte tenu des avantages escomptés.
Revoir la participation
La participation du Burundi à l’AFREXIMBANK sera progressivement revue à la hausse pour en tirer beaucoup plus de profits étant donné que les dividendes sont proportionnelles au nombre d’actions détenues dans la banque. Plus on a beaucoup d’actions dans la banque, plus on aura les chances d’être financé en projets d’investissements.
Les projets prioritaires
Des projets prioritaires ont été identifiés. Il s’agit de l’appui aux besoins en importations prioritaires à travers les lignes de crédit, la mise en place d’un programme de relance et de diversification de l’économie nationale suivant les priorités identifiées par le gouvernement dans le Plan National de Développement incluant notamment la modernisation de l’agriculture, le développement du commerce intérieur et l’industrialisation.
Compte tenu de la situation économique et financière du pays, la banque s’est engagée à disponibiliser des paquets de financement à des conditions similaires à celles des pays ayant les mêmes difficultés que le Burundi. Cela fera objet de négociation entre les autorités nationales et AFREXIMBANK. Pour le secteur privé, il y aura des facilités en ce qui concerne l’importation des produits de première nécessité. Et d’ajouter les crédits qui seront accordés au secteur privé une fois que le Burundi sera membre.
Signalons que les pays de l’EAC membres d’AFREXIMBANK sont l’Ouganda (2317 actions), le Kenya (1333 actions), la Tanzanie (742 actions) et le Rwanda (235 actions).
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