A l’issue de la 26ème réunion du conseil des ministres de l’Initiative du Bassin du Nil (IBN) tenue à Bujumbura en date du 13 août 2018, le Burundi a été désigné pour diriger ledit conseil au cours de l’exercice 2018-2019. Les ministres en charge de l’eau des dix pays membres de l’IBN et les experts du comité technique ont analysé les résultats de l’année précédente, le plan de travail et le budget annuel du secrétariat de l’IBN

Le ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage, élu président du conseil des ministres de l’Initiative du Bassin du Nil (IBN) pour l’exercice 2018-2019.
«L’objectif de la 26ème réunion annuelle du conseil des ministres de l’Initiative du Bassin du Nil est de délibérer sur l’état de la coopération entre les pays membres de l’IBN et de fournir des orientations stratégiques sur la manière de la faire progresser », a précisé Dr Déo Guide Rurema, ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage.
Il a indiqué que cette réunion constitue un cadre dans lequel les ministres ayant la gestion de l’eau dans leur attributions au sein du Bassin du Nil évaluent les acquis et les défis observés lors de l’année écoulée afin de prendre des décisions sur les perspectives d’avenir.
La réunion des ministres du bassin du Nil a été précédée par celle des membres du Comité consultatif technique de l’Initiative du Bassin du Nil. Les experts de l’IBN se sont penchés sur le plan de travail et le budget annuel du secrétariat de l’IBN pour l’exercice 2018-2019. Ils ont également analysé les résultats de l’année précédente et le plan d’action pour la mobilisation des ressources ainsi que la stratégie de mise en œuvre du programme de développement de l’Initiative du Bassin du Nil (IBN) sur une période de 5 ans.
Le Burundi à la tête de l’Initiative du Bassin du Nil
En marge de cette 26ème réunion, des changements au niveau du leadership de l’IBN ont été opérés. Le ministre éthiopien de l’Eau, de l’Irrigation et de l’Electricité, Hon. Dr Seleshi Bekele passe le témoin à Dr Déo Guide Rurema, ministre de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Elevage. Désormais, le Burundi assure la présidence tournante du conseil des ministres de l’IBN pour une période d’une année. Et le poste de directeur exécutif de l’IBN basé à Entebbe en Ouganda sera occupé par le Sud Soudan en remplacement du Rwanda. Les délégations des pays qui partagent le bassin du Nil ont félicité le nouveau président tout en saluant les efforts fournis par le président sortant. Dr Rurema s’est engagé à travailler avec abnegation et loyauté pour assurer la continuité des travaux. « L’union fait la force. Je vais mettre en avant la collaboration et la synergie avec vous chers collègues », a-t-il dit.
Les partenaires techniques et financiers dont la Banque Mondiale qui est le chef de file se sont engagés à appuyer les programmes de développement de l’IBN. L’Union Européenne se dit prêt à collaborer avec les pays membres de l’Initiative du Bassin du Nil afin de contribuer au développement socio-économique de la sous-région.
Le bassin du Nil regorge d’énormes potentialités
Le ministre en charge de l’environnement, Dr Déo Guide Rurema invite ses homologues des pays membres de l’IBN à explorer toutes les opportunités et à investir dans la rivière commune, à savoir : le Nil. Dr Rurema explique que pour lutter contre la pauvreté, les pays membres de l’IBN doivent redoubler d’efforts pour accroître la production agricole en luttant contre les contraintes auxquels ces pays sont confrontés surtout celles liées au changement climatique qui menace la région.
Selon le Deuxième Vice-Président de la République, Dr Joseph Butore, le Burundi, comme d’autres pays, est soumis aux effets du changement climatique. Le déficit pluviométrique se traduit par l’aggravation de l’aridité et la réduction significative des principales zones humides ainsi que le tarissement de plusieurs lacs et rivières. Les pluies torrentielles, et les températures extrêmes sont aussi autant de phénomènes climatiques qui révèlent aujourd’hui la vulnérabilité de plus en plus grandissante de la population, ayant comme conséquence la recrudescence des maladies liées à la contamination de l’eau et à l’intoxication de l’air. « Nous devons donc agir ensemble afin de trouver des solutions aux différents défis observés, qui nous empêchent d’atteindre notre objectif », conclut Dr Butore.
Le Burundi tire profit de l’IBN
D’après le ministre Rurema, le Burundi a tout à gagner en collaborant avec les pays du bassin du Nil. Les fruits de cette coopération sont déjà visibles, ajoute-t-il. L’exemple typique en est le projet régional de construction d’une centrale hydroélectrique d’une capacité de 80 MW à Rusumo falls en Tanzanie. « Cette dernière fournira un supplément d’énergie de 27 MW au Burundi. Ce qui contribuera à réduire l’écart entre la puissance actuelle installée de 47 MW et la capacité de pointe requise de 130 MW. Le projet augmentera les taux d’accès à l’électricité de 5,4%, soit 520 000 personnes qui seront connectées au réseau électrique », a-t-il déclaré.
La mobilisation des fonds, un pari à gagner
En plus des apports multiformes des partenaires au développement du bassin du Nil, chaque pays membre donne des subsides pour faire fonctionner l’IBN. Donc parmi les dossiers qui attendent la nouvelle équipe de direction de l’IBN figure la mobilisation des fonds. Il semble que les pays contributeurs ne s’acquittent pas régulièrement des sommes dues. « Nous allons nous atteler à payer les arriérés et les contributions annuelles exigées à chaque pays membre de l’IBN. Ceci pour redynamiser notre institution », a rassuré le ministre Rurema. Dans le même ordre d’idées, Pr Kitila Mkumbo, secrétaire permanent au ministère de l’Eau et de l’Irrigation en République Unie de Tanzanie appelle les Etats membres à honorer leurs engagements en payant régulièrement les frais nécessaires pour le fonctionnement de l’institution. De plus, l’organisation compte sur les bailleurs de fonds.
Mme Sophia Pal Gai, ministre de l’irrigation et des ressources en eau du Sud Soudan reconnait que son pays a eu des difficultés pour s’acquitter à temps de la somme due. Elle appelle les autres pays membres à la solidarité tout en espérant qu’avec le nouvel accord signé récemment entre protagonistes du conflit apportera un revirement de la situation.
A propos de l’Initiative du Bassin du Nil
L’Initiative du Bassin du Nil (IBN) est un partenariat intergouvernemental régional lancé par les pays du bassin du Nil en février 1999. L’organisation compte actuellement 10 Etats membres, à savoir : le Burundi, la République Démocratique du Congo, l’Egypte, l’Ethiopie, le Kenya, le Rwanda, le Soudan du Sud, le Soudan, la Tanzanie et l’Ouganda. L’Érythrée participe en tant qu’observateur.
Le Burundi est devenu membre effectif de l’IBN le 28 février 2011. Près de 50 % de sa superficie totale se situe dans le bassin du Nil et plus de 58% de sa population vit dans le bassin du Nil. L’année prochaine, l’Initiative du Bassin du Nil célébrera son 20ème anniversaire. Selon des sources proches de la direction, le Burundi a été choisi pour accueillir le prochain sommet des Chefs d’Etat de l’IBN prévu avant la fin de cette année.
Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur.
La rédaction se réserve le droit de ne pas publier les commentaires enfreignant ces règles et les règles de bonne conduite.